La lutte québécoise ne connaît peut-être pas actuellement les sommets qu’elle a connus ces dernières années, mais certains spectacles et certaines fins de semaine demeurent encore mythiques.
Les dernières années nous ont entre autres donné Golden Opportunity et Guerre Civile le même soir, tout comme un gros samedi soir à Montréal en février dernier.
Le week-end qu’on vient de passer s’invite dans ce club.
Commençons avec ce qui a été le match de l’année au Québec jusqu’à présent et celui qui a de bonnes chances de l’être à la fin de l’année également, le combat tant attendu entre les deux membres du TDT (Tabarnack de Team), Thomas Dubois et Mononc St-Jacques, à Battlewar dimanche soir.
Tant attendu est un euphémisme ici.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas senti autant d’anticipation pour un match entre deux Québécois au Québec. Sans exagérer, on doit remonter aux duels entre Mike Bailey et Matt Angel, de même que ceux entre Kevin Owens et Sami Zayn.
Non seulement Battlewar a établi un record d’assistance avec 240 personnes, mais tu sais que c’est un combat attendu quand des gens du milieu se déplacent comme jamais auparavant.
Des lutteurs, lutteuses, annonceurs et arbitres d’autres promotions qu’on ne voit jamais ou qu’on n’avait pas vu depuis longtemps à Battlewar y étaient. Même Kevin Raphaël s’était déplacé pour l’occasion.
Un tabarnack de main-event!
Battlewar avait bien choisi l’occasion pour ce premier affrontement entre Dubois et St-Jacques, soit son 14e anniversaire.
Le match n’était pas encore débuté que la réaction de la foule nous donnait des frissons. Des chants de holy shit et un double chant de This is awesome – Tabarnack!, alors que les deux lutteurs ont regardé les spectateurs à la Hogan contre The Rock, m’ont carrément donné la chair de poule.
L’annonceur Mathieu Niquette a généré encore plus d’émotions en nommant chaque adversaire que Dubois a battu pour conserver son titre au cours des sept ans qu’il a été champion. Un moment bonifié par Twiggy, qui, dans le coin de Dubois, émettait un commentaire sur chacun de ces adversaires.
Le match comme tel?
Un sans-faute. Une exécution parfaite, de l’intensité et une histoire très bien racontée.
L’arbitre du combat, Giancarlo, est le plus grand et celui avec le plus fort gabarit au Québec. Ça a donc pris quatre ref bumps pour le mettre KO. Brandon est venu le remplacer et en a profité pour sortir Twiggy et son collet cervical du match. La foule lui a alors chanté un très fort « na na na hey hey goodbye! »
Puis, après deux ref bumps à Brandon, doté lui aussi d’un bon physique, Twiggy est revenu avec une chaise. Contre toute attente, Mathis Myre, qui avait affronté Dubois le mois dernier, est intervenu afin de lui enlever la chaise. Il a d’abord frappé Twiggy et au moment de faire la même chose au champion, ce dernier a esquivé et la chaise a frappé St-Jacques de plein fouet. Twiggy a aidé Giancarlo à se relever afin qu’il puisse compter jusqu’à trois et ainsi, donner la victoire à Dubois.
Personne n’avait sur sa carte de bingo que de toutes les personnes dans le vestiaire de Battlewar, que T-Gibier Mathis Myre serait celui qui coûterait le match à St-Jacques.
Une histoire à raconter jusqu’au prochain
C’est là que la créativité de James McGee prend toute son ampleur.
Le résultat du match permet de donner un adversaire à court terme à St-Jacques. Myre et lui peuvent s’affronter au moins une fois, avant de nous redonner un match entre Dubois et St-Jacques.
Parce qu’il y en aura au moins un autre entre les deux. Peut-être même deux.
Juillet est généralement une grosse soirée pour Battlewar. Et bien sûr décembre.
Dans mon livre à moi, St-Jacques ne peut remporter le titre à un autre moment et dans un autre match que le match sans disqualification avec le sapin de Noël présenté chaque fin d’année. C’est son match à lui, ça permettrait de bien finir l’année 2026 et de donner un cadeau de Noël aux fans. À moins que St-Jacques gagne en juillet et défend son titre avec succès en décembre pour terminer la rivalité.
Entre le match comme tel, l’anticipation et l’ambiance, le combat de dimanche est sans contredit le match de l’année au Québec et il sera dur à battre. Et peut-être que seuls Dubois et St-Jacques pourront faire mieux dans un match revanche.
Les deux comparses pourraient d’ailleurs réaliser quelque chose d’unique.
Remporter le prix du match de l’année, de la rivalité de l’année et de l’équipe de l’année!
Tout un exploit à Québec
Parce que même s’ils sont en brouille à Battlewar, c’est uniquement propre à l’univers des Foufounes électriques. À la IWS Dubois et St-Jacques sont champions. À la NSPW ils sont aussi champions. Et à Sans Restriction Chrono, ils sont l’équipe numéro un.
D’ailleurs, samedi soir à la NSPW, TDT a défendu les titres avec succès face à Marko Estrada et Michel Plante.
L’événement était à guichet fermé, alors que 635 spectateurs étaient présents.
L’ambiance était à son paroxysme, surtout lorsque la foule croyait avoir vu de nouveaux champions par équipe être couronnés.
À la suite d’une intervention de Matt Falco qui a mal tourné pour les champions, les aspirants ont réussi à capitaliser et à remporter le combat. Mais Claude Maloon est arrivé avec un arbitre et a fait renverser la décision. En d’autres mots, un bon vieux « Dusty finish », qui, lorsqu’utilisé avec parcimonie, peut être très payant.
On a d’ailleurs profité de ce chaos pour confirmer l’événement principal de Golden Opportunity, Michel Plante, qui défendra son titre face à Matt Falco, dans une finale toute québécoise.
Plus tôt dans la soirée, Dreya Mitchell avait battu la légende de la scène indépendante, Mercedes Martinez, dans un combat où la jeune Dreya a beaucoup appris en affrontant une adversaire aussi expérimentée, qui prend le temps de discuter avec ses adversaires après les combats afin qu’elles s’améliorent.
La veille, la troisième soirée annuelle de lutte contre l’homophobie et la transphobie avait aussi rempli le centre Horizon, alors qu’en finale, Benjamin Tull et Mercedes Martinez ont battu Matt Sparkle et Stephen Sullivan.
Le plus incroyable, c’est que la grande majorité de la foule n’était pas des fans de la NSPW.
C’est donc un total de 1270 spectateurs qui ont vu de la lutte à Québec. À part le Centre Bell, je ne me souviens pas d’avoir vu une même salle attirer plus de 600 personnes deux fois en deux soirs depuis que je couvre la lutte québécoise.
C’était ce genre de week-end dans la lutte au Québec!
crédit photo: Zachary Yarymowich


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