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23/02/2026 | Chroniques

Jacques Rougeau utilise une vraie histoire d’indimidation dans un scénario de lutte

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Certains diront que je m’acharne.

Et pour être honnête, je m’en fous.

À un moment donné, il faut être capable de relativiser les choses. Alors je vais vous demander d’oublier que je suis l’auteur de ce texte, de vous concentrer sur les faits et de vous faire votre propre opinion.

À la fin des années 1980, les British Bulldogs, composés de Dynamite Kid et Davey Boy Smith, intimident les frères Rougeau, au point que Jacques Rougeau, muni d’un rouleau de 25 sous dans la main, frappe Dynamite Kid en plein visage. Il s’agit d’une des bagarres de vestiaire à la WWF les plus connues dans le monde de la lutte.

Je cite Jacques sur le sujet:

« Je me suis fait sacrer une volée par les British Bulldogs en 1989, dans un vestiaire d’un aréna de Fort Lauderdale, parce que j’entendais dénoncer leur façon de se comporter en dehors du ring. J’ai failli y laisser ma peau tellement ils m’ont tabassé solidement à coups de pied dans le visage. Mon frère Raymond était blessé, se déplaçant en béquilles, et il ne pouvait pas venir à mon secours. J’en avais mangé toute une. J’ai eu la peur de ma vie. Ça ne m’a pas empêché de monter dans l’arène durant la soirée, malgré mes blessures à la tête. Pour ma sécurité, mon père était venu me chercher en voiture à l’aréna et j’ai passé trois jours sans être capable de parler tellement j’étais traumatisé. »

Au tournant des années 2000, Jacques Rougeau débute une série de conférence dans les écoles du Québec. Dans celles-ci, il raconte l’histoire avec les Bulldogs, comment il s’est senti, comment il n’a peut-être pas réagi de la bonne façon et rapidement, les médias parleront que Jacques Rougeau lutte contre l’intimidation. Il en fera des dizaines, si ce n’est pas quelques centaines, partout au Québec, pendant plus de deux décennies et rejoindra des dizaines de milliers de jeunes.

Je cite encore Jacques :

« Je souligne aux jeunes que personne n’est à l’abri. C’est ma façon de redonner à la société. »

Beau et noble geste de sa part.

Une histoire basée sur l’intimidation
Parlons maintenant de 2026.

Après avoir annoncé l’automne dernier qu’il devenait actionnaire de la GPW à Gatineau et qu’il ferait un retour dans l’arène lors d’une bataille royale en mai prochain, Rougeau, dans les dernières semaines, se met à publier sur ses réseaux sociaux des messages visant Harry Smith, le fils de Davey Boy.

Né en 1985, Smith n’était qu’un jeune enfant lorsque cette situation est survenue. Lutteur lui-même depuis un bon nombre d’années maintenant, ayant entre autres évolué pour la WWE et New Japan, il lutte sous le nom de Davey Boy Smith Jr.

Le 14 janvier dernier, Rougeau partage sur son compte Facebook personnel une promo d’Harry, dans laquelle il annonce qu’il fera partie de la bataille royale. Il termine le tout en disant : « Jacques Rougeau, je vais te voir dans l’arène! »

La publication de Jacques mentionne ceci:

« Le fils du British Bulldog m’a envoyé ce message personnellement encore aujourd’hui, je pense qu’il essaie de m’intimider »

Publication Facebook de Jacques Rougeau faisant référence à l'intimidation qu'il a subie  crédit: Page Face Jacques Rougeau

Publication Facebook de Jacques Rougeau faisant référence à l’intimidation qu’il a subie crédit: Facebook Jacques Rougeau

Deux jours plus tard, on annonce que Harry, qui sera accompagné de sa mère Diana (sœur de Bret et d’Owen) et de sa sœur Georgia, fera officiellement partie de la bataille royale.

Le 5 février, dans une entrevue à l’émission de radio ontarienne Huge Pop avec Donnie Dasilva et Jimmy Korderas, Harry dit qu’il n’est pas fâché après Jacques, mais que parfois, un reçu a besoin d’être donné. Et il ajoute que Rougeau parle toujours dans ses entrevues que les British Bulldogs étaient des intimidateurs alors que c’était seulement Dynamite Kid et que Jacques mérite une correction.

On va même jusqu’à mentionner du côté des animateurs que ce n’est pas une histoire pour mousser la vente de billets.

En partageant cette entrevue sur Facebook, Jacques écrit:

« Hier soir le fils des British Bulldogs m’a envoyé un autre message d’intimidation dans une interview Pas fort »

Puis, arrive la fille de Dynamite Kid, Bronwyne.

Née en 1984, elle était tout aussi jeune que Harry lorsque les événements impliquants son père sont survenus. À noter que les deux British Bulldogs sont maintenant décédés.

Quelques jours après avoir fait une publication dans laquelle il explique avoir rencontré Bronwyne pour la première fois et comment le tout l’avait touché lorsqu’elle lui a dit qu’elle lui pardonnait, un message que j’ai moi-même trouvé touchant, voici que Rougeau partage une vidéo de cette dernière.

Rougeau écrit : « WOW La fille du British Bulldog ( DYNAMITE KID ) dit qu’elle ne veut pas manquer ce que me réserve HARRY SMITH le fils de l’autre BULLDOG »

Et finalement, Jacques partage une dernière vidéo cette semaine.

« WOW Je viens de recevoir ce message de DIANA HART (la mère du British Bulldog HARRY SMITH) qui sera contre moi dans le ROYAL RUMBLE le 30 mai prochain à Gatineau qui m’a fait de l’intimidation récemment »

Maintenant que je vous ai exposé les faits, je vous laisse un moment pour vous faire votre propre opinion de la situation.

C’est fait?

Voici maintenant ce que j’en pense.

Mon opinion : c’est de très mauvais goût!
Lorsque Harry dit que Jacques mentionne l’intimidation qu’il a subie dans des entrevues, le problème est que Jacques ne l’a pas juste mentionné dans des entrevues, mais aussi dans des écoles, à des jeunes.

Et c’est là que je trouve ça troublant.

Le « build » de l’histoire comme on dit dans notre jargon, la façon de mousser le match si vous voulez est basée sur l’intimidation qu’a réellement subie Jacques. Ce que Jacques a subi à la WWF aux mains des Bulldogs est vrai. Ce n’est pas une histoire de lutte. C’est une vraie situation d’intimidation qui s’est soldée par une vraie bagarre.

De plus, les conférences que Jacques a faites sont réelles. Les jeunes qu’il a inspirés sont bien réels aussi.

C’est une histoire qui aurait peut-être fonctionné dans les années 1980, peut-être même dans les années 1990 ou début 2000 pendant l’ère Attitude. Mais on est rendu ailleurs maintenant.

Sincèrement, je trouve ça de mauvais goût. De très mauvais goût. Sur la ligne d’être dégueulasse.

Utiliser l’intimidation pour vendre des billets
Il faut aussi comprendre que Jacques a trois comptes Facebook : « Jacques the Mountie Rougeau » « Jacques Rougeau – Officiel » et « Jacques Rougeau ». Le premier a environ 1 200 abonnés, le deuxième 4 000 et le troisième, 27 000.

Et bien évidemment, Jacques partage tout ça autant sur sa page officielle, sur celle de son personnage et sur sa page personnelle, la même page qu’il utilise pour partager ses conférences et les articles de journaux qui mentionnent qu’il lutte contre l’intimidation. Parce qu’elle a plus d’abonnés, donc un plus grand potentiel de vendre des billets.

Je ne pourrai jamais endosser, de qui que ce soit, qu’on se serve d’une telle situation pour mousser un match et vendre des billets. Il y a une limite à ne pas dépasser. Je ne suis aucunement woke, mais ce que Jacques fait en ce moment ne lève pas le voile sur l’intimidation comme RBO avait pu faire à l’époque avec son sketch sur le hockey des aveugles.

Il n’y a pas de deuxième degré. Le seul but en ce moment est de vendre des billets.

Vous allez me dire que la finalité de ce scénario est sûrement une réconciliation entre Harry et Jacques, probablement après que Jacques ait éliminé Harry de la bataille royale.

Probable. Mais il sera déjà trop tard.

On mousse un match qui n'est pas supposé être sur la carte  crédit: Facebook Jacques Rougeau

On mousse un match qui n’est pas supposé être sur la carte crédit: Facebook Jacques Rougeau

Rougeau mousse tellement l’histoire qu’il partage des montages, qui semblent avoir été fait par l’intelligence artificielle, et sur lesquelles ont fait référence à un match entre Harry et Jacques. Pourtant, la page de la GPW mentionne toujours une bataille royale.

Pire que des coups de chaises
En utilisation un réel cas d’intimidation dans une histoire de lutte, Jacques va créer des doutes dans la façon que certaines personnes vont interpréter ce qu’il lui est arrivé.

Était-ce vraiment de l’intimidation ou juste une histoire pour vendre des conférences? Vous comprenez?

De plus, ça envoie plusieurs mauvais messages.

Que l’intimidation se transmet de père en fils, que la seule façon de régler le cas d’un intimidateur est par la violence et que c’est correct d’utiliser l’intimidation à des fins d’avidité et de gourmandise pécuniers.

Pour un homme qui a passé les 25 dernières années à critiquer Vince McMahon et sa façon de promouvoir la lutte professionnelle, ce que Rougeau fait ici est bien pire que les coups de pieds, coups de poings ou des coups de chaises qu’il interdisait dans ses défunts spectacles de lutte familiale.

Galas familiaux que la GPW s’est aussi vantée de faire.

Les conséquences : fini les conférences
Être directeur d’école, je ne laisserais plus Jacques faire une conférence dans mes classes.

Être un élève qui a été inspiré par les discours anti-intimidation de Jacques, je me sentirais trahi et floué.

Être un journaliste qui a écrit sur ses conférences, je ne lui donnerais plus une seule page pour en parler.

Être un commanditaire de l’événement, je m’en dissocierais rapidement.

Être un lutteur, je me retirerais de l’événement.

Et être fan de lutte, je boycotterais le spectacle.

Ce qui est dommage, parce que c’est la quatrième année que la GPW travaille d’arrache-pied à l’organisation de cette soirée au centre Slush Puppie. Ça fait trois ans que l’événement est un succès et pour la première fois, il y a une controverse trois mois avant le spectacle.

En toute transparence, je connais personnellement Donnie, Jimmy, Harry, Diana et les autres actionnaires de la GPW et c’est autant sur eux que sur Jacques. Personne n’aurait dû embarquer là-dedans.

Cela dit, j’ai l’impression que la GPW ne semble pas être autant fan de ce scénario que Jacques.

Aucune des publications dans lesquelles Jacques mentionne avoir subi de l’intimidation d’Harry n’ont été partagées sur la page Facebook de la compagnie. Seule la vidéo de Diana l’a été et dans la publication, on marche clairement sur des œufs. On mentionne qu’il y a une vieille rivalité qui refait surface et que la ligne est mince entre histoire et réalisme, sans toutefois mentionner le mot en « i ».

Le problème?

La page Facebook de la GPW contient six fois moins d’abonner que celle de Rougeau. Ça n’aura donc pas le même impact.

J’ai d’ailleurs tenté d’avoir des réponses plus précises du côté de la GPW, mais on m’a clairement fait savoir qu’on n’avait pas de commentaires à faire à ce sujet.

Y a-t-il une solution?
Cela dit, il reste encore du temps à l’organisation pour rectifier le tout.

Il faudrait commencer par laisser tomber toute référence à l’intimidation. Ensuite, que Jacques et Harry fasse une vidéo disant qu’ils vont combattre le mal ensemble dans la bataille royale.

Puis, on trouve deux antagonistes à Smith et Rougeau pour mousser une histoire dans le match. Et dans celui-ci, Rougeau frappe accidentellement Smith, ce qui lui donne une raison de se tourner contre lui.

Simple, efficace et surtout, aucunement controversé.

Lorsque Rougeau a été annoncé comme actionnaire de la GPW, on m’a assuré du côté de l’organisation qu’il venait surtout apporter de l’aide financière et aider à l’amélioration du spectacle au centre Slush Puppie.

J’avais mes réserves, parce que je sais la place que Jacques va prendre dans une organisation si on lui laisse cet espace.

Est-ce que j’avais raison? GPW, la balle est dans votre camp.

crédit photo titre: Instagram Pat Woodbury

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