Ce n’est pas la WWE qui s’est réveillée un bon matin avec cette idée. USA Network a dans la tête depuis longtemps de vouloir augmenter les cotes d’écoutes de SmackDown. C’est pour cette raison qu’en janvier dernier, le réseau a rapatrié l’émission diffusée à SyFy le vendredi pour la présenter le jeudi sur USA. Mais les cotes d’écoutes n’ont pas augmenté. La prochaine étape était donc de la diffuser en direct les mardis, ce qui va arriver à compter de juillet.
Il y a du bon et du mauvais là-dedans. Le direct devrait, en théorie, attirer plus de monde. Mais à chaque fois qu’une émission de lutte change d’heure ou de journée, son auditoire en prend un coup. Que ce soit SmackDown du jeudi au vendredi au jeudi ou TNA et ses nombreux changements. Les gens s’habituent à un horaire et c’est difficile de les faire changer. L’avantage c’est que SmackDown ne sera plus en conflit avec la NFL les jeudis soirs, ce qui diminuait considérablement l’auditoire. De plus, on souhaite que l’aspect du direct versus connaître les résultats à l’avance fasse également une différence.
Et le brand split là-dedans?
Afin d’attirer un maximum d’amateurs à SmackDown pour ainsi plaire au réseau de télévision qui lui donne plusieurs millions par année, à tort ou à raison, la décision fut prise par la WWE de faire cette séparation, qui avait déjà eu lieu entre 2002 et 2011. En d’autres mots, pour la WWE, la séparation des deux émissions alors qu’elles seront toutes les deux en direct est la solution pour augmenter les cotes d’écoutes de SmackDown.
La séparation va demander d’avoir deux alignements différents et surtout, le respect de ces alignements respectifs. Lorsque la WWE avait pris la décision de ramener les deux alignements en un seul en 2011, l’une des raisons était que de toute façon, se promenait qui voulait entre Raw et SmackDown. Cette fois, si on veut que la formule fonctionne, il faut que les alignements demeures exclusifs et surtout, à long terme. C’est un peu comme au baseball. Pendant des années, la Ligue Nationale ne jouait pas contre la Ligue Américaine sauf une fois par année lors des Séries Mondiales. Quand les matchs inter-ligues ont débuté, ça a attiré énormément. Il faut que les deux émissions restent distinctes assez longtemps pour qu’il y a ait un intérêt lorsqu’un lutteur de Raw va en affronter un de SmackDown dans un gros PPV.
Seuls certains champions devraient avoir le droit de se promener. Bien que ce ne soit pas annoncé officiellement encore, le plan est d’avoir un champion à Raw et un à SmackDown et je crois que c’est une erreur. Ça enlève de la valeur à ton champion et au titre. Le champion pourrait simplement faire la navette entre les deux. C’est ce que devrait faire le champion WWE ainsi que les champions par équipe et la championne WWE. S’ils sont les seuls à se promener, ça ne viendrait pas affecter le tout. Il y a une différence entre quatre personnes et 15. Le champion Intercontinental et le champion US peuvent et vont évoluer chacun de leur côté. Cependant, la crainte de la WWE c’est que pour attirer lors des house shows, il faut un champion de chaque côté.
D’ailleurs, la séparation va aussi mener à des house shows différents et historiquement, c’est SmackDown qui attire le moins. Ce n’est pas pour rien que présentement le plan est d’avoir John Cena à SmackDown et Roman Reigns à Raw.
Ce que la séparation veut aussi dire, c’est un plus grand nombre de lutteurs. La WWE a présentement une soixantaine de lutteurs sur son alignement principal, mais en principe il devrait y en avoir moins à SmackDown parce que l’émission va durer une heure de moins et Raw n’est pas à la veille de revenir à deux heures. Donc on parle d’un ajout potentiel d’entre 10 et 20 lutteurs. Il va donc falloir que la WWE monte un bon nombre de lutteurs de NXT. Mais là où ça devient difficile, c’est qu’il faut garder assez de gros noms à NXT pour qu’elle continue à être assez forte pour faire des tournées à l’extérieur de la Floride et attirer. À moins qu’on ne prenne la décision de ramener NXT à son but initial et en faire une promotion de développement.
De l’alignement de NXT, des gars comme Finn Bàlor, Samoa Joe, Austin Aries, Eric Young, Chad Gable, Jason Jordan, Shinsuke Nakamura, et éventuellement Bobby Roode et des filles tels que Asuka et Bayley sont prêts pour faire le grand saut. Mais comme vous voyez, ça laisse peu de vedettes afin de remplir un Barclays Center par exemple.
Tout dépend du nombre de nouveaux lutteurs requis en haut, on peut aussi s’attendre à une autre razzia des promotions indépendantes d’un peu partout dans le monde. Le tournoi Cruiserweight pourrait servir encore plus maintenant qu’avant, de rampe de lancement pour la majorité des participants.
L’impact sur les lutteurs
Cela a aussi un impact sur les lutteurs. L’ancien champion par équipe de la WWE, Sylvain Grenier, faisait partie de la WWE alors que l’alignement était divisé en deux.
« C’est hyper important pour les boys de savoir qui va lutter où. Dans mon temps, Raw était le A show et SmackDown le B show. Ce n’était pas tant les événements télévisés que les house shows. Les house shows de Raw attiraient plus que ceux de SmackDown et on le voyait sur nos paies. Je pouvais être payé 250$ de moins lorsque je faisais des house shows de SmackDown. Au bout de l’année, ça fait une grosse différence. Par contre, à SmackDown, puisque l’alignement était moins fort, on pouvait avoir plus d’opportunité. Économiquement parlant, on était conscient de tout ça », raconte-t-il.
Mais sans contredit, plus que le succès de la séparation, c’est le succès de SmackDown qui est déterminant ici. Il faut que la WWE construise une émission assez forte pour que les amateurs aient une raison de l’écouter. Parce que soyons honnête, présentement, on peut manquer SmackDown sans perdre le rythme de ce qui se passe dans les histoires. Et c’est le défi de la WWE en ce moment.
La WWE joue gros car il ne faut pas perdre de vue que la prochaine entente télévisuelle de la WWE est en jeu ici. Si SmackDown connaît une forte progression, la WWE sera dans le siège du conducteur pour ses prochaines négociations avec USA. Et comme une bonne partie de ses revenus vient de son entente avec le réseau, ils ont tout avantage à ce que ça fonctionne.
Le succès de la séparation est directement lié au succès de SmackDown et le succès de SmackDown est directement lié au succès de la séparation. Cela peut devenir un cercle vicieux comme une histoire à succès. USA Network a fait son bout de chemin. Ils ont sorti SmackDown de la cage horaire du jeudi soir et d’une émission préenregistrée. Il faut maintenant que la WWE fasse le sien en faisant de cette séparation une réussite à son tour.
Le USA Network, la WWE, ses lutteurs, NXT et la scène indépendante ont tous un intérêt à la réussite ou même à l’échec du brand split. Il s’agit ici bien plus qu’une question de lutte. La séparation est une question de business, qui va impacter plusieurs sphères du milieu.



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