Une nouvelle a fait jaser dans le monde de la lutte la semaine dernière. En effet, Jacques Rougeau est maintenant actionnaire de la Gatineau Pro Wrestling (GPW) et fera un retour dans l’arène à l’âge de 65 ans.
Qu’est-ce qui se cache derrière cette annonce qui a pu en surprendre plus d’un?
Je vais tenter d’éclaircir cela pour vous.
Le tout a été annoncé en grande pompe lors d’une conférence de presse le 17 septembre dernier au Centre Slush Puppie de Gatineau, confirmant que Guerre Civile VI y aura lieu le 30 mai pour la quatrième année consécutive. Une bonne nouvelle pour les amateurs de lutte en province, alors que pour la première fois en trois ans, le spectacle n’aura pas lieu en même temps que Golden Opportunity XVI, qui lui se déroulera le 13 juin 2026 au Pavillon Guy-Lafleur de Québec. Depuis 2023, ces deux événements attirent le plus de spectateurs sur le circuit indépendant québécois.
Dans les faits, Rougeau, en compagnie de ses associés Philippe Fortier et Martin Villeneuve, obtient 25% des parts de l’organisation. Les actuels actionnaires, Stéphane Gauthier, Dereick Clément et Martin Villeneuve (un autre, le lutteur Casey « The Crow » Katana), auront dorénavant 25% chacun.
Du côté de la GPW, on m’explique que les actionnaires étaient épuisés. Produire des spectacles tous les mois est une chose, mais le travail derrière celui au Centre Slush Puppie en est une autre. Cela devenait difficile de concilier famille, travail régulier (la lutte ne paie pas les factures) et lutte. La venue de Jacques est vue comme une bénédiction ou presque.
« Je souhaiterais avoir l’énergie pour organiser un spectacle dans un aréna chaque année, mais je n’ai jamais été quelqu’un qui a ce genre de détermination, avoue Mark Pollesel, le promoteur de C*4, la plus vieille promotion de la région. Et je pense que ce que la GPW fait chaque année avec les spectacles au Centre Slush Puppie mérite d’être souligné. »
Toutefois, ce n’est pas le rôle que devait avoir Jacques lorsque j’ai entendu parler de son implication pour la première fois. Rougeau devait simplement aider à améliorer le spectacle au Centre Slush Puppie. Il y était en juin dernier et trouvait que certains aspects pouvaient être revus et voulait offrir son expertise aux talents et à la promotion gratuitement, ce que j’avais de la difficulté à croire.
Peu de temps après, il devenait actionnaire.
Cependant, être actionnaire seulement n’aurait pas été suffisant pour faire parler de la promotion dans les médias conventionnels, alors on a aussi profité de cette conférence de presse pour annoncer que Rougeau retournera dans l’arène, lui qui n’a pas lutté depuis 2018. Il fera partie du Royal Rumble Classique Pat Patterson, une bataille royale présentée annuellement à Guerre Civile. Un troisième retour pour celui qui a pris sa retraite en 1994, 2011 et 2018.
C’est d’ailleurs après sa retraite de 2018 que Jacques avait aussi fermé son école de lutte et vendu son arène aux propriétaires de ce qui deviendra la GPW.
La genèse de la GPW et la lutte familiale
À l’époque, Martin Villeneuve, Dereick Clément, Guillaume Charbonneau et Éric Carpentier luttaient tous pour les spectacles de Jacques Rougeau et voyant la retraite de ce dernier arriver, ils lui ont proposé d’acheter son arène, partant avec celle-ci tout de suite après l’événement qui avait lieu au Stade IGA de Montréal.
En conférence de presse, beaucoup d’accent a été mis sur la lutte familiale. Martin Villeneuve (le lutteur) a mentionné que la GPW a un concept de lutte familiale et que Clément (qui lutte sous le nom de Thunder) et lui-même avaient appris à faire des spectacles pour la famille grâce à leurs années passées chez Jacques.
« Bravo à la GPW d’avoir pris mon mandat en 2018, a dit Rougeau. Le fait que vous avez ramassé ce concept-là que j’avais créé pendant 20 ans de temps, des concepts familiaux. Et ils ont réussi ce concept-là eux, sans coups de chaises, sans coups de tables, pas de sang, il n’y a pas de violence. »
À RDS, Rougeau en a ajouté en disant qu’il y a « sept ou huit ans, ils m’avaient demandé la permission d’utiliser mon concept. »
Permettez-moi de rectifier le tir ici.
Les quatre actionnaires originaux n’ont jamais demandé la permission à Jacques pour quoi que ce soit. En fait, ce n’était pas du tout le même concept.
Oui, on voulait offrir un produit davantage axé aux familles. Pas de combats dans la foule, pas de doigts d’honneur, pas de langage ordurier. Par contre, les spectacles de Jacques n’avaient pas de coups de poing, pas de coups de pied et aucune lutte féminine. La GPW ne voulait pas être aussi stricte.
De plus, l’organisation m’a confirmé ce que j’avais vu moi-même, c’est-à-dire qu’elle a déjà utilisé des chaises, des tables et des portes.
D’ailleurs, Rougeau a été invité à aller voir le produit offert par la GPW, et ce, dès les débuts de la promotion en 2018. Cependant, jusqu’à tout récemment, il était réticent parce que ce n’était justement pas le même concept que le sien.
Ce n’est pas ce que Jacques a laissé croire en conférence de presse.
Rougeau a aussi mentionné que dans la lutte d’aujourd’hui « ils font 1000 mouvements dans l’espace de 10 minutes et il n’y a plus rien qui veut dire quelque chose » et que « le gars qui reçoit une savate est debout avant le gars qu’il l’a donné. »
Est-ce qu’il faut donc s’attendre à des matchs plus old school à la GPW? Et si oui, est-ce que ce concept sera uniquement pour le Centre Slush Puppie ou à longueur d’année?
La question se pose.
Parce que même s’il devient actionnaire, on me dit que Rougeau passera l’hiver en Floride et ne sera pas impliqué dans les opérations journalières des spectacles mensuels.

La GPW a annoncé lors d’une conférence de presse que Jacques Rougeau devenait actionnaire de la promotion. crédit: TVC Basse-Lièvre
Rougeau : incapable de se sortir du monde de la lutte
Est-ce que le tout me surprend?
Pas vraiment.
La faillite de la compagnie de Jacques déclarée en juin dernier est largement attribuable au constat d’échec qu’il faut donner au projet de Lutte Académie. Une super idée à la base, mais très mal exécutée.
Pour la petite histoire, Rougeau a fait les manchettes il y a trois mois alors que sa compagnie, et non lui personnellement, a déclaré faillite pour une somme de 72 383$, dont 40 000$ pour un prêt COVID, 17 500$ à sa conjointe Nathalie Thibodeau, un peu plus de 10 000$ à sa sœur Diane et 4 000$ à lui-même.
La finale de 2022 a obtenu 1 400 visionnements sur YouTube. Celle de 2023, 1 200 et la plus récente, un peu plus de 800, soit 43% de moins que la toute première. Il n’y a jamais vraiment eu un buzz autour du projet et Jacques n’a jamais été capable de monnayer ce concept.
Après la faillite de sa compagnie, il a décidé de mettre ce projet sur la glace. Il n’en a d’ailleurs fait aucune mention dans les différentes entrevues que j’ai écoutées la semaine dernière.
Mais Jacques ne peut rester en dehors du monde de la lutte très longtemps. Tu peux sortir Jacques Rougeau de la lutte, tu ne peux pas sortir la lutte de Jacques Rougeau.
« Les Rougeau, on est une dynastie, on n’a rien fait d’autre dans la vie », a-t-il dit sur les ondes de RDS jeudi dernier.
Pas certain que son oncle Johnny serait content de l’entendre, lui qui a été propriétaire d’un des cabarets les plus courus de son époque et président de la LHJMQ. Pas sûr que son frère Raymond serait content non plus, lui qui est maire de Rawdon depuis quatre ans, qui brigue un nouveau mandat et qui est impliqué en politique depuis plus longtemps qu’il a été lutteur.
Quoiqu’il en soit, il devait se trouver une façon de rester dans le milieu et la GPW est tombée dans le panneau l’a accueilli à bras ouverts.
Quel impact aura Jacques sur la scène?
L’annonce du partenariat avec Jacques coïncide curieusement avec celle de son arcade au Colossus de Laval où on peut y gagner une ceinture de lutte autographiée par Jacques.
D’ailleurs, Rougeau a été fidèle à lui-même.
En entrevue au 98.5, l’animateur constatait que la lutte était et est encore populaire au Québec et qu’il y a des spectacles un peu partout en province. À la question « qu’est-ce qui explique ça », voici ce que Rougeau a répondu:
« Absolument. Je sais pas. C’est un cycle de la lutte qui est tellement populaire…pis écoutez, j’aimerais prendre deux secondes pour inviter tout le monde, j’ai un gros événement samedi… »
Et il s’est mis à parler de son arcade.
Ça aurait pourtant été une bonne occasion de parler positivement du circuit indépendant à qui il a fait des mamours pendant des mois lorsqu’il travaillait sur son premier spectacle de Lutte Académie et avec lequel il vient de s’associer.

Haku, mieux connu au Québec sous le nom de King Tonga, a participé à la bataille royale de la GPW en juin dernier. crédit: Dominic Charette
Parce qu’il ne faut pas l’oublier. Tu donnes un pouce à Jacques, il va prendre un pied.
Pensez-y. En quelques semaines, il est passé de venir aider gratuitement, à actionnaire de la promotion!
Est-ce qu’il en sera majoritairement actionnaire bientôt?
La question se pose.
Dans le monde de la lutte, Jacques n’a jamais démontré un désir de s’associer avec d’autres personnes. Et lorsque ça arrivait, il était quand même le seul maître à bord.
En 2003, il avait tenté de travailler avec la Fédération de Lutte Québécoise de l’ancien lutteur Paul Leduc. Son influence était si forte que Leduc avait congédié son scripteur en chef, Philippe Leclair, que Jacques n’aimait pas. Et malgré cela, quelques mois plus tard, cette association venait à terme.
Je peux comprendre les actionnaires de voir en Jacques quelqu’un qui peut leur donner une présence dans les médias et qui peut attirer des amateurs supplémentaires. La seule annonce de son retour combinée à la sortie de son arcade ont donné comme résultat que Jacques a fait le tour de plusieurs médias. Déjà, il parle d’attirer 5 000 personnes le 30 mai prochain, pour un spectacle qui a attiré une moyenne de 3 000 amateurs au cours des trois dernières années.
Il y a cependant un verso à cette médaille.
Plusieurs lutteurs m’ont mentionné, sous le couvert de l’anonymat, qu’ils n’iraient plus à la GPW maintenant que Jacques en fait partie, incluant de gros noms de la lutte au Québec du présent et du passé.
À ce sujet, j’ai même reçu un message de Michael Bisson, scripteur en chef de la NSPW.
« La NSPW ne travaillera jamais de concert avec la GPW tant et aussi longtemps que Jacques Rougeau sera impliqué, m’a-t-il écrit, ajoutant qu’il parlait officiellement au nom de la promotion. Avec cette décision, la GPW a gâché la crédibilité qu’elle a travaillé si fort à bâtir. »
Est-ce que le positif aura le dessus sur le négatif dans cette association?
La question se pose. Mais visiblement, les autres actionnaires de la GPW, à tort ou à raison, pensent que oui.
Une nouvelle guerre au Québec : les collectionneurs
Il y a également un autre aspect à cette association.

L’un des commentateurs de C*4, Bobby Virtue, avec le Godfather lors de SlamFest, la compétition de Jacques Rougeau maintenant. crédit: Page Facebook de Bobby Virtue
Legends Mania est une convention de lutte dans l’après-midi du spectacle au Centre Slush Puppie, avec plusieurs anciens lutteurs sur place pour signer des autographes et prendre des photos avec les amateurs. En juin dernier, l’organisation a rencontré plusieurs problèmes alors qu’un bon nombre de lutteurs annoncés ne s’est pas présenté.
En s’associant avec Jacques, ils peuvent maintenant compter sur ses contacts et ça se voit à certains noms qui ont été annoncés la semaine dernière : « Hacksaw » Jim Duggan, Koko B. Ware, Jimmy Hart, Jake “The Snake” Roberts, ainsi que son frère Raymond.
Le monde du memorabilia et des collections en lien avec la lutte se développe tranquillement au Québec.
Depuis 2018, Yan O’Cain, Frédérick Poulin et Anthony Tonin s’occupent d’une page Facebook sur le sujet, la Canadian Wrestling Collectors, sur laquelle il y a des encans. Jean-Fançois Leduc et Joe Micozzi sont propriétaires de Live Wrestling Auctions et font des séances de signatures virtuelles et en présentiel depuis un bon nombre d’années. Ils ont d’ailleurs présenté avec succès à Montréal samedi dernier la toute première convention de lutte dans la métropole avec des invités tels que le Godfather, Doink, Paul Roma, Richard Charland, Marc Blondin et plusieurs autres.
Et il y a Legends Mania. Et pour vous dire à quel point Rougeau prend de la place dans sa nouvelle association, il a déjà dit haut et fort qu’il voulait faire un Legends Mania à Montréal et faire concurrence à Leduc et son groupe. Alors que Leduc a pourtant engagé plus d’une fois Rougeau à l’une de ses séances de signatures.
Pourquoi travailler ensemble quand on peut se faire concurrence et surtout, est-ce que le marché est assez fort pour ça?
La question se pose.
Est-ce que Jacques agira dans le monde des collectionneurs de la même manière qu’il a agi avec la lutte au Québec, c’est-à-dire en ignorant ce qui se fait ailleurs?
La question se pose.
Et finalement, est-ce que Jacques agira avec les autres promotions en Outaouais ou au Québec comme il commence à agir avec les collectionneurs?
La question se pose aussi.

Evil Uno et Stu Grayson ont grandement contribué au développement de la scène en Outaouais avec Lutte 07, Mystery Wrestling et The Keep. crédit: AEW
Est-ce qu’il y a trop de lutte en Outaouais?
L’arrivée de Rougeau avec la GPW m’amène à parler de la scène à Gatineau et à Ottawa.
Historiquement parlant, la région de l’Outaouais a toujours été contrôlée par un promoteur de Montréal, que ce soit Eddie Quinn, les Rougeau, les Vachon ou Gino Brito. Ce n’est que dans les dernières années qu’elle a commencé à voler de ses propres ailes.
« Bien que Hull/Gatineau ait une longue histoire avec la Lutte Internationale, je ne crois pas que cet héritage soit clair par rapport à l’état actuel des choses, précise Mark Pollesel. Ottawa, en particulier, était essentiellement une ville de catégorie C pour la WWE à travers les années 1980, et ce, jusqu’à aujourd’hui. Nous avons une histoire, mais elle n’est en rien comparable à celle de Montréal ou de Toronto. Et c’est une partie de l’identité d’Ottawa qui a toujours existé. »
En combinant les aires urbaines de Gatineau et Ottawa, on parle actuellement d’une population d’environ 1.8 millions de personnes. C’est le double de la population urbaine de Québec.
Mais s’il n’y a que la NSPW dans la Vieille Capitale, la scène en Outaouais en comprend sept. Il y a la GPW, Lutte 07 et Mystery Wrestling à Gatineau, C*4 et Acclaim à Ottawa, la OWA à Orléans et finalement la PCW, qui produit autant des spectacles à Gatineau qu’à Ottawa.
C*4 est la plus vieille, ayant débuté en 2007 et prenant la place laissée par le départ de la CPW à Gatineau.
La promotion de Mark Polessel et Stephen Gibson est reconnue comme l’une des meilleures au Canada et a aidé à façonner la scène actuelle en Outaouais. Elle attire régulièrement plus de 500 personnes chaque mois et offre des combats de qualités. De plus, leurs spectacles-bénéfices pour amasser des fonds pour la Société canadienne du cancer est toujours l’un des événements de l’année et a permis d’amasser plus de 700 000$. Au fil des années, elle a vu défiler les Kevin Owens, Sami Zayn, Mike Bailey, Cody Rhodes, MJF, Matt Menard, Sara Del Rey, Kris Statlander et plusieurs autres.
Pour Pollesel, le nombre de promotions grandissant dans la région n’est pas un problème.
« Je crois que les fans ont une limite de temps et d’argent. Je pense que c’est très encombré, mais je ressens aussi que les spectacles de qualité se hisseront au sommet. En ce moment, je pense qu’Acclaim est à guichets fermés à presque tous ses spectacles. Mystery aussi. Nous avons une plus grande capacité et nous sommes presque à guichets fermés aussi. Je suppose que les autres s’en sortent bien aussi. Égoïstement, j’aimerais qu’il n’y ait pas un spectacle tous les week-ends, mais c’est comme ça à Montréal et dans la région de Toronto. Ottawa et Gatineau comptent moins d’habitants que Toronto ou Montréal, mais jusqu’à présent, nous avons bien réussi à répondre à notre public sans les submerger. C’est un équilibre. »Deux autres importants acteurs de la scène en Outaouais sont Nicolas Dansereau et Marc Dionne. Sous les noms d’Evil Uno et Stu Grayson, ils font partie de l’élite de la lutte québécoise depuis un bon nombre d’années. Ils font équipe depuis presque 20 ans, ont lutté un peu partout en Amérique du Nord et en Europe et bien sûr, on a pu les voir à AEW. Uno y est encore d’ailleurs.
Les deux amis ont commencé à la CPW de Gatineau, alors qu’il n’y avait à l’époque qu’une seule promotion d’importance dans la région. Et en 2018, ils ont ouvert leur école de lutte, The Keep. À ce jour, l’école, qui jouit d’une excellente réputation dans le milieu, a permis à une dizaine de leurs étudiants de débuter leur carrière. Le succès de The Keep n’est pas étranger à l’augmentation de spectacles produits dans la région.
« Je pense que notre école a permis à la scène d’être plus vivante, mentionne Dionne. À chacun des spectacles de lutte en Outaouais, on y retrouve au moins deux de nos élèves. »
De son côté, Dansereau, qui est aussi l’un des trois actionnaires de Mystery Wrestling et de Lutte 07, parle des différents produits présentés par les promotions. Unique en son genre, Mystery Wrestling n’annonce pas d’avance ses matchs et ses lutteurs et lutteuses. Les spectateurs ont des surprises à chaque occasion et ils ne semblent jamais être déçus.
« La plupart des spectacles sont très différents et chacun offre un aspect unique de la lutte. Surtout avec la population de Gatineau et d’Ottawa et la distance entre chaque spectacle, je ne crois pas que c’est trop de lutte pour une région. »
À la GPW, Éric Carpentier a quitté le groupe quelques mois après ses débuts. En 2023, Stéphane Gauthier s’y est joint, mais en janvier 2024, c’était au tour de Guillaume Charbonneau de quitter. En juin de la même année, ce dernier débutait sa propre organisation, la PCW. Au mois de mai, il attirait 2 000 personnes au TD Place d’Ottawa avec la présence de Bret “The Hitman” Hart. Et Charbonneau abonde dans le même sens que ses confrères.

Le promoteur de la PCW, Guillaume Charbonneau, a rendu hommage à Bret Hart devant 2000 spectateurs crédit: Neurotek
Toutefois, la réalité ne semble pas être la même pour Martin Villeneuve et la GPW.
« Oui, ça commence à en faire beaucoup. C’est plus difficile la vente de billets comparativement à il y a un an ou deux », avoue celui dont la promotion attire environ 300 personnes à Buckingham une fois par mois et environ 500 spectateurs deux fois par année dans le secteur de Hull.
Après 18 ans, Pollesel sait ce qu’il faut faire pour connaître du succès à long terme.
« Il y a une promotion qui a fait ses débuts quelques mois avant nous et qui a attiré 5 000 personnes dans un aréna local, se souvient-il. Mais un an plus tard, elle ne pouvait pas attirer 200 spectateurs. La constance et la qualité sont importantes. Et ça a toujours été mon objectif. »
Bien aimé dans le milieu, Pollesel ne voit pas nécessairement d’un mauvais œil l’arrivée d’un Jacques Rougeau avec la GPW.
« J’aime beaucoup Mystery Wrestling. Je considère Uno comme l’un de mes meilleurs amis. Et comme nous, ils se concentrent à développer leur réputation à travers le produit qu’ils présentent. Pour ce qui est de la GPW, je pense que la famille Rougeau a le statut de légende au Québec. Et si la GPW est heureuse de travailler avec Jacques, alors tant mieux pour elle. »
S’il y a une conclusion à en tirer, c’est que la scène en Outaouais n’a jamais autant bourgeonné et est devenue l’un des marchés de lutte indépendante les plus importants dans l’est du pays avec Montréal, Québec et Toronto. Et seul l’avenir nous dira le réel impact du retour de Jacques Rougeau dans le monde de la lutte québécoise.
crédit photo couverture: Dominic Charette



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