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11/03/2015 | Chroniques

La WWE en Chine : Portrait

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WWE Chine

WWE Chine

Quand on pense aux rapports asiatiques de la WWE, on pense nécessairement au Japon ; la compagnie de Stanford au Connecticut voyage au Japon depuis toujours et connaît là-bas un grand succès. La WWE a toujours compté le Japon comme un marché important ; sur place, WWE.com renvoie automatiquement à une adresse japonaise, et plusieurs lutteurs de l’endroit ont pu y combattre : Tajiri et son légendaire venin vert, Funaki, Yoshi Tatsu et plus récemment, le très prometteur Hideo Itami, connu précédemment comme étant le fameux Kenta.

Dans les dix dernières années, on pourrait aussi mentionner l’Inde comme pays amateur des programmes offerts par la famille McMahon. Et oui, la WWE y a connu une certaine popularité, notamment avec la présence jusqu’à tout récemment du très charismatique ( :D ) Great Khali dans son bassin de performeurs. Mais ça n’a jamais vraiment levé là-bas ?

Mais qu’en est-il de la Chine ?

C’est pourtant le pays le plus peuplé de la planète !

(Avant de commencer, laissez-moi vous dire que ma recherche d’informations sur ce sujet ne fut pas de tout repos. Taper « WWE China » dans un moteur de recherche Internet implique que l’on retrouve nécessairement beaucoup de trucs peu familiaux sur une certaine ancienne lutteuse de la WWE… Google ne fait pas abstraction du « y » de différence hein.)

Avant de commencer, il faut mettre en contexte comment ça se passe avec les médias chinois : il n’y a pas à peu près pas de liberté d’expression en Chine. La télévision est supervisée par l’État. Google est strictement contrôlé et Wikipédia n’y existe pas. Les populaires médias sociaux que nous connaissons, soit Facebook, Twitter et YouTube n’existent pas non plus, mais ils ont leurs équivalents : soit respectivement Renren, Weibo et Youkou.

POURQUOI CETTE OUVERTURE ?

La WWE est arrivée en Chine en 2007 avec l’ouverture d’un bureau à Shanghai, la diffusion de ses émissions sur une dizaine de chaînes de télévision locales, et avec la signature d’un partenariat avec Youkou.

Il n’y a pas eu de déclarations officielles expliquant le pourquoi du comment, mais on peut tirer nos propres conclusions facilement des intentions chinoises de la WWE ; la fin des années 2000 était une nouvelle ère dans l’histoire de la WWE dans son histoire, passant d’un produit « adulte » à un produit à caractère familial. Dans cette nouvelle lignée, la WWE pouvait alors aspirer à accentuer le caractère du « World » dans « World Wrestling Entertainment » en s’installant dans des marchés au divertissement traditionnel comme la Chine.

Pensez-vous que la D-Generation X de 1997 aurait eu sa place en Chine avec ses gestes obscènes et ses remarques suggestives ? En tout cas, moi, je ne crois pas.

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le site WWE.com est bloqué par l’Internet chinois. Le site Internet officiel de la WWE en Chine est plutôt WWE.cn, là où seulement quelques profils de lutteurs sont affichés, et où il y a très peu de contenu historique… Pour faire affaire en Chine, la WWE a intérêt à présenter du contenu se voulant respectueux des mœurs chinoises.

(D’ailleurs, le WWE Network n’est pas encore présent en Chine. On dit que c’est une question de temps. Arrivera-t-il un jour ? Est-ce que le produit sera dilué ? On verra.)

La WWE a présenté son premier spectacle en Chine en 2010, lors de l’Exposition Universelle de Shanghai. C’était à l’invitation du gouvernement chinois, et les billets étaient gratuits. Il y a eu beaucoup de monde. Comme dans la vidéo ci-haut le montre, il y avait une grande envie des fans chinois d’enfin voir le le produit de la WWE chez eux. Et ils étaient tous au courant des histoires et des personnages, et réagissaient comme les fans américains réguliers.

La WWE y est revenue en 2012 et en 2013 pour offrir des spectacles, cette fois-ci payants. Aucun n’était présenté à guichets fermés.

MAINTENANT ?

Est-ce que la WWE aurait lancé la serviette sur le marché chinois ? Peu de chiffres sont accessibles quant à sa popularité au pays de Mao. Les seuls disponibles disent que la WWE a vu sa popularité augmenter de 350 % chaque année… Mais quelles années ?

S’agit-il d’un abandon pour la famille McMahon ? La WWE est pourtant passée à quelques reprises au Japon depuis 2013, mais ils ne sont pas passés en Chine ensuite.

Il faut dire surtout que la tradition de lutte-spectacle est nulle dans le pays le plus peuplé au monde. La WWE donnait les seuls spectacles du genre. Inutile donc de dire qu’il n’y a aucun lutteur chinois à l’horizon.

Est-ce que ce marché sera comme celui de la France, qui fut délaissé par la WWE pendant près de 14 ans pour y revenir chaque année depuis 2007 ? C’est à voir.

下回见 !

_______________

NOUVELLE FIN 

Dans le but d’imiter Mike Myers avec sa deuxième fin dans Wayne’s World 1, j’ai envie de réécrire la fin! 

La tradition de lutte-spectacle n’est pas nulle en Chine; faible oui, mais pas nulle. Et il y a des amateurs de lutte américaine sur place. C’est juste que ce n’est pas nécessairement la WWE qu’ils préfèrent.

Bertrand Hébert, mon réputé collègue sur Lutte Québec, me fit remarquer après la publication de cette chronique que la promotion de lutte américaine EVOLVE Wrestling, chapeauté sous l’enseigne WWNLive par entre autres l’ancien acolyte de Paul Heyman à la ECW, Gabe Sapolsky, a connu en décembre dernier une tournée lucrative de quatre évènements en dix jours en Chine. Les spectacles furent présentés devant 16 000 personnes, et l’évènement du 16 novembre à Pékin fut diffusé auprès de 16 millions de téléspectateurs.

EVOLVE a d’ailleurs signé une entente de cinq ans avec les compagnies Great-Wall International Sports Management LTD.  et Transnational Services, inc. pour présenter ses spectacles en Chine, ainsi que sur les territoires connexes de Hong Kong, Macau et Taiwan.

La question se pose: où est-ce qu’EVOLVE a réussi, là où la WWE a échoué? Est-ce qu’il y a d’autres exemples dans d’autres pays où une promotion indépendante connait davantage de succès que la compagnie de Vince McMahon?

C’est certainement un sujet fascinant, et j’ai déjà hâte d’y revenir pour une de mes prochaines chroniques.

À la semaine prochaine!

(et chapeau bas, Bertrand)

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