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04/07/2024 | Chroniques

Les Wicked Ones: à la base de l’histoire récente de la lutte féminine au Québec

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Wicked Ones

15 mai 2006.

Je vais au Saguenay pour la deuxième fois de ma vie. Plus précisément, je suis à Jonquière, là où un spectacle de lutte tout féminin a lieu.

J’y suis avec LuFisto, qui avait été invitée par l’organisatrice de l’événement, La Parfaite Caroline, en collaboration avec la JCW.

Les seules que je connaissais à Jonquière étaient Kacey Diamond et Midianne, mais pour être honnête, c’est Kacey qui m’avait marqué.

En septembre 2005, lors de la fin de semaine de la fête du Travail, la EWR avait décidé de présenter quatre spectacles en deux jours au centre Horizon de Limoilou. Le samedi après-midi, elle avait produit un spectacle de son club-école, la EOW, et le soir, un spectacle rappelant les belles années de sa prédécesseuse, la CCW. Le lendemain avait lieu un tournoi tout féminin appelé Super 8 Women’s tournament en après-midi et un spectacle de la EWR le soir. La vedette de la TNA, Petey Williams, y était pour les spectacles de la CCW et de l’EWR.

Difficile de ne pas m’en souvenir en fait. Le samedi soir, LuFisto avait fait une commotion cérébrale. À la fin de son match contre Handsome JF, elle avait été attaquée par Le Clou avec une chaise, mais la manœuvre avait mal tourné. On s’était rendus à l’hôpital, cependant, l’attente étant trop longue, elle avait décidé de ne pas se faire voir par un médecin et nous étions parties. Le lendemain, elle luttait à quatre reprises, dont un match contre Vanessa Kraven où elles avaient défoncé une partie du mur de la salle!

Que de souvenirs!

Le Super 8 Women’s tournament
Le tournoi comme tel comprenait huit lutteuses: LuFisto, Kacey Diamond, Julie the Red Fuxx, Liz Drey, Miss Skinny, Jane, Starlight Amy et Midianne.

LuFisto avait battu Kacey en finale. Ce qui m’avait marqué, c’est que Kacey avait porté trois costumes différents puisqu’elle avait trois matchs. J’étais habitué de voir ce souci du détail avec LuFisto, personne d’autre. La Saguenéenne m’avait aussi impressionné par sa lutte. Bref, Kacey Diamond avait été mon coup de cœur lors de cette fin de semaine.

Show tout féminin - 15 mai 2006 De gauche à droite: Rachel, Malicia, Stefany, Kacey Diamond, LuFisto, Bryan Enough, Roxie, Cybelle, Midianne, La Parfaite Caroline En bas: Josianne the Pussycat, Kelly Hart

Show tout féminin – 15 mai 2006
De gauche à droite: Rachel, Malicia, Stefany, Kacey Diamond, LuFisto, Bryan Enough, Roxie, Cybelle, Midianne, La Parfaite Caroline
En bas: Josianne the Pussycat, Kelly Hart

Le show féminin à Jonquière
Ce que je ne savais pas à ce moment-là, c’est à quel point Jonquière débordait de talent. Pour ce spectacle tout féminin de mai 2006, il y avait cinq lutteuses de Montréal, soient LuFisto, Anna Minoushka (qui débutait à la NCW à l’époque), Cybelle (qui provenait de la FLQ), Malicia Kraven (tout simplement Malicia maintenant, une fille du Saguenay, mais qui luttait surtout à Montréal à l’époque) et Josianne the Pussycat. De Jonquière, il y en avait six : outre Kacey Diamond, La Parfaite Caroline et Midianne, il y avait Stefany (qui deviendra Stefany Sinclair), Kelly Hart et Roxie.

J’avais revu ce que j’avais aimé de Kacey Diamond. La Parfaite Caroline avait tout un personnage, très coloré. Stefany était très solide dans l’arène, alors que Midianne, qui n’était âgée que de 16 ans je pense à l’époque, montrait de très belles choses. Elles étaient clairement les quatre avec le plus de potentiel.

Dans l’assistance, on y retrouvait Kim Leduc et Sweet Cherrie. Kim, c’est la fille de Paul, la sœur de Carl. Elle était ou avait été impliquée avec la FLQ à différents niveaux: annonceuse, scripteuse, promotrice. La FLQ était une promotion familiale et tous les Leduc y jouaient un rôle. J’y avais moi-même débuté, en septembre 2001, grâce à Kim. Sweet Cherrie est une élève de LuFisto et était considérée comme le dauphin de son mentor à ce moment-là.

En revenant à Montréal, Kim a une idée. Ce à quoi elle vient d’assister lui fait croire qu’il serait temps pour le Québec d’avoir une promotion de lutte entièrement féminine.

Kim Leduc et la ALF
Voici à quoi la scène québécoise féminine ressemblait en 2006 :

À Montréal, la NCW avait Vanessa Kraven, Anna Minoushka et Julie the Red Fuxx. La WTA avait Cathy, Taina, Axel, Zena, Missy et Cindy. La ICW avait Sexy Julie et Francisca Proulx. La FLQ avait Cybelle, alors que des filles comme LuFisto, Moonlight et Sweet Cherrie se promenaient un peu plus.

À Québec, on y trouvait Liz Drey, Starlight Amy et Kasandra. À Shawinigan, il y avait Ève, Miss Skinny et Misty Dream. À Gatineau, on y voyait Misty Haven et Portia Perez, alors qu’à Sorel, on y découvrait Mary Lolipop (Mary Lee Rose maintenant), Nikky, Charlotte Lamothe, Miss Scary et Tracy.

Bien que la scène semblait nombreuse, il faut savoir que plusieurs de ces lutteuses n’avaient pas le talent ou l’expérience nécessaires pour soutenir une promotion féminine. C’est pourquoi les filles de Jonquière devenaient si importantes au projet.

Kim convainc son père d’embarquer dans l’idée et devient la promotrice de la toute première promotion de lutte féminine au Québec, appelée l’Association de lutte féminine (ALF). Parallèlement, elle décide de se monter une équipe de gestion comprenant LuFisto, Sweet Cherrie et moi-même.

Logo de la ALF

Logo de la ALF, fondée par Kim Leduc en 2006

Le premier spectacle de la ALF est présenté au centre St-Barthélémy (sur des Érables, là où la NWC y est en ce moment) le 7 juillet 2006.

Au total, 13 lutteuses font partie du premier événement, dont, bien entendu, LuFisto et Sweet Cherrie, de même que Stefany et Caroline. Au deuxième spectacle, le 4 août, Kacey Diamond et Midianne rejoindront le groupe.

Kacey, Stefany et Caroline, les premières championnes
En novembre, la promotion couronnera sa première championne, Kacey Diamond. Puis, se succéderont Stefany Sinclair en mars 2007 et La Parfaite Caroline en novembre 2007. Si en 2004, aucune lutteuse de Jonquière n’avait été votée parmi les meilleures au Québec, en 2005, Kacey Diamond se hissait au quatrième rang. En 2006, Kacey, Stefany et Caroline terminaient toutes les trois dans le top-5. Et en 2007, Stefany tronait au sommet, suivi de Kacey Diamond, toutes deux devant LuFisto, qui avait été blessée au cours de l’année. Et de 2012 à 2015, Midianne deviendra la première femme à lutter à temps plein sur une aussi longue période à la NSPW.

Après avoir fait venir Awesome Kong et présenté des spectacles chaque mois pendant plus de deux ans, la ALF prend une pause au printemps 2009 et en septembre, la NCW décide de reprendre les rênes d’un projet tout féminin en créant Femmes Fatales. Bien que précurseuse, la ALF n’aura jamais été au final un projet 100% féminin. Dès le premier spectacle, il y avait des combats mixtes pour pallier au nombre de lutteuses prêtes à faire partie de la promotion et disponibles chaque mois.

Avec Femmes Fatales, les dirigeants voulaient amener la lutte féminine locale à un autre niveau. La mission de départ était de faire venir des lutteuses de l’extérieur afin de les faire lutter contre des Québécoises question de leur donner de l’expérience.

Femmes Fatales, un projet différent

C’est donc sous la supervision de LuFisto, Stéphane Bruyère, Éric Sallotolo et Anthony Tonin que Femmes Fatales a fait ses débuts le 5 septembre 2009, avec des lutteuses telles que la championne Shimmer MsChif, Cheerleader Melissa et Sara Del Rey. Kacey Diamond faisait partie du premier spectacle, Midianne du second, Caroline du quatrième, alors que Stefany arrivera quelques années plus tard après avoir pris une longue pause loin de l’arène.

Une idée de génie!
C’est la deuxième fois que Michael Bisson et moi changeons le parcours de Femmes Fatales. Une première fois en 2018, lorsqu’on a repris le contrôle de la promotion qui n’avait pas produit de spectacles depuis deux ans. Et une seconde fois en avril dernier, alors que notre mission est maintenant d’offrir des spectacles à un même endroit, quatre fois par année, avec des histoires qui se suivent.

L’idée des Wicked Ones et de réunir Kacey, Caroline, Stefany et Midianne est la sienne. Une idée de génie. Quatre lutteuses qui ont toutes commencé au même endroit il y a 20 ans. Un clan qui trouve tout son sens dans l’histoire récente de la lutte féminine au Québec. Sans elles, est-ce que Kim Leduc va de l’avant avec le projet de la ALF? Alors lorsqu’elles disent, en personnage, que sans elles, il n’y aurait pas de Femmes Fatales, elles n’ont pas tout à fait tort.

Et c’est ce qui rend le clan encore plus cool!

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