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24/11/2018 | Manchettes

FLQ Challenge Accepted : 10 minutes avec Matt Cross

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Samedi le 17 novembre dernier avait lieu le gala FLQ Challenge Accepted 2018, en collaboration avec Smash Wrestling, auquel prenait part la vedette internationale Matt Cross, alias Son of Havoc à Lucha Underground. Parmi ses faits d’armes, Matt Cross a été champion Lucha Underground Trios aux côtés d’Angélico et Ivelisse, aspirant numéro un au championnat Lucha Underground et il a été du combat d’ouverture d’All In.

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Peu de temps avant le début du gala, on nous présente à Matt Cross, qui a l’air en grande forme et heureux d’être présent, et nous convenons de le rencontrer à la fin de l’événement. À chaque occasion, M-Dog est derrière son kiosque, disponible et prêt à échanger avec les amateurs. De prime abord, et cela sera confirmé par l’entrevue, Matt Cross nous apparaît comme quelqu’un de généreux, accessible et passionné par la lutte.

À la toute fin du gala, nous allons le rejoindre et, pendant que nous nous installons, il évoque le caractère francophile de sa fratrie. Il est prêt à attaquer nos questions.

* *

Pierre-Luc (P) : Vous avez déjà évoqué que votre horaire de travail était plus exigeant que celui de la WWE. Qu’est-ce qui vous aide à demeurer motivé et maintenir la cadence?

Matt Cross (MC) : C’était fort un peu comme propos, mais disons que j’étais occupé. C’est un mélange de détermination sans fin et de stupidité. J’ai toujours voulu que ça fonctionne. Je blague souvent sur le fait que Randy Orton est probablement plus jeune que moi, mais qu’à chaque jour, on entend quelque rumeur à l’effet qu’il est prêt à arrêter. Peut-être le devrait-il, que lui reste-t-il à accomplir? On dirait qu’il décélère et, pour ma part, je suis comme un enfant de dix ans qui se dit « je vais le faire! » Chaque jour, je mange six repas par jour, je dors le plus que je peux, je vais au gym souvent et je prends le plus de contrats possible autour du monde. Car, j’ai, stupidement, l’impression que je vais y parvenir. Et même si je « n’y parviens pas », ça restera mon mode de vie. J’ai simplement envie de me sentir bien, performer à un haut niveau et voyage à travers le monde. Disons que je suis un punk. À mes yeux, la lutte c’est comme la musique punk : je voyage à travers le monde en faisant ce que j’aime, contrairement à devoir me lever à six heures le matin pour aller travailler pour quelqu’un d’autre. Et c’est extraordinaire! Je crois que pour la majorité des gens dans le monde, leur but dans la vie est, d’une certaine façon, de faire ce qu’ils aiment en ayant l’opportunité de voyager, et j’ai cette chance-là. Et je compte le faire le plus longtemps possible.

P : Considérant votre année 2018 chargée, lequel de vos combats serait le plus significatif pour vous?

MC : Je pense que la réponse la plus facile serait All In. C’était un événement si incroyable, de rassembler 11 000 personnes pour de la lutte indépendante. Personne n’avait vraiment entendu parler de Matt Cross, MJF ou [Kazuchika] Okada. Mis à part les habitués de la lutte indépendante, chacun d’entre nous était un inconnu. C’était fabuleux de réunir tous ces gens. Et j’ai l’impression que, ce faisant, chaque spectateur a voté d’une certaine façon. Assister à All In n’était pas un événement ordinaire où leur ami les avait traînés. Chaque personne présente a consciemment choisi d’être là; c’était presque un mouvement, c’était palpable. Alors il était vraiment important pour moi de donner le ton au gala. En nous permettant d’ouvrir le gala, Cody [Rhodes] nous démontrait sa confiance et je suis très content qu’il l’ait fait. C’était sensationnel. Je n’ai pas dormi de la nuit après cela et je n’ai pris l’avion qu’à 8 h le lendemain matin. Je n’avais pas envie que ça se termine et je n’ai même dormi dans l’avion. J’ai dormi le lendemain après-midi. Je me disais que tant que je ne dormais pas, je vivais toujours le même jour qu’All In. Et c’est pour ça que l’on fait ça; je veux dire : je ne suis pas riche. Je vis pour ces moments et ce sentiment d’accomplissement. C’est galvanisant!

P : Comment s’est déroulé All In pour vous?

MC : Au final, c’était une célébration de la lutte professionnelle indépendante, ce à quoi j’ai consacré 20 ans de ma vie, alors qui de mieux placé que moi pour représenter cet événement? Ça me fait rire, car plusieurs amateurs m’ont abordé en disant : « on est content que tu aies pu participer à un gros événement, tu le mérites. C’était extraordinaire qu’une grande foule ait la chance de te voir lutter ». J’ai ri, car, même si leur propos se voulait de bonne foi, j’ai lutté à Triplemania au Mexique devant 20 000 amateurs, j’ai lutté au State de France à Paris devant 72 000 personnes, j’ai lutté à Barcelone devant 18 000, à Sydney en Australie devant 16 000 personnes. Alors, lorsque les gens me demandent comme était-ce de lutter devant une telle foule, je me disais : « ne le demandez ni à Cody [Rhodes] ni à moi, mais plutôt à l’un des autres lutteurs, car cela fait 20 ans que je lutte devant d’aussi grandes assistances. Mais c’était bon de le faire en sol étasunien, car les autres événements se sont tenus outre mer. C’était bien de le faire dans mon propre pays, c’était comme une récompense après deux décennies de travail.

P : Durant une entrevue avec Limitless Wrestling, vous avez dit que vous aviez eu une carrière surprenante, comme vous l’avez évoqué précédemment. Quel a été le moment le plus surréel de votre carrière?

MC : Ouf, je ne sais pas trop…  Lutter contre RVD [Rob Van Dam] et ça a été un grand moment pour moi. Je l’ai affronté dans îles Canaries au large des côtes africaines. J’ai voulu devenir lutteur en regardant la ECW, que j’ai découverte en 1998. C’est ce qui m’a donné la piqûre de la lutte et que l’idée a commencé à germer que je pourrais peut-être lutter moi aussi, particulièrement le rivalité entre RVD et Jerry Lynn. Chacun d’eux constitue la moité de ce pourquoi je lutte aujourd’hui. Donc, RVD lui-même, c’est 50 % de ce qui a fait de moi un lutteur professionnel. Alors affronter RVD, quelque chose que je croyais impossible. Par exemple, l’adresse courriel de mon ami était « rvd*quelque chose* », on était complètement fan et on trouvait ça si cool. Alors que regarder de l’autre côté de l’arène, regarder RVD, dans îles Canaries au large de l’Afrique avec 10 000 personnes qui nous entourent, c’était assez « surréaliste ». Je me souviens de ce moment, me demandant si ça se produisait réellement, d’affronter celui que je voyais lutter à November to Remember. En 1998, RVD c’était l’« homme ». Et je me suis demandé si, à l’époque, la ECW faisait des galas avec une assistance de 10 000 personnes, de surcroît sur une îles tropicale. C’était étrange mais dans le bon sens.

P : Vous avez eu plusieurs grands combats dans votre carrière. Quel lutteur, passé, présent ou futur, rêveriez-vous d’affronter?

MC : Pour ce qui est du passé, je dirais Dynamite Kid, car il était tellement en avance sur son temps. J’ai été inspiré par lui; on regarde ses combats de nos jours, 30-40 ans plus tard, et c’est toujours d’actualité. C’était fou d’être si en avance sur son époque. Comparé à ce qui se faisait à l’époque à la WW[F], on est surpris que ce soit en même temps. Pour ce qui est du présent, AJ Styles a été mon combat de rêve depuis 2002–2003. Je l’ai affronté dans un quadruple menace une fois, mais jamais un contre un. J’ai le sentiment que ça serait un très bon combat, alors j’espère que ça arrivera un jour. Et j’adorerais affronter [”The American Nightmare”] Cody chaque jour; je l’ai affronté à deux reprises l’an dernier. Chacun des combats était incroyable; il est l’homme de l’heure et j’aimerais être confronté à lui plus souvent.

P : Son of Havoc est un personnage très apprécié à Lucha Underground, et ce depuis la première saison. Quel est ton meilleur souvenir de Lucha Underground?

MC : Wow, les souvenirs sont si nombreux. Le tout premier combat de la troisième saison, c’était moi contre The Monster Matanza Cueto [Jeff Cobb] et il y a eu un moment très cool. Pour vous mettre en contexte : j’ai fait partie des premiers combats des saison I, II, II et, peut-être, IV; c’était ma « séquence Undertaker », le premier combat de chaque saison. C’était gros : première saison, on présente Lucha Underground au monde; deuxième saison, davantage d’yeux sont tournés vers nous; troisième saison, on a atteint notre vitesse de croisière et beaucoup de gens ont entendu parler de nous. On revient et on attire de nouveaux téléspectateurs. Ce premier combat est très important, pour justifier le « buzz », et on nous a avertis que ça allait donner le ton.  Aucune pression! On nous lance là-dedans et Matanza a été incroyable. Je crois que ça a été mon combat favori à Lucha Underground. Il faisait si chaud, c’était l’été à Los Angeles, donc 200 degrés Fahrenheit. Après le combat, on est en coulisses, couchés par terre et couverts de sacs de glace. On essayait simplement de « revenir à la vie » et les techniciens nous abordent : « Êtes-vous blessés? Êtes-vous morts? » C’en était embarrassant; je n’avais jamais eu à faire ça. À nouveau, un technicien nous accoste et nous informe que trois amateurs avaient souffert d’insolation simplement en regardant le gala. Je me suis senti moins mal à cet instant, considérant les efforts que nous avions fournis. Donc, ça a fini avec nous couchés par terre, avec le sentiment du devoir accompli et suant à grosses gouttes.

P : Y aura-t-il une cinquième saison de Lucha Underground?

MC : Je l’espère bien, je le crois, mais je n’ai rien entendu à ce propos pour l’instant.

P : Nous l’espérons aussi. On vous remercie beaucoup beaucoup pour votre temps.

* *

Après l’entrevue, Matt Cross nous dit qu’il a aimé lutter au Bain Mathieu et que c’était la première fois qu’il luttait dans une piscine. Il a déjà lutté dans une prison et une cour arrière, et maintenant une piscine! Il peut rayer cela de sa liste. Nous avons souhaité bon retour et de revenir lutter au Québec. Il répondit que cela lui plairait.

* *

Nous remercions chaleureusement la FLQ, Bertrand Hébert et Pat Laprade d’avoir rendu cette entrevue possible.

* *
Entrevue réalisée en collaboration avec Mélanie Noël.

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