Je veux simplement souligner l’importance de Roddy Piper dans le monde de la lutte et partager quelques expériences inoubliables.
Roddy Piper fut certainement le vilain le plus important dans l’expansion nationale de la WWE. De 1984 à 1986 il était le Joker de Hulk Hogan. Au Québec c’est encore l’époque de Lutte Internationale, il a été connu après être devenu un favori de la foule et avoir détruit le “Flower Shop” de Adrian Adonis. Le retour du Piper’s Pit par la suite allait galvaniser le combat entre Hulk Hogan et Andre the Giant lors de Wrestlemania 3. Quand Piper dit à Hogan qu’il saigne après qu’André lui ait arraché son chandail et sa croix c’est le moment qui a vendu Wrestlemania 3. J’en ai les frissons juste à y penser.
Piper’s Pit demeurait pour moi toujours un moment spécial lorsque le segment faisait son retour périodiquement. On ne savait jamais ce qui allait arriver avec Piper.
Un des grand moments dans le Monday Night War est certainement l’arrivée surprise de Piper à la WCW pour confronter son ennemi de toujours Hulk Hogan.
On pourrait écrire plusieurs pages sur sa carrière j’aime mieux partager mon expérience et vous donner accès à l’homme derrière les exploits.
Je l’ai rencontré à trois reprises d’abord lors d’une séance de signatures lors d’un gala de la NEW dans l’état de New York. Une rencontre simple mais fort sympathique, il avait ce charisme incroyable qui te fait te sentir dans un moment privilégié avec lui, tu as toute son attention.
Lors de ma seconde rencontre nous étions à Wrestle Reunion à Toronto.
D’abord le vendredi une séance de Question et Réponse où il arrive en retard quoi que cela ne tienne, il nous a offert une performance digne d’un one man show. Il aurait eu tout avantage à créer un numéro à la Mick Foley avec toutes ses anecdotes. Il a tenté sa chance comme comique mais n’a jamais poussé l’expérience plus loin. Nous étions hypnotisés.
Le samedi nous avons d’abord eu une rencontre simple mais tellement fantastique pour des amateurs. Piper avait plus de monde dans sa ligne sur le plancher principal que la dizaine de lutteurs dans la salle pour les détenteurs de VIP. L’attente en valait la peine malgré son retard.
Comble de chance en soirée on se retrouve au bar de l’hôtel et Rick Martel nous introduit et nous prenons une photo avec lui et notre petit groupe de Québécois. Rick et lui eurent beaucoup de plaisir à se raconter leurs vieilles histoires de route par la suite. Moi je me suis endormi comme un petit garçon qui vient de rencontrer le père Noël.
Le lendemain matin nous déjeunions avec les légendes et nous avions notre premier choix, un repas avec Roddy Piper. Son fils Colt l’accompagnait et il est arrivé en retard mais que quoi cela ne tienne, il a été un hôte remarquable nous accordant beaucoup de temps. Il n’a pas vraiment mangé mais a répondu à nos questions et signé quelques items supplémentaires. Un homme de famille remarquable, d’une gentillesse hors du commun. Le seul lutteur à avoir refusé de travailler contre un ancien promoteur lorsqu’il était avec la WWE. En effet il n’a jamais lutté pour la WWE contre Don Owen. Un homme intègre.
Ma dernière expérience est d’avoir travaillé avec lui lors de TOW 10. Le voir préparer avec Sylvain Grenier, Franky the Mobster et Kevin Owens monter un Piper’s Pit et y apporter ma toute petite contribution. Certainement une de mes expériences les plus incroyables dans le monde de la lutte professionnelle. J’ai gardé après le gala le ruban qu’il avait sur les poignets et sur lesquels il avait pris des notes.
Nous avions terminé les grandes lignes du segment quelques secondes avant le début du gala. Tellement que j’ai dû aller m’asseoir avec notre responsable à la technique – notre webmestre Seb Maltais – et lui pointer le bon moment pour lancer la prochaine musique. J’étais le seul à avoir l’information. Quelle pression, mais quel moment.
Le reste de la soirée s’est déroulé sans aucun anicroche, je dois remercier Rick Martel qui m’avait demandé de le saluer et qui m’a donné une histoire que seul lui et Roddy connaissait. Je n’ai jamais pu me faire raconter les détails mais après cela je valais de l’or pour Roddy. J’étais son camarade si je demandais quelque chose ou je lui disais que nous devions alle à une séance photo ou de signatures, il remettait son costume et nous y allions avec le sourire.
Après le gala nous sommes allés le reconduire à son hôtel avec son fils et c’est encore une fois avec un large sourire qu’il nous a quittés après une grosse journée de travail qui avait rendu plusieurs personnes heureuses.

Mon ex-femme Josihanne pose fièrement avec une signature toute spéciale sur son épaule alors que nous le déposons à l’hôtel.
Il a pris la peine de prendre plusieurs photos avec ma famille et lorsque nous avons eu terminé avec le photographe, il a insisté pour que nous en prenions une ensemble tous les deux. Je dois dire que j’en suis très heureux aujourd’hui. Mais le plus touchant de toute la soirée c’est quand il a signé un cadeau qu’on lui avait fait et remis à mon fils en lui disant qu’il pourrait lui redonner dans quelques années lorsque mon fils serait devenu lutteur avec la WWE. Il n’avait pas besoin de faire cela mais tout cela lui venait naturellement.

Ma fille Elayna, mon fils Zakary, mon ex Josihanne, mon fils Jean-Krystophe et mon beau-père Normand.
Finalement l’an dernier je l’ai interviewé durant 45 minutes au téléphone pour la biographie de Maurice Vachon. Toujours aussi généreux et tellement fier de me parler de Maurice qu’il considère comme son père dans le monde de la lutte. D’ailleurs son premier combat à Montréal était pour Lutte Célébrité des frères Vachon.
On dit que les légendes ne meurent jamais, si Rodderick Toombs nous a quitté, je crois sincèrement que jamais le nom et les performances de Rowdy Roddy Piper ne vont disparaître. Après tout aujourd’hui tout le monde se souvient de MichelAnge, Mozart, Shakespeare et Picasso. Lorsqu’un artiste réussit ainsi à toucher les amateurs par son art, il devient intemporel.





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