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14/03/2020 | Chroniques

LES QUEBECERS, L’IMPORTANT C’EST DE GAGNER

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Jacques et Pierre, les Quebecers!

WWF Magazine, Juin 1994

WWF Magazine, Juin 1994

On est en 1993. J’ai douze ans. Je regarde la lutte le samedi midi en anglais au 11, et la reprise en français le lendemain. J’aimais tellement la lutte que je regardais la même émission deux fois. Il faut dire qu’on n’avait pas accès à 20 heures de nouveau contenu hebdomadaire à se mettre sous la dent. C’était les Superstars de la WWF, une émission ayant souvent, dans la finale, de flamboyants athlètes tels que l’Homme de la Méduse (???) Aldo Montoya ou le mystérieux lutteur oriental, Kwang! Le reste des combats mettait en vedette nos favoris contre des lutteurs anonymes qui ne gagnaient jamais. Pas super comme contenu, mais c’était ça ou rien. Je n’avais pas encore découvert la WCW.

Raymond Rougeau était maintenant commentateur à RDS, en compagnie de Jean Brassard. Une nouvelle équipe fit son apparition sur mon écran un bon matin. Elle mettait en vedette l’autre moitié des Fabuleux Frères Rougeau, Jacques, et son nouveau partenaire, un certain Pierre. Ils étaient habillés comme le précédent personnage de Jacques Rougeau, le Mountie, mais sans chapeau.

On n’avait jamais vu ou entendu parler de Pierre. C’était un jeune lutteur très agile au gabarit imposant. Il avait une bonne bedaine, mais faisait toutes sortes de prises spectaculaires. Un peu comme Kevin Owens ou Keith Lee, présentement à la WWE. C’était beau à voir. Surtout la Tour Infernale! Il s’agissait d’un saut boulet de canon de Pierre, assisté par Jacques. Sans oublier la descente de la cuisse du troisième câble du gros Pierre, alors que Jacques maintenait son adversaire dans le crabe de Boston. Et la guillotine! Toutes les manœuvres à deux qu’ils effectuaient avec un nom que je trouvais super chouette.

Et en plus, ils étaient champions du monde par équipe! Ils étaient donc, par conséquent, mes préférés! Et ce, même s’ils étaient des vilains. Ce qui, pour un petit gars de douze ans, comme moi, qui avait toujours aimé les lutteurs qu’on était censé aimer, était une première! Mais pourquoi donc me demanderez-vous?

Simplement parce qu’ils étaient Québécois? Oh que non! Sinon j’aurais été un grand fan de “The Model” Rick Martel et de l’homme fort Canadien, Dino Bravo. Mais non. Quand j’ai loué WrestleMania VI, vers l’âge de 10 ou 11 ans, durant le combat Dino contre Monsieur USA en personne, Jim Duggan, moi je prenais pour Hacksaw!  Et à WrestleMania VII, j’encourageais Jake The Snake face à Martel dans son combat cagoulé.

Mais là, c’était différent. J’ignore si vous êtes capable de déchiffrer correctement ce qui est écrit dans la photographie de l’article que j’ai trouvé dans un de mes vieux magazines, mais Pierre répond aux questions en français. Et au tableau, c’est écrit, toujours en français : « Gagner honnêtement ou gagner en trichant, l’important c’est de gagner! » Pour un petit gars de treize ans qui ne parle que quelques mots d’anglais, c’était vraiment chouette de voir un gars comme Pierre qui était fier d’être francophone et qui refusait de parler anglais. Comme moi, il ne maîtrisait pas encore très bien la langue de Shakespeare.

Hiver 1994, je loue une vidéocassette du nom de Monday Night RAW Prime Cut. Il s’agit des meilleurs moments d’une nouvelle émission de lutte. J’ai enfin pu voir comment mes Quebecers sont devenus champions par équipe! Ils ont vaincu les Frères Steiner, lorsque Big Poppa Pump s’empara du bâton de hockey du gérant Johnny Polo et frappa notre Jacques national avec. Gagner les ceintures par DQ? Voyons donc!

Il s’agissait d’un combat exceptionnel. Les Quebecers négocièrent et réussirent à obtenir un combat Province of Quebec Rules, type de combat dont on n’a jamais entendu parler avant ou depuis. Il fut stipulé que le marteau pilon est banni, monter sur le troisième câble est illégal, il est interdit de projeter son adversaire par-dessus la troisième corde et les titres peuvent changer de mains à cause d’un décompte extérieur ou d’une disqualification. On avait des drôles de règlements dans ce temps-là au Québec.

Le coup de bâton de hockey, que Scott avait utilisé seulement pour se défendre, causa la défaite des bons gars. Les champions se sont fait voler leurs ceintures! Les tricheurs célébraient. Raven, le gérant les Quebecers, portait un gilet du Canadien et s’exaltait comme s’il venait de gagner la coupe Stanley. On imagine mal la même chose en 2020.

J’étais si content. Car, comme j’avais lu dans le magazine, l’important n’était pas la manière dont on gagnait, mais uniquement le fait de gagner. Nos lutteurs québécois venaient de vaincre une des meilleures équipes de lutte de tous les temps, bien supérieure à eux physiquement, grâce à leur intelligence! Et honnêtement, pour un jeune grassouillet un brin brillant comme moi, c’était très encourageant! Je ne serais jamais le plus rapide ou le plus fort, mais je pouvais quand même gagner si j’étais plus rusé que mes adversaires! Une belle leçon à retenir.

Ils ont ainsi vaincu mes favoris, les Frères Hart, par forfait au Royal Rumble 1994 en s’attaquant, sans relâche, à la jambe blessée de Bret. Les Quebecers ont également gardé les ceintures à WrestleMania X contre Men on a Mission après une disqualification. Des fins merdiques, il faut l’avouer. Mais ils étaient toujours champions. Et quel bel exemple de travail d’équipe quand Jacques et Pierre unirent leurs forces pour effectuer une superbe souplesse arrière sur le gigantesque Mabel en pyjama!

Malheureusement, comme évoqué dans mon texte précédent, la belle histoire des Quebecers prit fin abruptement quand ils perdirent leurs titres par équipe face aux Headshrinkers. La bisbille s’installa entre les deux camarades. Le tout se solda par un combat à guichet fermé au Forum de Montréal. Il y eut ensuite réconciliation, un retour à la WCW sous le nom The Amazing French-Canadians. Rien à signaler de ce côté, à part le gala que Jacques organisa lui-même afin de se mettre en finale et vaincre la plus grande vedette de lutte de tous les temps.

Puis il y eut un autre séjour à la WWF sous le nom des Quebecers, en 1998. Leurs costumes étaient pas mal moins chouettes. Des maillots noirs avec des petites fleurs de lys bleues et des feuilles d’érable… Pierre avait gardé son œil de pirate de son personnage précédent, le pirate Lafitte. Rien à signaler encore une fois, à part le combat brutal de Pierre-Carl contre “Dr. Death” Steve Williams lors du controversé tournoi Bagarre pour Tous.

Mais le séjour à la WWF de 1993 à 1994, quelle aventure! Ça a transformé ma vision de la lutte à jamais. Mon appréciation des méchants commença et le petit frère de l’autre, Owen, devint rapidement mon favori de tous les temps! Si je peux résumer cette chronique en une phrase, PCO était mon modèle quand j’avais douze ans, et il l’est encore aujourd’hui! Même s’il n’est plus champion du monde… C’était scandaleux! Avez-vous vu ça? RUSH a osé profiter d’une tricherie de Nick Aldis pour gagner! Je n’en reviens pas! Karma? J’espère avoir la chance de revoir PCO à Toronto le 7 mai en tant que champion du monde NWA! Pour finir, le thème des Quebecers peut nous égayer un peu en ces temps apocalyptiques.

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