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07/11/2018 | Chroniques

Le Poing: Ring of Honor à Montréal, 10 ans depuis la controverse

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La chronique de Pat Laprade: Une belle opportunité!

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Pat Laprade

Pat Laprade

Dans un passé pas si lointain, il y avait un événement de lutte à Montréal, aux frontières des quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Ville-Marie, avec des noms que vous connaissez bien : Seth Rollins, Kenny Omega, Daniel Bryan, Austin Aries, ainsi que les Québécois Kevin Owens et Sami Zayn. Une carte de lutte qui attirerait aujourd’hui, basée sur ces noms seulement, plusieurs milliers de spectateurs. Pourtant, les amateurs de l’époque voulaient voir le spectacle échouer. Pire que ça, on s’y présentait dans l’optique d’y faire une mauvaise presse.

Cela vous semble irréel? Ça l’était pour moi aussi à l’époque.

Voici l’histoire de la Ring of Honor dans notre Belle Province!

Tout débute avec Steen et Generico
Nous sommes à l’automne 2008. La WWE est dominée par les Triple H, Undertaker, Rey Mysterio, Kane, Randy Orton et Jeff Hardy (ais-je bien écris 2008 ou 2018…fiou, c’est vraiment 2008!). C’était l’époque où la WWE ne reconnaissait pas encore le talent de la scène indépendante. Certes, CM Punk en était à son premier – et moins glorieux – règne comme champion du monde, mais c’était encore la vieille époque, celle où on préférait Vladimir Kozlov à John Morrison, celle où les lutteuses étaient encore des divas.

En-dessous de l’empire se trouvait TNA (Impact), un mélange de quelques vestiges de la glorieuse rivalité entre la WWF et la WCW tels que Sting, Booker T, Kurt Angle et Mick Foley et de la scène indépendante, scène qui bourgeonnait de talents, comme Samoa Joe, Eric Young, AJ Styles et Jay Lethal. Et quelques étages plus bas se trouvaient les super indies comme on les appelait. Ces promotions indépendantes qui servaient de club-écoles pour les deux seules qui avaient la chance de montrer leur produit sur le câble devant des millions d’amateurs: PWG sur la côte ouest américaine; IWA Mid-South et SHIMMER dans le mid-ouest; CZW et JAPW dans l’est; IWS au Québec; et bien entendu, la super indie de toutes les super indies, Ring of Honor. Vieille de six ans, ROH s’était déjà bâtie une solide réputation. Deux de ses anciens champions avaient été au sommet de la WWE et de la TNA durant l’été tandis que deux autres y luttaient régulièrement. Elle utilisait non seulement le meilleur talent disponible en Amérique du Nord, mais aussi à travers l’Europe et le Japon. Bref, sa réputation n’était plus à faire.

Sauf à Montréal.

En février 2005, j’étais présent à Elizabeth dans l’état du New Jersey lorsque Kevin Steen et El Generico ont fait leurs débuts avec ROH. Il s’agissait de mon premier voyage pour aller voir la promotion alors basée à Philadelphie. Les deux Québécois avaient si bien fait qu’ils ont été appelés à revenir au printemps. J’avais décidé de les suivre à quelques reprises et c’est d’ailleurs à ce moment que j’ai fait mon premier voyage avec eux. Malheureusement, par le temps que l’exceptionnel match entre Samoa Joe et Kenta Kobashi survienne le 1er octobre, Steen et Generico n’étaient plus utilisés par le scripteur en chef Gabe Sapolsky. Deux ans plus tard, j’étais de retour dans la même voiture que Steen et Generico en direction de Philadelphie, alors que les deux faisaient un retour pour la ROH, en équipe face aux frères Briscoes. Cette fois-ci, ils n’allaient pas rater leur chance et ont eu sans l’ombre d’un doute le match de la soirée, un match que je regarde encore de temps en temps. Et c’est là que l’aventure Ring of Honor a réellement commencé pour eux.

Promoteur pour la toute première fois!
Lorsqu’arrive l’année 2008, j’avais donc multiplié les voyages pour aller voir la promotion, que ce soit à Boston, Hartford, Philadelphie ou New York, avec ou sans Steen et Generico. J’avais mes accès et je connaissais tout le monde. Un de mes amis était même gêné qu’on ne fasse pas la ligne de plusieurs centaines de personnes lorsqu’on y allait! Les trois personnes les plus importantes dans la compagnie à l’époque étaient le propriétaire Cary Silkin, le vice-président Sydney Eick et la personne en charge des DVD et de leurs distributions, un volet très important en 2008, Ross Abrams. Du lot, j’étais plus près de Syd. C’est lui qui était entre autres en charge d’établir le calendrier et de louer les arénas ou locaux dans les différentes villes où la promotion voulait produire ses événements. Il était déjà ami avec Marc Pilon (Marc le Grizzly), un lutteur et entraîneur bien connu au Québec qui avait commencé à aller voir les shows de ROH avant moi et qui m’avait présenté à tout ce monde-là. Pilon avait d’ailleurs produit en 2004 et 2005 quelques événements de type super indie avec certains des meilleurs lutteurs du Québec et quelques lutteurs de ROH comme Samoa Joe, Austin Aries et CM Punk. Syd était aussi ami avec Max Lanciault, qui luttait sous le nom de Damian au Québec. J’arrivais donc avec de bonnes références. Puis, sous la suggestion de Steen, Syd m’a demandé si je voulais les aider à produire leur premier show à Montréal. Ils en avaient un de planifier à Toronto en juillet (qui fut un énorme succès d’ailleurs) et voulait tester Montréal, surtout avec deux Québécois dans leur alignement.

Je me suis donc afféré à trouver une salle, faire de la publicité localement, j’étais ni plus ni moins le promoteur local, une première pour moi. Je m’étais arrêté sur la salle Jean-Claude Malépart, sur la rue Ontario est, tout près de Frontenac et en face de la station de métro du même nom. Facile d’accès, en plein cœur d’un quartier où la lutte était bien vivante, la salle répondait aux demandes de la promotion. ROH ne pouvait pas se produire dans un bar comme l’IWS faisait à l’époque. Elle avait un certain standing à respecter et puisqu’on s’attendait à une foule considérable, les salles utilisées par les autres promotions au Québec n’étaient pas une option. Tout de même, afin d’aider la publicité de l’événement, je m’étais entendu avec l’IWS pour y passer des flyers en échange d’un match dans l’avant-gala de l’événement.

Puis, coup de théâtre. À quelques jours de l’événement, Sapolsky et la promotion deécidaient de mettre un terme à leur relation. La même journée, elle annonçait qu’Adam Pearce prenait sa place. Montréal deviendra donc le premier show de Pearce dans sa position de scripteur en chef de la ROH. Je me souviens encore de son appel alors qu’on avait discuté du match que l’IWS présenterait (Stupefied, aka Stu Grayson, Don Paysan, Exess et Green Phantom dans un match quadruple menace).

Dans les semaines qui avaient précédé l’événement je sentais une certaine frénésie de la part de certains, mais malheureusement, cette sensation passait deuxième derrière la réaction de la majorité sur les forums de lutte. On se rappelle que nous sommes en 2008, Facebook était présent dans nos vies que depuis un an et était loin d’être ce qu’il est aujourd’hui. Les téléphones intelligents n’étaient pas encore ce qu’ils sont devenus non plus. Les forums de discussions étaient encore très utilisés et l’endroit par excellence afin d’échanger sur la lutte.

Curieusement, sur ces babillards, je suis devenu le porte-étendard de l’enfer, du Diable en personne.

Le Québec aussi bon que ROH…vraiment?!?
J’étais ce Québécois qui soudainement tournait son capot de bord et laissait tomber la fleur de lys pour le « Stars and Stripes » des méchants impérialistes américains. Pour vrai, certaines journées je me disais que ça n’aurait pu être pire si j’avais brûlé le drapeau du Québec en pleine St-Jean!

Ceci dit, les dénigreurs (le terme « troll » n’existait pas encore) en avaient aussi contre les lutteurs de la promotion. L’argument le plus répandu était que les lutteurs de la ROH n’étaient pas meilleurs que le meilleur que le Québec avait à offrir. Les meilleurs lutteurs du Québec étaient aussi bons que les gars de la ROH. La première fois que j’avais lu ces commentaires, je m’étais presqu’étouffé. « Comment peuvent-ils penser ça? Comment peuvent-ils être si chauvins? » Les yeux me saignaient. Parce qu’il faut être chauvin pour penser que le meilleur d’une province de sept ou huit millions pouvait rivaliser avec le meilleur de l’Amérique du Nord, de l’Europe et du Japon. Car c’était ça ROH. On allait chercher le meilleur talent disponible d’un peu partout. Les Briscoes venaient du sud des États-Unis, Jimmy Jacobs du mid-ouest, Roderick Strong de la Floride, Bryan Danielson de la côte ouest, Kenny Omega de Winnipeg, Nigel McGuinness de l’Angleterre et Go Shiozaki du Japon. Oui, le Québec était chanceux d’être aussi bien représenté avec deux lutteurs, mais il ne fallait pas s’emporter non plus. De plus, ROH n’était pas seulement un groupe de lutteurs, ça venait aussi avec une production qui était de beaucoup supérieure à tout ce qui se faisait au Québec. À tous les niveaux, la promotion n’avait pas son égal ici.

J’avais beau argumenter, rien ne fonctionnait. En fait, plus j’argumentais, plus je me faisais critiquer. On me disait que je ne connaissais pas la lutte pour penser ainsi, que j’étais un traître, un vendu, que je ne reconnaissais pas le talent d’ici, que je contribuais à faire mourir la lutte au Québec davantage. Ça venait de partout. De promoteurs, de webmaîtres, de fans et de lutteurs. Je me souviens que j’en parlais à Kevin et on n’en revenait pas. Les gens ne comprenaient juste pas ce qu’était ROH. Normal jusqu’à un certain point alors que très peu de Québécois voyageaient pour voir ROH en direct. Éric Picard et sa gang à Québec. Moi, Jean-François Kelly, Bertrand Hébert et quelques autres de Montréal. Mais somme toute, un très faible pourcentage. La distribution DVD en argent américain et avec les frais de postes devaient aussi avoir eu le dessus sur les fans, le « streaming » n’étant pas ce qu’il est devenu aujourd’hui. Or, ils ne parlaient pas en connaissance de cause, mais était très actifs et très hargneux de voir ROH empiéter sur leur sacro-sainte terre. Comme si ROH était pour prendre le contrôle du territoire tel que la WWE, un autre méchant Américain, l’avait fait 20 ans plus tôt.

Merci Sunny!
C’est finalement Sunny War Cloud, lutteur et promoteur bien connu au Québec, qui est venu à ma rescousse. À l’époque, il avait une chronique qui était lue par toute la communauté de lutte du Québec ou presque et qui s’intitulait « Sous la tente ». Assis en première rangée, il y était pourtant avec les pires des intentions.

Mais contre-toute attente, il a aimé le show!

Dans sa chronique du 15 novembre 2008, il écrivait ceci :

Parlant de champion, ils y en avaient des vrais ce 7 novembre dernier lors du gala de lutte présenté par la ROH et du mentor québécois de cette fédération soit Patric Laprade. Vraiment j’étais content de ma soirée, content de ne pas avoir été floué, content d’avoir vu des gars se défoncer pour le public, content de mon investissement car pour moi c’était important de savoir si le calibre québécois pouvait rivaliser non sans peine avec ces lutteurs Américains. Ma réponse a été claire et c’est un gros NON. Et croyez-moi chers lutteurs Québécois, j’étais avec vous tous à mon entrée au Centre Malépart de Montréal; je voulais trouver du négatif et vous mettre “over” sur toute la ligne, mais je ne suis pas comme les arbitres et juges à la boxe locale.

Sunny avait vu ce que je voyais depuis des années. Des athlètes talentueux, en forme, bref, des lutteurs exceptionnels. Suite à sa chronique, les haineux étaient moins volubiles. On était vraiment à court d’arguments. À l’époque, Sunny, beaucoup plus que moi, était la référence en matière de critiques, d’évaluations et d’analyses. Il n’avait pas la langue dans sa poche et était reconnu pour dire ce qu’il pensait et non pas ce que les gens voulaient entendre. Sa critique de l’événement fut telle que je n’ai plus jamais entendu parler que le meilleur du Québec pouvait valoir le produit présenté par la ROH.

Et la dernière décennie m’a encore plus donné raison.

Pour mieux comprendre, voici la carte de l’événement :

Erick Stevens c. Eddie Edwards
Jay & Mark Briscoe c. Kenny King & Kenny Omega
Necro Butcher c. Brodie Lee
Jerry Lynn c. Delirious
Davey Richards c. Roderick Strong
Austin Aries & Bryan Danielson c. Jimmy Jacobs & Tyler Black)
Le champion ROH Nigel McGuinness c. El Generico c. Go Shiozaki c. Kevin Steen

De ce groupe de 20 lutteurs, on en retrouve six qui sont à la WWE (Brodie Lee = Luke Harper, Bryan Danielson = Daniel Bryan, Tyler Black = Seth Rollins, El Generico = Sami Zayn, Kevin Steen = Kevin Owens et Roderick Strong), en plus de Nigel McGuinness qui a lutté pour la TNA et qui est maintenant commentateur à la WWE, Austin Aries, qui a lutté pour la WWE et Impact, Eddie Edwards et Davey Richards à Impact et Go Shiozaki à NOAH. Oh, ais-je oublié Kenny Omega qui est juste devenu le meilleur lutteur au monde, Jerry Lynn, ancien champion ECW qui était encore un bon vétéran, Delirious qui est devenu le scripteur en chef de la promotion, Jimmy Jacobs qui a travaillé comme scripteur autant à la WWE qu’à Impact et Adam Pearce qui est maintenant un agent à la WWE? Et je ne mentionne même pas les Briscoes, pour qui la réputation n’est plus à faire.

En d’autres mots, un alignement tout étoile!

Mon but n’a jamais été de vouloir dénigrer le talent du Québec. En 2008, à part Steen et Generico, les meilleurs se nommaient Franky the Mobster, Don Paysan, Sylvain Grenier, LuFisto, Samson, Stupefied, Tank, Beef Wellington, Sexxxy Eddy, Exess, Shayne Hawke, Jimmy Stone, Player Uno, Jagged, Shane Matthews, Alex Price, James Kraven et Marko Estrada. Tous des lutteurs avec beaucoup de talent, dont certains font partie de l’élite de la lutte québécoise 10 ans plus tard. Et si en 2008, un promoteur avait monté une carte avec ces 20 noms, ça aurait été un super show. Mais tout comme en 2008 ils ne pouvaient se comparer aux lutteurs de la ROH, dix ans plus tard, leur curriculum vitae ne se compare pas non plus.

Abdullah the Butcher, plus populaire que ROH
Le show avait attiré 493 personnes. Syd était content, surtout pour une première visite. J’étais un peu déçu, sachant que l’IWS avait attiré 400 personnes en janvier et la NCW une assistance similaire à la nôtre au mois de mai. Mais c’était tout de même un vendredi. Un samedi aurait sûrement été meilleur, mais le samedi était réservé pour Toronto, un meilleur marché pour ROH.

On est revenu au mois d’avril, toujours un vendredi au même endroit, avec les Black, Omega, Aries, Jay Briscoe, Strong, Danielson, Richards, Edwards, Steen et Generico, en ajoutant les Chris Hero (Kassius Ohno), Claudia Castagnoli (Cesaro), Colt Cabana et même deux autres Québécois en Franky et Grenier. La foule n’a juste pas suivi. Malgré de la pub à RDS avec Grenier et Steen, seulement 330 personnes y étaient. Deux semaines avant, le match de retraite d’Abdullah the Butcher avait attiré 550 personnes. Sur place, on avait quand même annoncé un autre événement, pour le 24 juillet, avec Ric Flair comme invité spécial. La prévente était tellement mauvaise que quelques semaines plus tard le show était relocalisé à Toronto, avec, pour ajouter l’insulte à l’injure, Steen, Generico, les Super Smash Bros., Franky et Bret Hart en remplacement de Flair. Lorsque la promotion fut vendue à Sinclair Broadcasting, elle s’est relativement rapidement départie de Syd et de Ross, tandis que Cary est devenu un ambassadeur. Kevin y était au sommet, mais la promotion se concentrait sur les marchés où elle avait de la télévision, ce qui qui n’était pas le cas ici. J’ai continué à y aller semi-régulièrement jusqu’à ce que Steen signe avec la WWE.

Ce fut alors la fin de Ring of Honor au Québec.

2008 : trop tôt pour le Québec?
Je crois que le marché québécois n’était tout simplement pas prêt. La promotion était méconnue tandis que le talent et le potentiel de ses lutteurs l’étaient davantage. Je serais curieux de voir ce que ROH pourrait attirer aujourd’hui, avec la forte popularité de la scène indépendante et avec des vedettes telles qu’Omega, les Young Bucks, Cody Rhodes et Hangman Page, sans parler d’Okada, Will Osprey ou Jay White. Ça prendrait certes une présence québécoise, comme les Super Smash Bros. ou Mike Bailey par exemple, mais la présence télévisuelle avec les collègues Stéphane Morneau, Benoit Cossette et Jean-François Kelly aiderait surement. D’ailleurs, c’est à eux que revient la tâche d’évaluer le retour potentiel de la promotion au Québec. Je suis par contre convaincu que plus personne oserait argumenter que le meilleur du Québec peut rivaliser avec ROH en 2018.

Ce fut tout de même une aventure pour laquelle je garde d’excellents souvenirs, principalement quand je regarde un match ou décrit les exploits de plusieurs de ces lutteurs qui étaient là en ce vendredi de novembre. Et encore plus 10 ans plus tard, alors que je peux carrément dire à plusieurs qui vont se reconnaître :

« Je ne suis pas du genre à vous dire que je vous l’avais dit, mais…je vous l’avais dit! »

Resto-Bar
Cette chronique est une presentation du Resto-Bar Coin du Métro. Le Resto-Bar Coin du Métro, 10 719 Lajeunesse, l’endroit par excellence pour tous les événements sportifs tels que le hockey, le soccer, la boxe, la lutte et le football à Montréal! Vous pouvez aussi consulter leur page Facebook.

Bonne lutte à tous et à toutes!

Si vous avez des questions, des suggestions ou des commentaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi au patric_laprade@videotron.ca, sur ma page Facebook ou sur mon compte Twitter ou sur Instagram toujours sous Pat Laprade.

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