Suivez-nous sur Facebook
31/08/2017 | Chroniques

Le Poing: PWI 500, l’année d’Okada et de Kevin Owens

LIRE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
Le Poing: Sexy Star est allée trop loin
LIRE L'ARTICLE SUIVANT
Le Poing: Les « pelleteux de nuages » et le côté obscur de la lutte

Pat Laprade

Pat Laprade

Comme toute liste, peu importe le sujet et le mode de sélection, le classement des 500 meilleurs lutteurs tel que compilé par le Pro Wrestling Illustrated suscite toujours bien des réactions.

Cette année, les réactions sont autres alors que pour la première fois depuis le début du classement en 1991, un lutteur japonais trône au sommet de la liste. En effet, Kazuchika Okada, le champion IWGP de la New Japan fut nommé le meilleur lutteur de l’année de référence prise par le réputé magazine.

Comment le processus de sélection se fait?

Mais avant d’aller plus loin, j’aimerais faire le point sur le processus derrière les sélections. Contrairement à la catégorie du meilleur lutteur dans les prix de l’année du Wrestling Observer Newsletter, des éléments liés aux résultats des matchs sont pris en considération par le PWI, ce qui a toujours donné un aspect plus kayfabe au classement.

Les critères de sélection sont les suivants :

-Fiche victoires/défaites
-Habiletés techniques
-Influence sur le sport
-Succès contre la meilleure compétition possible
-Succès contre la plus diversifiée compétition possible
-Activité

J’ai parlé à l’un des rédacteurs en chef du PWI et aussi celui qui chapeaute tout le processus de sélection, Dan Murphy, et il ajoute à cette liste deux autres critères, mais qui inclus dans parmi ceux qui déjà divulgués, c’est-à-dire l’importance des titres et la visibilité.

« Au niveau des critères, l’importance des titres se retrouvent dans les victoires et les défaites tandis que la visibilité, on la perçoit au niveau de la meilleure et de la plus diversifiée compétition possible », explique Murphy. Plus tu es visible, plus tu risques de lutter contre meilleur que toi et avec une grande variété de lutteurs. Si on prend un lutteur qui ne lutte qu’en Nouvelle-Écosse, il risque de lutter contre Markus Burke, Franky The Mobster et Tyson Dux. Tous de très bons lutteurs. Mais s’il lutte ailleurs, il pourrait lutter contre Adam Cole, Kyle O’Reilly et Joey Ryan et ainsi mieux se classer. »

Maintenant que vous savez sur quoi les lutteurs sont jugés, il faut parler de la période de temps. Contrairement à bien des classements, dans le cas du PWI 500, ce n’est pas l’année calendrier, mais bien du 1er juillet au 30 juin de l’année du classement. Ici, comme nous le fait remarquer Murphy, on doit regarder l’historique du classement et on doit se rappeler qu’il y a aussi une question économique liée à certaines décisions.

« C’est sûr que ce serait aidant d’avoir l’année calendrier. Mais le PWI 500 est sorti pour la première fois à l’été 1991. Et avec notre édition sur les prix de l’année qui sort à la fin de l’année, le PWI 500 est une excellente façon de vendre des magazines durant la période estivale », répond candidement Murphy.

Une fois les critères et la période de temps réglés, il reste le processus comme tel. Les rédacteurs et éditeurs du magazine se rencontrent afin de discuter de la sélection des principaux lutteurs, les 200 premiers environ. Puis, une plus petite équipe travaille ensuite sur les 300 autres. Ils vont communiquer avec des promoteurs de différentes régions afin de tâter le pouls et vont regarder au moins un match de tous les candidats. Contrairement à la croyance populaire, il y a donc un certain travail effectué ici.

Une édition historique : un lutteur japonais au premier rang
Cette année, le magazine a décidé d’y aller avec Kazuchika Okada comme numéro un, une première pour un lutteur du Japon. Murphy explique les raisons derrière ce choix.

« Personne à la WWE ne s’est vraiment démarqué cette année. Roman Reigns et Randy Orton ont eu des hauts et des bas, Brock Lesnar lutte à temps partiel, John Cena a quitté pour une bonne période, AJ Styles et Kevin Owens sont d’excellents travaillants, qui ont eu des pointes très élevées pendant une longue période, mais qui n’ont pu garder ce rythme pendant toute l’année. À l’inverse, Kazuchika Okada a eu deux matchs classés six étoiles par le Wrestling Observer et a été champion IWGP pendant toute l’année. Nous nous sommes dit que si ce n’était pas cette année qu’un lutteur japonais serait couronné, ça n’arriverait juste jamais. »

Encore une fois, comme tout bon magazine ou journal, l’aspect économique peut influencer certaines décisions.

« Puisque le numéro un fait habituellement la couverture de notre magazine, le choix s’est souvent tourné vers un Américain, car les lutteurs d’ici sont plus connus de nos acheteurs et le magazine se vend davantage. Mais cette année, avec la mondialisation de la lutte, la présence de New Japan, la promotion numéro deux au monde, sur un réseau de télévision américain, c’était le meilleur choix », explique-t-il.

Cette décision a d’ailleurs fait réfléchir Murphy.

« En 1997, personne, selon nos critères, n’avait été dominant à la WWE, à la WCW et à la ECW. Alors on avait jeté notre dévolu sur Dean Malenko, qui avait été le plus constant dans une division Cruiserweight qui était en plein essor à l’époque à la WCW. En rétrospective, on s’est trompé. On aurait dû choisir Mitsuharu Misawa. »

Une année difficile pour les lutteurs indépendants
Avec de plus en plus de lutteurs signés par la grande famille de la WWE – Raw, SmackDown Live, 205 Live, NXT, tournoi U.K. – et avec des super indies comme ROH, PWG, Evolve et Progress, il est de plus en plus difficile pour un lutteur indépendant qui ne lutte pas pour ces promotions de se démarquer dans le classement.

« Ce fut l’année la plus difficile pour un lutteur indie, soutient Murphy. Contrairement aux autres années, on voit des lutteurs indépendants bien établis sortir dans les 300 et 400, car les lutteurs signés par la WWE et la force derrière les super indies font en sorte que ces lutteurs se font classer plus loin. On va voir le même phénomène avec le Female 50 alors que pour la première fois cette année, des lutteuses de partout dans le monde seront considérées, ce qui va rendre le tout plus difficile pour les filles des indépendantes. Nous essayons autant dans l’un que dans l’autre de nos classements d’honorer les plus méritants. »

Qu’en est-il de nos Québécois?
Pour ce qui est du Québec, pas moins de 14 lutteurs se sont classés cette année, la moyenne depuis cinq ans.

Au sommet des Québécois se trouve bien évidemment Kevin Owens, classé troisième cette année, son plus haut classement en carrière. Il devient par le fait même le premier Québécois depuis Chris Benoit en 2004 et le seul autre à avoir été voté dans le top 3. Il est également le premier Québécois à avoir été voté dans le top 10 trois années consécutives (10e en 2015, 6e en 2016); ses 12 années consécutives dans le classement le positionne en tête de liste, à égalité avec Sami Zayn; et leurs 12 années en carrière leurs concèdent le troisième rang, derrière Franky the Mobster avec 13 et Chris Benoit avec 15.

« La constance d’Owens est la principale raison de son classement, explique Murphy. Qu’il soit champion ou aspirant, en finale ou en milieu de carte, il livre la marchandise à chaque fois. Il arrive aussi à éviter les blessures. Son titre Universel, le plus gros titre dans le monde de la lutte, sa rivalité avec Chris Jericho et le fait qu’il soit demeuré une menace à un titre après sa défaite contre Goldberg ont aussi pesé très fort dans la balance. »

Parmi les autres Québécois, notons la cinquième année consécutive de Scott Parker, Big Magic, Thomas Dubois et Mathieu St-Jacques, la septième année consécutive d’Evil Uno ainsi que la première présence de Sufer Mitch Thompson. Matt Angel est celui qui a obtenu la plus grande ascension avec un bond de 97 places au classement, alors que Marko Estrada et Mike Bailey s’y retrouvent chacun pour la quatrième fois de suite.

Parlant de Bailey, il avait réussi un rare exploit pour un lutteur indépendant du Québec l’an dernier en se classant parmi les 150 premiers, au 145e rang. Par contre, cette année, il a subit une nette dégringolade en étant classé 249e, ce qui n’a rien à voir avec son talent, comme nous explique Murphy.

« Pour Bailey, c’est sûr que sa baisse au classement est directement liée à son interdiction de lutter aux États-Unis. Il n’a pas été en mesure de lutter aussi souvent contre la meilleure compétition et contre la plus diversifiée. Parallèlement, plusieurs lutteurs du Royaume-Uni par exemple ont eu la chance de lutter aux États-Unis et de travailler dans le plus gros marché au monde. Alors ce n’est rien contre son talent. Il est un lutteur incroyable. Mais selon nos critères, il devait être classé plus bas. »

Notons que d’un point de vue général, il s’agit de la première fois que six représentants du Québec se classent parmi les 300 premiers. Le record pour le plus grand nombre de Québécois dans la liste a été établi en 2007 avec 21, alors qu’on dénote plus de 60 lutteurs québécois ayant fait partie du classement depuis 1991.

Prendre le tout au sérieux, mais avec un grain de sel
En terminant, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un classement basé sur l’opinion de certaines personnes et comme tout classement, il est subjectif. Il faut en prendre et en laisser. Faire la liste est un bel accomplissement, mais il ne faut pas virer fou avec ça. L’inverse est aussi vrai. Mais pour une grande majorité de lutteurs, qui n’auront jamais la chance de gagner leur vie avec la lutte professionnelle, il s’agit d’une belle attention et d’un souvenir qu’ils pourront chérir lorsque leurs vieux jours viendront.

Voici en terminant le top 10 ainsi que la liste des autres Québécois y faisant partie.

1-Kazuchika Okada
2-AJ Styles
3-Kevin Owens
4-Roman Reigns
5-Kenny Omega
6-Shinsuke Nakamura
7-Dean Ambrose
8-Samoa Joe
9-Bobby Roode
10-The Miz

41-Sami Zayn
249-Mike Bailey
261-Marko Estrada
279-Mathieu St-Jacques
295-Matt Angel
369-Big Magic
376-Thomas Dubois
385-Scott Parker
389-Franky the Mobster
394-Surfer Mitch Thompson
396-Stu Grayson
403-Evil Uno
421-Travis Toxic

Resto-Bar
Cette chronique est une presentation du Resto-Bar Coin du Métro. Le Resto-Bar Coin du Métro, 10 719 Lajeunesse, l’endroit par excellence pour tous les événements sportifs tels que le hockey, le soccer, la boxe, la lutte et le football à Montréal! Vous pouvez aussi consulter leur page Facebook.

Bonne lutte à tous et à toutes!

Si vous avez des questions, des suggestions ou des commentaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi au patric_laprade@lutte.quebec, sur ma page Facebook ou sur mon compte Twitter.

RÉAGISSEZ CI-DESSOUS

commentaire(s)

LIRE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
Le Poing: Sexy Star est allée trop loin
LIRE L'ARTICLE SUIVANT
Le Poing: Les « pelleteux de nuages » et le côté obscur de la lutte