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05/12/2020 | Chroniques

Le Poing: Pat Patterson, la légende qu’était le Rêve du Québec

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Pat Patterson a été l’une des figures marquantes de l’histoire de la lutte. Personne ne peut remettre ça en doute. Il a été l’un des meilleurs lutteurs dans l’arène. Il avait une compréhension de la psychologie de la lutte comme personne d’autre, en plus d’être très crédible autant dans la façon qu’il donnait ses coups que dans la façon qu’il les recevait. Il a formé avec Ray Stevens l’une des meilleures équipes de tous les temps, la meilleure au moment où le duo était actif.

Mais toute cette réputation, toutes ces connaissances, il les avait lorsqu’il est revenu au Québec en 1980. Et c’est sur cette période que je veux me concentrer aujourd’hui. Mais pour ce faire, nous devons revenir un peu en arrière.

Prélude
Le Québec n’était pas étranger à Pat lorsqu’il revient au début de la décennie 80.

Ayant grandi à Montréal, au coin des rues Dufresne et Rouen, on lui avait donné un billet gratuit pour un spectacle de lutte alors qu’il était encore un enfant. Il ne savait pas ce qu’était la lutte puisque sa famille n’avait pas de téléviseur à la maison. C’est alors que Pat a vu Buddy Rogers et Edouard Carpentier et est tout simplement tombé en amour avec la lutte. Il avait trouvé sa vocation. Son premier emploi dans le monde de la lutte a été de vendre des hot-dogs à un spectacle local, n’importe quoi pour voir de la lutte gratuitement. Il a aussi commencé à traîner autour du Forum de Montréal et une fois, Killer Kowalski, l’une de ses idoles, l’a laissé porter sa valise et Pat est entré au Forum avec lui, un souvenir qu’il n’oubliera jamais.

Vers l’âge de 14 ans, il a commencé à s’entraîner aux célèbres Loisirs St-Jean-Baptiste, rue Rachel à Montréal, où plusieurs lutteurs québécois ont appris leur métier. C’était avant que Pat Girard n’y devienne entraîneur. En fait, Patterson ne s’est jamais entraîné en même temps que Ronnie et Terry Garvin comme le veut la rumeur. Même Pat ne sait pas où cette rumeur a commencé.

Le 27 septembre 1958 au Palais des Sports de Montréal, Patterson à maille à partir avec Gilles "Cyclone" Samson, devant l'arbitre Ted Lebel crédit: collection Sylvain Samson

Le 27 septembre 1958 au Palais des Sports de Montréal, Patterson à maille à partir avec Gilles “Cyclone” Samson, devant l’arbitre Ted Lebel
crédit: collection Sylvain Samson

C’est aux Loisirs qu’il a obtenu ses premiers matchs, en 1958, à l’âge de 17 ans. Une fois, il luttait contre un gars nommé Fred Sauvé et après être tombé à l’extérieur de l’arène, il a pris une bouteille de Coke, l’a cassée sur le poteau de ring et est entré avec sur le ring. Il a été arrêté par à peu près tout le monde là-bas et a fini par être congédié des Loisirs à cause de cela.

Toujours à l’école Jean-Baptiste Meilleur sur la rue Fullum, il a réalisé que l’un de ses camarades de classe était le fils de Sylvio Samson, Gilles. Sylvio Samson était un des plus importants promoteurs de l’ère de la « p’tite lutte », nommée ainsi car les lutteurs étaient surtout des mi-lourds. Il présentait des spectacles dans de plus petits amphithéâtres un peu partout au Québec. Les meilleurs mi-lourds faisaient les finales des shows à Samson et parfois, ils travaillaient dans les préliminaires au Forum, où principalement des poids lourds se produisaient. Au moment où il se fait congédier des Loisirs, il avait déjà commencé à s’entraîner au Palais des Sports, rue Poupart à Montréal, où Samson présentait une grande partie de ses spectacles. Il s’entrainait aussi secrètement avec Gilles Samson, puisque le père de ce dernier ne voulait pas qu’il se lancent dans la lutte professionnelle. Alors quand Sylvio en a entendu parler, Pat est retourné aux Loisirs, où Pat Girard avait commencé à être entraîneur. Il n’y est pas resté longtemps, est retourné chez Samson et a convaincu le paternel de laisser son fils lutter, ce qu’il a fait. Samson, sous le nom de Gilles « Cyclone» Samson, deviendra l’un des adversaires les plus réguliers de Pat en ce début de carrière. C’est d’ailleurs pour Sylvio que Patterson a commencé à se produire plus régulièrement.

Il a utilisé le nom de Pat Patterson dès ses premiers matchs en 1958 aux Loisirs, haïssant son vrai nom. Il prit le prénom de Pat Smith des frères Smith qui travaillaient pour Samson. Pour son nom de famille, il prit la section des noms propres d’un dictionnaire, ferma les yeux, tourna les pages, ouvrit les yeux au hasard, et le nom qu’il vit était Patterson. Il trouvait que Pat Patterson sonnait bien et ne l’a jamais changé. Né Pierre Clermont, il changera son nom légalement e 2009 pour Pat Patterson.

Alors qu’il travaillait pour Samson, il a rencontré Maurice Vachon pour la première fois. Patterson avait peur de lui, parce que Vachon pouvait être intimidant, mais Maurice aimait bien Patterson et lui a dit qu’il deviendrait un bon lutteur un jour.

À peu près au même moment où il travaillait pour Samson, il a aussi dit à ses parents qu’il était amoureux d’un autre garçon. Sa mère était heureuse pour lui, mais étant un homme de son temps, son père ne l’était pas. Ce serait le début d’une lutte de toute une vie avec son père, avec qui il a fini par se réconcilier des années plus tard.

Un jour, en 1961, le promoteur de Boston Tony Santos était venu à Montréal à la recherche de nouveaux talents et Patterson lui a dit, avec son anglais très limité et un fort accent, qu’il voulait y travailler. Santos lui a donné sa carte, Patterson a emprunté 20 $ à l’une de ses sœurs et a quitté Montréal dans un autobus Greyhound pour Boston. Les choses n’étaient pas plus faciles à la maison avec son père et il avait hâte de déménager. En plus de cela, il n’était pas évidenent pour un lutteur québécois de gagner sa vie à la maison si on ne luttait pas au Forum. Plusieurs comme Vachon, Hans Schmidt, Sammy Berg et beaucoup d’autres ont dû s’exiler aux États-Unis pour y gagner leur vie.

Maurice Vachon l’a par la suite fait venir à Portland en Oregon et c’est à ce moment que la carrière de Pat a réellement décollée. S’en ait suivi San Francisco, la Floride, Minneapolis, le Japon, New York et j’en passe, avant qu’il ne fasse un retour au Québec.

Les débuts du Rêve du Québec
Patterson est revenu à Montréal en 1980.

Après la fermeture des As de la Lutte au printemps 1976, Jack Britton, le père de Gino Brito, un ancien lutteur devenu promoteur qui avait entre autres été le promoteur pour les lutteurs nains pendant des années, avait pris le contrôle du territoire en 1977. Cependant, il n’avait pas d’émission à la télévision et même s’il utilisait des talents comme Eddie Farhat Jr (le fils du Sheik), Bepo Mongol (Nikolai Volkoff), Abdullah the Butcher, The Sheik, Khosrow Vaziri (Iron Sheik), Grizzly Adams et Matsuo Yoshida (Riki Choshu), ainsi que des Québécois comme Raymond Rougeau et les frères Vachon, il n’arrivait pas à attirer des foules considérables.

Il perdait en moyenne de 2 000$ à 3 000$ tous les lundis soir en présentant ses événements au centre Paul-Sauve. La promotion pouvait à peine se permettre de rouler dans une autre ville, car elle n’avait pas de télévision pour l’aider à se sortir de cette situation. Toutefois, le 11 février 1980, Britton a présenté un spectacle qui était non seulement rentable, mais qui a aussi attiré plus de 2 000 personnes, soit deux fois plus qu’à l’habitude. La promotion avait mis l’emphase sur une finale entre Pat Patterson et Lou Albano. Tous les deux étaient reconnus à Montréal par l’entremise de la station de télévision ABC Burlington, au Vermont, qui présentait les événements de la WWF et que nous recevions sur nos ondes.

Malheureusement, Jack Britton est décédé la veille, le 10 février, à l’âge de 63 ans, et n’a jamais pu voir le fruit de son succès. Son fils Gino Brito a alors hérité de la compagnie.

Gino Brito a passé deux jours avec le comptable Joe Bélanger, essayant de déterminer s’il avait besoin d’aide ou s’il allait se retrouver dans la même situation que son père. Gino Brito ne voulait pas faire les mêmes erreurs que son père avait commise et a décidé de demander une rencontre avec Vince McMahon père afin de trouver des investisseurs. Brito connaissait assez bien McMahon, car il avait travaillé pour lui quelques années auparavant sous le nom de Louis Cerdan, remportant les titres par équipe de la WWWF avec Tony Parisi dans les années 1970. Peu de temos avant, Frank Valois avait été remplacé par Arnold Skaaland aux côtés du Géant Ferré et McMahon cherchait à placer Frank Valois quelque part. Il voyait en Montréal une occasion pour Valois de rester impliqué dans le monde de la lutte. Il a donc dit à Brito que Valois cherchait à rentrer chez lui et puisqu’André était encore près de Valois, il s’est aussi joint à l’aventure. Rapidement, Gino leur a offert 40 % de la compagnie et une entente a été conclue pour André et Valois, qui ont acheté 20 % du territoire chacun. La compagnie allait s’appeler Promotions Varoussac, mais allait être mieux connue des années plus tard sous le nom de Lutte Internationale.

Au même moment, McMahon demandait à Patterson de se rendre à Montréal pour s’assurer que les meilleurs intérêts d’André allaient être pris en charge.

Pat et son plus grand rival au Québec, Raymond Rougeau crédit: Linda Boucher

Pat et son plus grand rival au Québec, Raymond Rougeau
crédit: Linda Boucher

Raymond Rougeau, de partenaire à adversaire
C’est donc en mai 1980 que Patterson a commencé à faire équipe avec Raymond Rougeau, tous les deux en babyfaces. Le 2 juin, à Montréal, ils ont défait Gilles Poisson et Serge Dumont pour remporter les titres par équipe. Deux jours plus tard, les deux équipes se sont affrontées à Québec dans un match revanche, dans ce qui était la première carte de lutte à Québec en quatre ans. La lutte reprenait tranquillement du poil de la bête.

Une fois, Pat et Raymond voyageaient ensemble en revenant de Québec. Patterson s’est arrêté pour prendre un six-pack de bières pour la route. Rougeau, qui ne boit pas, a pris un lait au chocolat.

« Pat me regardait avec mon lait au chocolat et pensait que j’étais bizarre, se souvient Rougeau. Puis, il m’a demandé de lui ouvrir une bière et j’ai dit non, j’en bois pas et j’en n’ouvre pas non plus ! Pat m’a regardé et il croyait que je plaisantais. Mais ce n’était pas le cas. Alors il m’a demandé encore. Et je lui ai dit exactement la même chose. J’en bois pas et j’en n’ouvre pas une! Pat m’a regardé et il n’était pas sûr. Il regardait la route, puis me regardait, puis regardait à nouveau la route, puis il me dit : ‘T’es un crisse de malade !’ Il a fini par ouvrir sa bière lui-même. Quarante ans plus tard, il racontait encore cette histoire chaque fois que nous étions ensemble! »

Après avoir passé l’été à Montréal, Rougeau et lui ont perdu les titres et Patterson a quitté le territoire pour retourner à New York.

Pat et son partenaire dans sa rivalité avec les Rougeau, Pierre Lefebvre crédit: Bernard Brault

Pat et son partenaire dans sa rivalité avec les Rougeau, Pierre Lefebvre
crédit: Bernard Brault

Il revient en 1982, remportant à nouveau les titres par équipe avec Raymond Rougeau, le 19 avril à Montréal, contre Gilles Poisson et Sailor White. C’est au cours de ce séjour, en juin, que Patterson s’est retourné contre Rougeau et s’est allié à l’un des principaux adversaires de Raymond, Pierre « Mad Dog » Lefebvre.

C’est aussi à ce moment qu’il a pris le surnom du « Rêve du Québec ». Comme Pat Patterson ne sonnait pas du tout français, il s’est inspiré du surnom de Dusty Rhodes, The American Dream, et s’est surnommé le Rêve du Québec, qui fontionnait parfaitement pour un heel arrogant qui voulait faire suer la foule locale.

Fort d’une émission hebdomadaire en français à la télévison depuis la fin de l’année 1980, le 26 juillet 1982, la lutte était de retour au Forum de Montréal après une absence de six ans. La carte avait été bien ficelée par Brito et son équipe. Il s’agissait d’un clin d’œil à l’apogée des années 1970. De Lutte Grand-Prix, il y avait Dino Bravo, Gino Brito, Mad Dog Vachon, Édouard Carpentier, le Géant Ferré, Gilles Poisson, Blackjack Mulligan et Yvon Robert Jr. comme arbitre spécial, tandis que des As de la Lutte on y retrouvait Abdullah the Butcher, Eddy Creatchman, Raymond Rougeau et son père Jacques. Il y a eu quatre finales ce soir-là : Ferré contre Stan Hansen, le champion Dino Bravo contre Abdullah, Ricky Martel contre Billy Robinson et le premier match en simple entre Rougeau et Patterson, qui s’est soldé par un verdict nul. Le spectacle a été un succès et a attiré 14 175 fans.

Patterson et Rougeau ont pour leur part continué leur rivalité. Puisque les deux étaient champions par équipe, ils ont dû chacun se choisir un partenaire avant de s’affronter afin de couronner une nouvelle paire de champions. Patterson a fait équipe avec Lefebvre tandis que Rougeau s’associait à Billy Jackson. Les vilains ont remporté les titres, mais peu de temps après, les ont perdus contre Gino Brito et Tony Parisi.

« Un soir à Rimouski, j’ai proposé de faire un match de boxe contre Raymond Rougeau et d’en faire un match de 10 rondes, racontait Patterson dans son autobiographie, Accepted. Après trois rondes, je n’en pouvais plus. Je ne savais pas que Raymond avait une vraie formation de boxe. Je ne pouvais pas le toucher et lui, il m’en envoyait une dans la face de temps en temps. Alors j’ai dit de la marde, j’ai pris une chute et je suis resté au sol pour le compte. Tous les boys regardaient et tout le monde riait à mes dépens pour une fois! »

Pour affronter Patterson et Lefebvre, Rougeau faisait aussi parfois équipe avec Mad Dog Vachon, qui était lui-même en rivalité avec Lefebvre en lien avec le surnom « Mad Dog », ou bien avec un autre Québécois fort populaire, Ricky Martel. Raymond et Pat ont aussi eu des matchs en simple, dont des matchs marathons, précurseur des ironman matchs. Un match marathon était d’une durée d’une heure et le gagnant était celui qui obtenait le plus de chutes ou de soumissions sur son adversaire.

« Pat était tellement un bon général dans le ring pour ces matchs, se souvient Rougeau. Il disait que nous n’étions pas pressés, que nous devions le faire étape par étape, mais que nous allions terminer au sommet. Et nous l’avons fait. Il avait un tel esprit créatif. »

Patterson a eu quelques matchs en simple contre d’autres lutteurs que Rougeau. Il en a eu contre Dino Bravo et il a aussi une rivalité pour le nom du « Rêve du Québec » avec The Destroyer, alors que ce dernier vendait des t-shirts « Rêve du Québec » dans le but de faire suer Patterson.

À cette époque, le Géant Ferré avait décidé de vendre ses parts de la compagnie à la suite d’une querelle avec Dino Bravo. Pat Patterson voulait acheter les parts d’André, mais Bravo les voulaient aussi, et Brito, qui connaissait Bravo depuis que ce dernier était tout petit, l’a choisi.

« Si j’avais pris Pat comme partenaire au lieu de Bravo, ça aurait pu changer beaucoup de choses pour moi et pour la promotion », me disait Brito, qui a vu Patterson une dernière fois il y a quelques années, lors d’un lunch organisé par Sylvain Grenier, Bertrand Hebert et moi-même. Les deux se vouaient un respect mutuel et s’étaient revus à un événement de la TOW quelques années auparavant. J’avais assisté à ces retrouvailles et les deux étaient tellement contents de se voir. À la fin des années 1980, lorsqu’Édouard Carpentier, qui faisait les commentaires en français, mais qui était aussi le promoteur local à Montréal, avait été suspendu par la WWF, Patterson avait suggéré Gino Brito pour le poste de promoteur, puisque Lutte Internationale avait déclaré faillite à l’été 1987.

« C’est quelque chose que je n’ai jamais oublié, a dit Brito. Je serai toujours reconnaissant envers Pat pour cela. »

Patterson a quitté le territoire au début de 1983 pour revenir en avril et cette fois, il allait avoir une rivalité avec les trois frères Rougeau, luttant contre Jacques Jr. ainsi qu’Armand. Lors du spectacle troisième anniversaire de Varoussac, le 30 mai 1983, Patterson, Lefebvre et Billy Robinson avaient d’ailleurs affronté les trois frères Rougeau dans la finale.

Une prise dévastatrice de Pat Patterson à Montréal, la marteau pilon, devant l'arbitre Adrien Desbois crédit: Bernard Brault

Une prise dévastatrice de Pat Patterson à Montréal, la marteau pilon, devant l’arbitre Adrien Desbois
crédit: Bernard Brault

Le 11 juillet, Patterson et Lefebvre ont défait les frères Rougeau pour remporter les titres. Deux semaines plus tard, le 25 juillet au Forum, trois finales étaient à l’affiche. Dino Bravo affrontait Superstar, le Géant Ferré faisait face à Blackjack Mulligan tandis que dans le dernier match de la soirée, Patterson et Lefebvre perdaient contre Raymond et Jacques, avec leur père Jacques dans leur coin. Le spectacle a attiré 18 347 fans, la plus grande foule à Montréal depuis 1973. Trois jours plus tard, Patterson et Lefebvre contre les Rougeau, Ferré contre Superstar et Bravo contre Abdullah attiraient 13 000 personnes au Colisée de Québec.

Mais toute bonne chose a une fin. Le 12 décembre, après avoir passé la majeure partie de l’année 1983 à Montréal, Patterson et Lefebvre perdaient les titres une fois de plus contre Brito et Parisi. C’était le dernier match de Patterson avec la compagnie, car Vince McMahon voulait que ses gars travaillent exclusivement pour lui et voulait que Pat travaille avec lui à temps plein en arrière-scène.

Les débuts de la WWF à Montréal
Patterson est revenu deux fois à Montréal en 1984.

McMahon n’avait pas encore une émission de télé en français au Québec et n’était pas capable non plus d’obtenir des dates au Forum de Montréal, loyal à Lutte Internationale. McMahon a donc utilisé l’Auditorium de Verdun pour y tenir des enregistrements télés pour sa télévision anglophone au Canada. Les deux événements étaient dirigés par Patterson, qui s’occupait de la mise en scène.

Lors du premier événement, le 31 mai, le tout nouveau champion de la WWF, Hulk Hogan, faisait face à David Schultz en finale. Utilisant un mélange de talents de la WWF tels que George Steele, Jesse Ventura, Bob Backlund, Tony Garea, Paul Orndorff et Mr. Fuji, ainsi que des talents locaux comme Jacques Rougeau Jr., Willie Tremblay et Dan Ferris, l’événement avait attiré sa part de spectateurs, mais n’avait pas créé l’engouement que Lutte Internationale obtenait pour un de ses spectacles au Forum. Patterson pour sa part avait affronté Salvatore Bellomo.

La présence de Jacques Rougeau est quelque peu surprenante, lui qui luttait pour Gino Brito et son organisation l’année précédente.

C’est qu’en août 1983, Raymond, Jacques et Armand avaient décidé de donner leur démission à Brito et de quitter Lutte Internationale. La raison? Dino Bravo, fraichement devenu partenaire avec Brito et Valois au début de l’année, n’avait pas respecté la promesse faite aux trois frères, celle de les mettre dans les finales et de leur donner les titres par équipe. Tannés d’être dans les milieux de cartes, les Rougeau avaient donc décidé de quitter.

Après avoir pris un peu de temps de repos, Jacques était parti lutter en Alabama alors que Raymond et Jacques étaient demeurés en pause et avaient passé l’hiver en Floride.

Deux personnes qui se vouaient un respect mutuel: Pat et Gino Brito

Deux personnes qui se vouaient un respect mutuel: Pat et Gino Brito

Après avoir parlé à Brito et s’être entendus que dorénavant, ils ne feraient affaire qu’avec lui au lieu de Bravo, Raymond et Armand étaient revenus pour la compagnie en avril 1984. Jacques, mécontent de voir que ses frères étaient de retour avec Lutte Internationale, avait accepté l’offre de Pat Patterson de se joindre aux enregistrements de la WWF à Verdun.

Parallèlement à cela, Lionel Provost, un lutteur qui était devenu promoteur au centre Poupart – le nouveau nom des Palais des Sports qu’utilisait Sylvio Samson – s’était lié d’amitié à Patterson lorsque les deux travaillaient au centre Paul-Sauvé. À chaque fois que Pat arrivait de New York, il appelait Provost et l’invitait à venir le rejoindre chez l’une de ses sœurs sur la rue DeLorimier.

Les deux discutaient de la possibilité de faire venir des lutteurs de la WWF à Poupart afin de mousser les enregistrements à Verdun. En retour, conseillé par des vétérans de la scène locale, Provost avait demandé un pourcentage sur les recettes de Verdun. Lorsque Patterson est revenu avec cette proposition à McMahon, elle fut balayée du revers de la main. Évidemment, Vince ne pensait pas de la même manière que les vétérans du monde de la lutte.

« Je me suis fait mal conseillé, tout simplement », dira Provost 36 ans plus tard.

Qu’à cela ne tienne, Patterson a quand même demandé à Provost de lui fournir du talent pour ses enregistrements. C’est ainsi que certains talents locaux, dont Sunny War Cloud, avait eu l’opportunité de travailler sur le show.

Le second événement a eu lieu le 21 juin, au même endroit, avec une finale opposant Hogan au Québécois René Goulet. On y retrouvait également Ventura, Big John Studd, Steele, Orndorff, Ivan Putski, de même que les Québécois Jim Kelly, Claude Roy et Sunny War Cloud. Jacques Rougeau manquait à l’appel pour cette seconde mouture, ayant pris la décision de rejoindre ses frères. Il sera de retour pour Lutte Internationale le 25 juin, soit quatre jours plus tard, et le 2 juillet, Raymond et lui remportaient les titres par équipe.

« J’avais vu Jacques et il m’avait dit de dire à Pat de le remercier pour tout, mais qu’il retournait pour l’office », se souvient Sunny War Cloud.

L’annonceur maison local était Fernand Ste-Marie, qui s’était également joint à Paul Vachon aux commentaires pour le réseau CFCF-12. Patterson a pour sa part lutté contre SD Jones. Le spectacle, bien que rempli aux trois-quarts, n’a pas fait plus d’éclats que le premier et McMahon ne reviendra à Montréal qu’en août 1985.

Un des bon heels que le Québec ait connu! crédit: Bernard Brault

Un des bon heels que le Québec ait connu!
crédit: Bernard Brault

C’est justement à ce moment-là que la WWF et Lutte Internationale ont organisé des spectacles conjoints, soit d’août 1985 à janvier 1986. C’était la seule façon pour McMahon et Patterson de faire leur entrée au Forum, les dirigeants de l’amphithéâtre ne voulant pas tasser Brito et sa bande. Mais en janvier 1986, un échange est effectué. La WWF obtenait le Forum de Montréal en échange du Colisée de Québec, que Lutte Internationale ne pouvait plus utiliser depuis que la WWF l’avait pris à l’été 1985. Depuis décembre 1984, l’organisation de Vince McMahon avait une émission autant en français qu’en anglais au Quéec. Il ne manquait donc que la Mecque de la lutte montréalaise pour être en mesure de faire à Montréal ce qu’ils avaient fait partout ailleurs. Ce fut le début de la fin pour Lutte Internationale, alors que d’ici la fin de l’année, les Rougeau, Dino Bravo et Ricky Martel allaient tous faire le saut vers le gazon plus vert de la WWF.

« Si la WWE voulait rouler à Montréal, nous avions besoin de vedettes locales, c’est pourquoi nous avons obtenu les frères Rougeau, Dino Bravo et Rick Martel, a écrit Patterson dans son livre. Il ne s’agissait jamais d’amener mes amis à New York comme certains disent ou pensent. Nous avions une entreprise à gérer et la WWE a réussi à utiliser le Forum de Montréal tous les mois pendant des années parce que nous avons fait ce qui devait être fait. »

Le 24 Février 1986, lors du premier événement en solo de la WWF au Forum, Patterson faisait les frais de la finale, une bataille royale, avec entre autres Mad Dog Vachon.

À l’approche de l’événement, Maurice avait fait la promotion de la vente de billets en intensifiant sa rivalité avec Patterson à la télévision: la question était de savoir qui devrait animer le segment du Brunch. Serait-ce le « Brunch du Rêve du Québec » ou le « Brunch à Mad Dog »?

Pour le marché francophone du Québec seulement, Patterson était l’hôte d’un segment de type talk-show appelé « Le Brunch de Rêve du Québec », dans lequel il interviewait entre autres des babyfaces anglophones et les insultait ensuite en français. Ces segments étaient vraiment drôles et les amateurs en ont gardé de bons souvenirs. C’est également à travers ces segments que Patterson pouvait continuer sa rivalité avec les Rougeau, alors qu’il les appelait des mangeux de hot dogs et leur chantait cette fameuse ritournelle « Ne pleure pas Rougeau, à la zim boum boum, à la zim boum boum, ne pleure pas Rougeau, je n’te ferai pas mal! » que vous pouvez voir dans cet extrait.

Maurice avait donné des entrevues avant le spectacle, laissant savoir sa haine pour son rival.

« Il y a juste une chose que je n’aime pas chez Pat Patterson : c’est le fait qu’il respire ! Il n’est pas le rêve du Québec — non, c’est le cauchemar du Québec! »

Pendant la bataille royale, Maurice avait été éliminé et s’était dirigé vers le vestiaire, pour finalement revenir sur le ring peu de temps après brandissant une chaise. Il avait frappé la tête de Pat Patterson avec celle-ci, permettant ainsi l’élimination du rêve du Québec, au grand plaisir de la foule. Quelque 17 300 partisans avaient rempli les gradins pour assister à cet événement. Il s’agissait d’un spectacle important pour la WWF et les bulletins de nouvelles télévisées de fin de soirée étaient tous en effervescence au sujet de la présence de Maurice.

Toujours en 1986, le 21 octobre, Patterson luttait dans la finale en équipe avec Greg Valentine et Brutus Beefcake contre les 3 frères Rougeau devant 12 650 partisans. Huit mois plus tard, le 29 juin 1987, jouant toujours la rivalité Patterson-Rougeau, il a fait équipe avec Bravo et Valentine pour affronter Jacques et Raymond dans un match handicap.

Le 10 août 1987, Patterson a défait Brutus Beefcake et quelques semaines plus tard, le 31 août, ils ont eu un match revanche, dans la finale de la soirée au Forum avec Mr. T. comme arbitre invité. Beefcake a remporté le match devant 14 624 partisans. Ce sera le dernier match de Patterson jusqu’à son rôle de stooge à la WWF 11 ans plus tard.

S’il avait eu des débuts modestes 30 ans auparavant, il terminera sa carrière en finale au Forum, l’endroit où il allait voir ses idoles, les Buddy Rogers et les Killer Kowalski, alors que devenir lutteur n’était encore qu’un rêve.

Postlude

Pat avec celui qu'il considérait comme son fils adoptif, Sylvain Grenier

Pat avec celui qu’il considérait comme son fils adoptif, Sylvain Grenier

En raison de son amitié avec Sylvain Grenier, lorsque la TOW, propriété de Grenier, Marc Blondin et Jean-François Kelly, a fait quatre émissions pilotes à RDS en décembre 2013 afin de tenter de ramener la lutte locale à la télévision francophone, Patterson a repris son rôle et a fait son segment du « Brunch du Rêve du Québec », mettant en valeur des talents locaux tels que Joey Soprano, le Eddy Creatchman du circuit indépendant québécois. Loyal comme il l’était à Vince, il lui avait demandé sa permission avant, permission qu’il avait obtenue. C’est alors qu’il a rencontré Bertrand Hébert, qui était le scripteur en chef des émissions, et qui a fini par écrire l’autobiographie de Pat, mais surtout, de devenir son ami.

« Après cela et après avoir lu Mad Dogs Midgets et Screw Jobs, notre livre sur l’histoire de la lutte au Québec, il voulait que je sois son écrivain pour son livre alors qu’il était sur le point de congédier un autre écrivain qui lui avait été assigné par la WWE, explique Hebert. Il m’a vraiment choisi parce qu’il savait que je pouvais juste écouter ses histoires sans avoir besoin d’une explication sur qui était Sylvio Samson ou Dolph Ziggler. Il s’est passé sept mois entre l’entrevue et la confirmation que j’avais le poste, donc je n’étais clairement pas le premier choix de la WWE, mais j’étais le seul choix de Pat. Il n’était pas toujours facile à gérer, mais il était toujours amusant. »

La TOW aura aussi permis à des bookers en herbes comme Bertrand, Patrick Lono et moi-même de pouvoir échanger avec la personne qui était pour nous l’ultime booker, l’utlime scripteur en chef, un Dieu. Je me souviendrai toujours de mon premier meeting de booking chez Marc Blondin à Blainville et Pat y était. À un moment donné, Sylvain Grenier et moi argumentions sur un point et Pat avait fini par dire: The kis is right! Le kid, c’était moi! La personne la plus respectée dans le domaine, un génie de la lutte m’avait donné raison à moi?! J’avais le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Même son de cloche pour Lono, qui a longtemps animé et occupé le poste de matchmaker pour l’ogrnaisation d’arts martiaux mixtes TKO, alors que Patterson lui avait donné raison à lui et à moi sur comment une bataille royale par équipe devait se dérouler. De son coté, Bertrand n’en revenait jamais lorsque Pat lui envoyait un texto, assis à côté de Vince McMahon, au gorilla position à Raw, pour avoir ses impressions du show. Ce sont des moments que nous allons nous souvenir à vie.

Mis à part à la TOW, qui lui avait rendu hommage en 2009, on voyait rarement Pat à des événements sur la scène locale. Mais lorsqu’il y était, c’était fou comment les lutteurs se forcaient pour soudainement bien paraître dans l’arene. La logique était la suivante: si Patterson me voit et qu’il pense que j’ai du potentiel, j’aurais une chance de lutter à la WWE. Ce n’était pas nécessairement une logique qui était respectée, mais néanmoins, lorsque Pat aimait un combat, il ne se gênait pour aller voir les lutteurs ou lutteuses en question, comme il l’avait fait pour un combat en Franky the Mobster et Darkko. Il demandait le respect et tout le monde était toujours impressionné de le voir dans un vestiaire. Je me souviens qu’en mars 2018, à un événement de l’IWS au Unity, situé dans le village sur la rue Ste-Catherine, j’avais amené Pat en arrière-scène car Rob Van Dam était sur le show. Non seulement RVD était content de le voir, mais le vestiaire était resté abassourdi de voir Patterson y entrer. Maintenant que j’y pense, c’est l’avant-dernière fois que j’ai vu Pat en personne. Je suis allé prendre une bière avec lui l’été qui a suivi et je ne l’avais pas vu de l’année 2019 et encore moins depuis le début de la pandémie.

Le 4 mai 2015, après un enregistrement de Raw, la WWE a honoré Patterson à Montréal. L’hommage devait avoir lieu en septembre 2012, mais en raison de la crise cardiaque de Jerry Lawler, il avait été reporté. On lui a donné un chandail des Canadiens de Montréal, ainsi qu’un beau présentoir avec la ceinture Intercontinental dedans. Et bien sûr, Pat a chanté « My Way », son classique, devant la foule présente au Centre Bell.

Un fier Pat Patterson lors de son hommage à Montréal en 2015 crédit: Minas Panagiotakis/Photography 514

Un fier Pat Patterson lors de son hommage à Montréal en 2015
crédit: Minas Panagiotakis/Photography 514

Le 5 août 2017, lors d’un événement non-télévisé de la WWE à Montréal, avec en finale le Montréalais et l’un des préférés de Pat, Sami Zayn, qui faisait face à Jinder Mahal, ce dernier, accompagné par les frères Singh, voulaient faire un mauvais parti à Zayn après le combat. Patterson a donc essayé d’interférer et alors que le trio de vilains était sur le point d’attaquer Patterson, l’autre Québécois à la WWE, Kevin Owens, qui était pourtant heel à l’époque, est arrivé en héros pour sauver les meubles. La foule en redemandait encore!

Pat aimait bien aider les Québécois, les Québécois avec du talent. Si vous avez déjà entendu un lutteur au Québec dire qu’il n’a pas obtenu un emploi avec la WWE parce qu’il a refusé les avances de Pat, dites-vous que ce lutteur ment. Patterson était toujours professionnel, mais avait un sens de l’humour particulier qui pouvait porter à confusion. Mais au final, si la personne avait le talent ou le potentiel, Patterson aurait fait avec lui ce qu’il a fait avec les Bravo, Martel et Rougeau et l’aurait référé à McMahon.

« La seule fois où il a accepté de me parler des allégations contre lui au cours des 15 séances d’entrevue, c’est la seule fois où je l’ai vu pleurer et, à ce jour, il a été très blessé par les fausses allégations qui ont terni sa réputation, explique Hébert. À la manière de Pat Patterson, il a juste essayé de le pousser aussi loin en arrière qu’il le pouvait et regarder vers l’avant. »

Votre humble serviteur, avec Pat et Bertrand

Votre humble serviteur, avec Pat et Bertrand, à l’IWS en 2018

Il était tellement content lorsque Zayn avait remporté le titre de NXT après un match spectaculaire contre Neville (Pac) en décembre 2014, qu’il avait suivi le vestiaire lorsque celui-ci était allé célébrer dans l’arène avec le nouveau champion.

J’ai eu la chance de côtoyer Pat à plusieurs reprises et ce fut toujours bien plaisant. Il était un bon vivant avec qui il était agréable de faire de la route, d’aller prendre un verre ou de juste jaser.

En plus de ses frères et soeurs encore vivants, Claudette, Lise, Michel et Richard, il avait gardé plusieurs amis ici au Québec. Que ce soit Jean-François Kelly avec qui il voyageait, Dominic Bernard et Rodger Brulotte avec qui il passait du temps chez Frenchie’s à Hallandale en Floride, Raymond Rougeau ou Gino Brito qu’il était toujours content de revoir, Bertrand Hébert, non seulement l’auteur de son livre, mais un proche confident dans les dernières années et bien entendu Sylvain Grenier, le fils qu’il n’avait jamais eu.

Membre du temple de la renommée au Québec depuis sa première année, Pat nous aura fait un dernier cadeau lorsqu’il a accepté d’écrire la postface de notre biographie sur le Géant Ferré, exclusive à la version francophone. Bertrand et moi lui en serons toujours reconnaissants.

L’une de ses blagues préférées était la suivante :

Pat : « Sais-tu qui m’a parlé de toi récemment? »
Moi : « Non, qui? »
Pat : « PERSONNE! »

Eh bien mon cher Pat, sache que ce fut le contraire cette semaine. TOUT LE MONDE a parlé de toi. Tellement que même si tu n’es parti pour un monde meilleur que depuis quelques jours, ton monde s’ennuie déjà de toi.

Je vous laisse avec les paroles de la chanson francophone préférée de Pat, Laissez-moi encore chanter d’Alys Robi. Je me suis permis d’adapter les paroles quelque peu, vous allez tout comprendre.

Merci pour tous les souvenirs Pat et repose en paix.

Vous mes amis qui êtes là ce soir
Vous m’apportez la joie et tant d’espoir
Je suis heureux de vous retrouver
Pour moi le temps n’a rien changé
Depuis toujours j’ai chanté le bonheur
Pour mettre un peu de soleil dans vos coeurs
Et s’il vous réchauffe encore aujourd’hui
Alors j’ai réussi ma vie.

Laissez-moi encore lutter
Laissez-moi encore rêver
À ces années dorées
Qui m’ont tout apporté
Laissez-moi encore lutter
Laissez-moi encore rêver
Au son des mélodies
Qui ont bercé ma vie
J’ai parcouru le monde entier
Des hommes ont voulu me garder
Mais mon coeur ne battait que pour vous
Laissez-moi encore lutter
Laissez-moi encore rêver
J’ai tout au fond de moi
Tant de choses à donner.

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Pour vous procurer l’autobiographie de Pat Patterson, vous pouvez cliquer ici.

En compagnie de Kevin Raphaël aux Anti-Pods de la Lutte, nous avons fait un épisode spécial hommage à Pat Patterson, avec comme invités Rodger Brulotte, Raymond Rougeau et Bertrand Hébert.

Un merci tout spécial à Bernard Brault, Minas Panagiotakis et Linda Boucher, trois photographes québécois de talent, qui ont généreusement contribué à cet article, Linda entre autres avec la photo titre. Merci également à Bertrand Hébert, Raymond Rougeau, Gino Brito, Sunny War Cloud et Lionel Provost.

Resto-Bar
Cette chronique est une présentation du Resto-Bar Coin du Métro. Le Resto-Bar Coin du Métro, 10 719 Lajeunesse, l’endroit par excellence pour tous les événements sportifs tels que le hockey, le soccer, la boxe, la lutte et le football à Montréal! Vous pouvez aussi consulter leur page Facebook.

Bonne lutte à tous et à toutes!

Si vous avez des questions, des suggestions ou des commentaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi au patric_laprade@videotron.ca, sur ma page Facebook ou sur mon compte Twitter.

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