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25/05/2017 | Chroniques

Le Poing: Mike Bailey, Pete Dunne, Young Bucks et un gros week-end à la WWE

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Le Poing : Des chiffres et des lettres, KO, IWS, JR, CAC, 492 et 65 millions
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Entrevue exclusive: Raymond Rougeau, « une joie immense de retourner derrière un micro! »

Pat Laprade

Pat Laprade

La NSPW présentait samedi dernier son plus gros spectacle de l’année, Golden Opportunity IX, et c’en fut tout un. Pas moins de 710 personnes étaient présentes, un record d’assistance pour la promotion de Québec. Le match de la soirée revient à Mike Bailey et Matt Angel, dans un match revanche de la finale du tournoi Standing 8 de novembre dernier, match qui fut voté parmi les 3 meilleurs de l’année 2016 au Québec. Et il y a une belle ironie à tout ça.

Bailey, encore mieux que Strickland
En effet, le lutteur américain Shane Strickland devait affronter Angel. Il luttait à la PWG vendredi soir et avait un vol de planifié pour Québec à 22h15 heure de Los Angeles. Autant Strickland que le promoteur de la PWG avaient promis à Steve Boutet, le promoteur de la NSPW, que Strickland ferait le premier match et qu’il serait à l’aéroport à temps. Cependant, le camion amenant l’arène a eu des problèmes en chemin et le show, qui devait débuter à 20h, n’a débuté qu’un peu avant 22h. Strickland avait communiqué avec Boutet en début de soirée pour lui faire part du retard, mais à 22h05 (1h05 heure du Québec), il l’a finalement avisé que son match était après l’intermission (et non plus le premier match), qu’il manquerait son vol et de trouver une solution. Il en aurait coûté entre 700$ et 800$ de changer son vol ou de lui acheter un nouveau vol, alors la décision a été prise d’y aller avec Bailey. Bien que le retard ne soit pas de la faute de la PWG, en bon professionnel, Strickland aurait dû respecter l’heure de son vol et ne pas faire le show de la PWG. Mais j’imagine que pour Strickland, un match à la PWG est plus important qu’un à Québec, même si ce n’est pas la chose éthique ou professionnelle à faire.

En Bailey, la NSPW se trouvait un remplaçant aussi bon sinon meilleur. D’autant plus qu’il y avait une histoire entre les deux depuis leur match de novembre et qu’avec sa victoire, la série est maintenant égale 1-1 et les amateurs attendent avec impatience le troisième combat entre les deux Québécois. Depuis le début de l’année, Bailey a lutté en Allemagne, Angleterre et au Japon, où il est régulier pour la plus grosse promotion indépendante, DDT. De son propre aveu, il n’est plus le même lutteur qu’il y a 6 mois et a ajouté de la masse musculaire depuis quelques temps. Et ça a paru dans le combat.

Même s’il ne lutte pas régulier sur le territoire, Bailey fait partie de trois des meilleurs matchs de l’année : contre Josh Alexander en janvier à la C4, contre Franky the Mobster à Battlewar en février et maintenant celui-ci, qui est peut-être le meilleur des trois, quoique celui avec FTM fut aussi bon, mais différent dans sa présentation.

La rivalité de l’année entre Québec et Montréal Elite a connu un autre dénouement samedi alors que devant une foule survolté, Équipe Québec a vaincu ses rivaux Montréalais, dans un street fight qui va également s’inscrire dans la liste des combats de l’année, ne serait-ce que pour l’ambiance durant le match.

La NSPW en a aussi profité pour faire quelques annonces.

Ainsi, vendredi le 16 juin, le champion U.K. de la WWE Pete Dunne affrontera Marko Estrada au Centre Horizon. Il s’agit de la première fois qu’un lutteur régulier du WWE Network viendra au Québec et il sera intéressant de voir l’intérêt des amateurs. Malheureusement, ce ne sera pas dans des conditions optimales, alors qu’un vendredi n’attire jamais autant qu’un samedi et que Dunne sera aussi présent à Montréal le dimanche 18 juin au Bain Mathieu. La promotion de Toronto Destiny produit un spectacle à Montréal pour la toute première fois et a décidé de faire ça la journée de la fête des pères, à 17h. Assez discutable comme décision, alors que je me souviens qu’il y a quelques années, Battlewar avait fait un show le soir de la fête des mères et qu’il n’y avait pas eu grand monde. Alors autant à Québec qu’à Montréal, on ne pourra pas complètement évaluer l’importance de la présence du Bruiserweight au Québec. Ceci dit, si vous avez une chance d’assister à l’un ou l’autre des spectacles, je vous le conseille fortement, surtout après les solides performances de Dunne le week-end dernier au U.K. Special et à NXT TakeOver.

Aussi, le Canadien Tyson Dux sera dorénavant un régulier avec la promotion à partir de septembre. Finalement, la NSPW a annoncé que le 26 juillet prochain, à St-Victor-de-Beauce, l’ancien champion par équipe de la WWE Paul London et l’actuel lutteur de la ROH, Dalton Castle seront présents. Le 9 septembre, au Centre Horizon, Dux, Dylan Bostic, les Tough Guys et Travis « Flip » Gordon y seront tous.

Les Young Bucks à la IWS
Comme je l’écrivais lors de ma dernière chronique, c’est la saison des gros shows au Québec et le 6 mai dernier, l’IWS présentait Un FN Sanctioned au Club Unity devant sa plus grosse foule depuis le Metropolis et Rey Mysterio en 2016, alors que 453 personnes étaient présentes. Le spectacle a été solide, l’un des bons de l’année au Québec. Mais par-dessus tout, la foule a rendu ce show et les combats meilleurs qu’ils étaient. Sans rien n’enlever à personne, je n’ai jamais vu et entendu une foule aussi enthousiaste à un spectacle de l’IWS. C’était complètement fou. Ceci dit, il y avait trop de monde. Beaucoup trop de monde. Il y avait surement des fans qui ne voyaient pas grand-chose et certains devaient se résigner à regarder le show assis dans les escaliers dans le fond de la salle. Le promoteur Manny Eleftheriou m’a d’ailleurs dit qu’il limiterait le nombre de billets dorénavant afin d’éviter ce genre de situations.

Parlant de Manny, il avait laissé entendre qu’une grosse nouvelle serait annoncée lors de la soirée. Et en effet, le 5 août prochain, les Young Bucks, probablement la meilleure équipe au monde depuis quelques années, affronteront les nouveaux champions par équipe de l’IWS, TDT. Bien que l’annonce en soit toute une, j’ai quelques réserves par rapport à leur présence. Premièrement, un show d’été n’est jamais l’idéal, à moins que ce soit un festival ou un spot show en région. Également, le match n’est pas une première pour les fans de lutte du Québec. En effet, les deux équipes s’étaient affrontées à la NSPW en octobre 2013. Mais à leur défense, cela fait maintenant tout près de quatre ans et TDT sont bien meilleurs qu’ils étaient à l’époque. Le match avait été voté le match de l’année au Québec alors c’est sûr que le match va livrer et devrait être parmi les meilleurs de l’année. Cependant, encore plus important, c’est que selon toute vraisemblance, même si ce n’est pas encore officialisé par la WWE, celle-ci devrait être au Centre Bell cette même soirée. Bien qu’on ne sache pas encore si ce sera un spectacle non-télévisé de Raw ou de Smackdown, le show devrait attirer sa part d’amateurs. S’il s’agit de l’équipe de Raw, et puisque la WWE nous sert encore un house show, je ne serais pas surpris que les amateurs boudent le show. Si c’est SmackDown avec Kevin Owens et Sami Zayn, cela pourrait être différent. Dans un cas comme dans l’autre, est-ce que cela va venir influencer l’assistance au Unity? Est-ce que l’IWS peut tout de même attirer 375-400 fans? Probablement. C’est dur à dire. Mais probablement. Je peux croire que des fans de lutte indépendante choisiront les Bucks et TDT. Dans tous les cas, si elle n’arrive pas à le faire, ce sera directement lié à la présence de la WWE à quelques kilomètres de là. Ce sera une situation intéressante à suivre.

Il ne va pas sans dire que la NSPW et l’IWS prennent d’assaut la scène indépendante cet été et cet au grand plaisir des amateurs de lutte en province. À une époque où il n’a jamais été plus difficile de faire venir des lutteurs américains, principalement à cause du taux d’échange et de la razzia du circuit indépendant faite par la WWE, les amateurs pourront voir les Pete Dunne, Dalton Castle, Paul London et les Young Bucks près de chez eux. Et c’est tant mieux!

Gros week-end pour la WWE
La WWE a présenté pas moins de trois spectacles le week-end dernier et entre le U.K Special, NXT TakeOver et Backlash, on a pu y voir de l’excellente lutte.

Le match de la fin de semaine fut sans aucun doute Pete Dunne et Tyler Bate à NXT TakeOver, un vrai classique. Si vous ne savez pas si vous devriez vous déplacer le mois prochain pour voir Dunne à Montréal ou à Québec, regardez ce match. Dunne a aussi eu un excellent match avec Trent Seven lors du U.K. Special. J’ai également bien aimé Bate et Mark Andrews lors de cette diffusion. Pour ce qui est de TakeOver, DIY et Authors of Pain ont donné un excellent combat, et le heel turn de Tommaso Ciampa était très bien fait. Même si ce fut un bon combat, j’ai été un peu déçu par Bobby Roode et Hideo Itami. Je m’attendais peut-être à trop.

Pour ce qui est de Backlash, le meilleur match, et de loin, a été Owens et AJ Styles. Mais tout comme pour Ziggler et Nakamura, il s’agissait d’un premier match entre les deux à la WWE et je crois bien que le meilleur reste à venir. D’ailleurs, il ne serait pas surprenant que le match Money in the Bank annoncé lors de SmackDown Live mardi dernier soit l’un des meilleurs de l’année à la WWE avec Owens, Zayn, Corbin, Styles, Ziggler et Nakamura. SmackDown Live tourne vraiment autour de ces trois rivalités.

Le MahalGate : simple question de business
Comment ne pas adresser « l’affaire » Jinder Mahal?
Les gens doivent comprendre qu’il s’agit ici d’une décision purement business. L’Inde, tout comme la Chine, est un gros marché que la WWE tente de conquérir. Et c’est en mettant Jinder Mahal champion de la WWE qu’elle prévoit le faire.

« John Cena est populaire en Inde, au Moyen-Orient, en Amérique Latine et aux États-Unis. Cependant, nous sommes tous des êtres humains et il y a un certain niveau d’ethnocentrisme et lorsqu’un personnage locale est vraiment populaire, cela aide à nous promouvoir dans le pays, peut-être un peu plus. » C’est ce qu’a affirmé le CFO de la WWE George Barrios lors de l’appel conférence avec les actionnaires.

Je vous entends déjà dire « ils sont même pas foutu de venir avec Raw à Montréal et pourtant on a Owens et Zayn ».

Comment dire? C’est comme comparer des pommes…et des petites olives. L’Inde a une population de 1.3 milliard, comparativement à 35 millions pour le Canada et 8 millions pour le Québec. Même si les gens en Inde ne dépensent pas beaucoup d’argent pour les événements sportifs à part le criquet, même si aucune compagnie de MMA ou de lutte n’a réussi à y faire sa marque dans les dernières années, le potentiel y est quand même et c’est un potentiel qui ne peut se comparer à notre réalité.

L’Inde demeure l’un des pays avec la plus grande courbe de croissance économique au monde. De plus, le pays est le troisième plus grand marché pour la WWE après les États-Unis et le Royaume-Uni, troisième aussi en termes de revenus de télévision et le premier en termes de réseaux sociaux. Ceci dit, le nombre de clients payants pour le WWE Network est encore faible et l’idée est de changer la business en Inde avec Mahal comme champion.

Le scripteur en chef de la WWE a des origines indiennes
C’est pourquoi qu’on lui a aussi donné les anciens Bollywood Boys, maintenant Singh Brothers. Je ne peux m’empêcher de trouver le tout ironique étant donné que les trois sont en fait Canadiens. Les frères Gurvinder et Harvinder Sihra sont nés et ont grandi en Colombie-Britannique tandis que Mahal, de son vrai nom Yuvraj Singh Desi et neveu de l’ancien lutteur Gama Singh (qui a lutté pour Stampede et pour la WWE), est né et a grandi en Alberta.

L’Inde a quand même un certain historique avec la lutte professionnelle. Outre ceux mentionnés ci-haut, le Great Khali a lutté pendant plusieurs années à la WWE en plus d’avoir présentement une école de lutte en Inde. Tiger Jeet Singh et son fils Tiger Ali Singh (qui est aussi Canadien) ont également été lutteurs pendant plusieurs années, le dernier ayant lutté pour la WWE. Dara Singh est cependant le plus grand lutteur en provenance de l’Inde, faisant d’ailleurs partie du temple de la renommée du Wrestling Observer Newsletter. Il a attiré de grosses foules dans les années 50 en Inde, en Angleterre et en Asie, luttant entre autres contre Lou Thesz devant 60 000 personnes en Inde. Thesz le considérait d’ailleurs comme l’un des meilleurs de tous les temps.

En plus des frères Singh et de Mahal, la WWE compte également dans ses rangs Jeet Rama, une bête de 6 pieds 4 et 235 livres. Un ancien champion de kushti (un genre de lutte amateur indienne), il lutte présentement pour NXT. Je l’ai vu lutté récemment et bien qu’il ne montre rien d’extraordinaire pour le moment, il pourrait être appelé à gravir les échelons plus rapidement que prévu. De plus, l’ancien gérant du Great Khali, Ranjin Singh, de son vrai nom David Kapoor, est présentement le scripteur en chef de la WWE. Il vient de San Diego mais est d’origines indiennes.

La WWE, qui tentera surement de faire une tournée en Inde dans un avenir rapproché, veut essayer de faire de la lutte professionnelle un succès aussi fort que Bollywood et le cinéma indien. Est-ce que ça va fonctionner avec Jinder Mahal comme champion? Je ne pourrais vous dire pour l’instant. Mais je n’ai aucun problème par contre à ce qu’ils essayent.

Décès de Krazy Celtik
C’est avec tristesse que j’ai appris le décès d’un ancien lutteur québécois, Alexandre Lanteigne, jeudi le 18 mai dernier. Alex luttait à la FLQ de Paul Leduc lorsque j’y suis arrivé en septembre 2001, sous le nom de Mark et faisant partie du clan de la Mafia Irlandaise de Montréal avec entre autres TNT. Il a aussi fait partie de la CIA, les Certified Insane Assassins, avec leur gérant Gemini. Il avait débuté à lutter quelques années auparavant sous le nom de Xplicite en équipe avec Noise. Il a par la suite lutté sous le nom de Krazy Celtik, luttant surtout pour la PWE et la SWR. Il avait diagnostiqué avec une encéphalite, c’est-à-dire une enflure de l’enveloppe cervicale. Il n’avait que 40 ans. Sur une note personnelle, je l’avais embauché chez Burger King à ville Lasalle alors que j’y étais le gérant en chef. Il laisse dans le deuil ses six enfants. Je souhaite mes plus sincères condoléances à toute sa famille.

En rafale…
-Pour ceux qui ont des questions sur la shape de Jinder Mahal, rappelez-vous seulement que la WWE ne teste pas pour les hormones de croissance.

-J’ai eu la chance samedi dernier d’introniser Éric « Nightmare Manson » Picard au temple de la renommée de la NSPW, un honneur pleinement mérité. Lorsqu’il a acheté la CCW de Sunny War Cloud en décembre 2003, il a en quelque sorte révolutionné la scène indépendante en faisant venir des vedettes du circuit indépendant américain et canadien, à une époque où personne ne faisait venir ce genre de lutteurs. Le premier fut Christopher Daniels (en avril 2004 face à Kevin Steen) et par la suite, les AJ Styles, Petey Williams, Raven et Steve Corino ont suivi. Ça a démarré un mouvement ailleurs au Québec où on faisait venir une star pour affronter Steen. Après la fermeture prématurée de la promotion en novembre 2005, Picard choisissant sa famille à la lutte, d’autres promotions ont emboité le pas. Le modèle de la NSPW est d’ailleurs beaucoup basé sur celui de la EWR, en essayant d’avoir le meilleur alignement québécois possible, avec un mixte de lutteurs de Montréal et de Québec, et en faisant venir des vedettes indies. Steve Boutet lui-même m’a dit que Picard était l’influence principale derrière la NSPW, un compliment en soit.

-Petite statistique intéressante, Kevin Owens en était à son 25e PPV consécutif dimanche dernier, le plus grand nombre parmi les lutteurs actifs à la WWE. De plus, ce sont 25 PPVs depuis son entrée à la WWE, où il se retrouve au second rang historiquement derrière Kurt Angle qui en avait eu 46.

Le Tweet de la semaine
Si vous voulez une preuve que la decision de mettre Jinder Mahal champion est pour charmer le marché indien, en voice une:

https://twitter.com/mipaltan/status/866536306020458496

Resto-Bar
Cette chronique est une presentation du Resto-Bar Coin du Métro. Le Resto-Bar Coin du Métro, 10 719 Lajeunesse, l’endroit par excellence pour tous les événements sportifs tels que le hockey, le soccer, la boxe, la lutte et le football à Montréal! Vous pouvez aussi consulter leur page Facebook.

Bonne lutte à tous et à toutes!

Si vous avez des questions, des suggestions ou des commentaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi au patric_laprade@lutte.quebec, sur ma page Facebook ou sur mon compte Twitter.

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