Suivez-nous sur Facebook
24/04/2017 | Chroniques

Le Poing: Les îles de Samoa et l’île de Montréal, liées à travers la lutte

LIRE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
Le Poing, format billet: Le Québec bien représenté dans la dernière édition du PWI
LIRE L'ARTICLE SUIVANT
Le Poing : Des chiffres et des lettres, KO, IWS, JR, CAC, 492 et 65 millions

Pat Laprade

Pat Laprade

Après m’être entretenu avec Handsome JF et Sylvain Grenier, qui me partageaient leurs souvenirs de Rosey (Matt Anoa’i), je me suis souvenu que j’avais écrit un texte en collaboration avec Bertrand Hébert sur les liens entre la famille Anoa’i et le Québec, qui avait malheureusement été retranché de notre livre À la semaine prochaine, si Dieu le veut, faute d’espace. Alors en voici une version revampée 2017.

Les familles de lutte au Québec sont bien connues. Les Rougeau et les Vachon ont marqué la lutte d’ici. Dans le reste du Canada, on parle des Hart et des Cormier. Aux États-Unis, ce sont, entre autres, les Funk et les McMahon. Mais aucune de ces familles n’aura été aussi grande que les Anoa’i.

Cette famille vient des Îles de Samoa, territoire appartenant aux États-Unis. En calculant tous ceux qui font partie de la grande famille des Anoa’i, on dénombre plus de 15 lutteurs. Ce qui est encore plus fascinant, c’est que la plupart de ces lutteurs ont un lien avec la lutte québécoise ou avec des lutteurs de la province.

Afa et Sika, les pionniers de la famille
Tout débute avec Afa et Sika Anoa’i, les deux frères qui composaient les Wild Samoans et les premiers à devenir lutteurs dans la famille. En 1980, Afa et Sika remportent les titres vacants par équipe de la WWF en défaisant Tony Garea et le Québécois René Goulet. Quelques mois plus tard, ils perdent les titres face à Tony Garea et un autre Québécois, Rick Martel. Puis, en 1985, en fin de carrière, Afa et Sika viennent lutter au Québec pour Lutte Internationale, alors qu’ils affrontent, entre autres, Tony Parisi, Jacques Rougeau Jr et Jos Leduc.

Samu, Tonga Kid, Alofa, les Usos et la controverse des ceintures !
Puis ce fut au tour de la deuxième génération, menée par Samula Anoa’i, l’un des fils d’Afa et mieux connu sous le nom de The Great Samu pour les fans québécois.

« Pendant que j’étais au Japon quelqu’un m’avait mis en contact avec Gino Brito et Dino Bravo. Montréal est le premier territoire que j’ai fait par moi-même, sans l’aide de mon père et de mon oncle. J’en étais fier », se rappelle Samu.

Bien qu’il soit arrivé en 1985, c’est en 1986 qu’il connut le plus de succès à Montréal, remportant le titre de Lutte Internationale le 30 juin 1986 face à Dino Bravo, avec qui il a eu sa plus grosse rivalité à Montréal. Il était alors géré par Floyd Creatchman.

Une controverse était d’ailleurs survenue concernant Samu et la ceinture de Lutte Internationale. Il faut savoir que Gino Brito avait bien de la difficulté avec ses champions.

« Une année, j’ai dépensé 10 000 $ en ceinture, parce que les gars les perdaient toujours », se souvient Brito.

L’histoire qui a longtemps été propagée au Québec était que Samu était partie avec la ceinture et n’était jamais revenu. Cependant cette histoire n’est pas confirmée par Brito, qui est toujours resté vague sur le sujet.

Cependant pour Samu, c’est un peu plus clair.

« Je voyageais de la Floride pour venir lutter à Montréal dans ce temps-là et de ce que je me souviens, je suis retourné chez moi alors que j’étais encore champion et ils ne m’ont plus jamais ramené. Il s’agissait probablement de raisons financières. »

Lutte Internationale commençait effectivement à avoir de sérieux problèmes financiers à la fin de 1986, en fait, depuis l’arrivée de la WWF. Si on se fie aux propos de Samu, sa relation avec Brito était bonne.

« Gino m’avait offert des parts dans la compagnie, mais je n’étais pas prêt à me caser. Si c’était à refaire, j’aurais probablement accepté. »

Et la ceinture dans tout ça ?

« Mon appartement a été cambriolé et la ceinture fut volée », conclut Samu.

Au même moment où Samu faisait ses débuts à Montréal, ses cousins Sam Fatu et Solofa Fatu y faisaient également les leurs.

« C’est moi qui ai amené mes cousins à Montréal », se souvient Samu.

Sam Fatu est mieux connu à Montréal sous le nom de Tonga Kid. Bien aimé des fans, il lutta entre autres contre Richard Charland, Pierre Lefebvre, Frenchy Martin et les Road Warriors. En 1985, contre ces mêmes Road Warriors, Tonga Kid avait fait équipe avec l’ancien champion de Lutte Internationale, King Tonga dans un match au Forum. C’est d’ailleurs avec King Tonga qu’il connut le plus de succès à la WWF, alors qu’à la fin de 1986, les deux faisaient équipe sous le nom des Islanders. Tonga Kid avait été rebaptisé Tama et King Tonga, Haku. Une de leur bonne rivalité fut contre les champions par équipe de la WWF, Strike Force, composée de Tito Santana et de Rick Martel.

Le frère de Sam Fatu, Solofa Fatu Jr., tous deux neveux d’Afa et Sika, a été connu des fans du Québec sous le nom de Prince Alofa. Une décennie plus tard, il sera connu de la planète lutte pour ses « stink faces » et son célèbre « I did it for The Rock ». Eh oui, le maigrichon Alofa que nous avons connu à Lutte Internationale deviendra Rikishi.

Il a surtout lutté à Montréal en 1986, remportant le titre TV face à Bob Delasserra. D’ailleurs, une histoire cocasse avec cette ceinture est racontée par Ludger Proulx.

« Je luttais contre Alofa et on m’avait dit que j’allais over. Puisque je jobbais la plupart du temps et que je n’avais jamais remporté de titre, je pensais qu’on me faisait une blague. Alors dans le ring, je me suis laissé battre par Alofa. Peu de temps après, il quittait la compagnie avec la ceinture TV. » Encore une fois, Brito perdait l’une de ses ceintures. Ce match a eu lieu le 28 septembre 1986.

Après son passage à Montréal, Solofa et son cousin Samu commencèrent à faire équipe sous le nom de Samoan Swat Team. Puis en avril 1994, à la WWF, ayant changé de nom pour les Headshrinkers, ils ont remporté les titres par équipe face aux Quebecers, Jacques Rougeau et Pierre-Carl Ouellet. Ce fut d’ailleurs le début de la séparation des deux Québécois. Plusieurs années plus tard, le 5 juin 2000, Rikishi remportait le titre Intercontinental de la WWF face au Québécois Chris Benoit.

Les deux garçons de Rikiski, Jonathan Salofa Fatu et Joshua Samuel Fatu, que les fans d’aujourd’hui connaissent sous le nom de Jimmy et Jey Uso, ont également eu quelques combats en équipe ou contre les Québécois Sami Zayn et Kevin Owens. Ils représentent la troisième generation de lutteurs dans la famille.

Yokozuna, Rosey et…Roman Reigns
Un autre neveu d’Afa et Sika, Rodney Anoa’i, a aussi lutté à Montréal dans les derniers temps de Lutte Internationale. Annoncé comme le neveu de Samu, sous le nom de Kokina, il a cependant lutté très peu de fois à Montréal. Rodney Anoa’i allait devenir quelques années plus tard champion mondial de la WWF sous le nom de Yokozuna.

Évidemment, comme mentionné la semaine dernière, l’un des fils de Sika, Matt (Rosey) avait fait équipe avec The Hurricane dans un match à Sunday Night Heat face à Handsome JF et Éric Mastrocola. Puis, le 1er mai 2005, Rosey et The Hurricane remportaient les titres mondiaux par équipe de la WWE face à Sylvain Grenier et Rob Conway, La Résistance, contre qui ils avaient eu une bonne rivalité.

Le frère de Matt, Leati Joseph Anoa’i, maintenant connu sous le nom de Roman Reigns, a pour sa part eu quelques bons combats face au Québécois Kevin Owens dans la dernière année, faisant entre autres partie du combat où Owens a remporté le titre Universel de la WWE. D’ailleurs, lors d’une entrevue à RDS, Owens disait que Reigns était un très bon lutteur et l’un de ses adversaires préférés.

Notons également qu’Afa Jr (Manu), Eddie Fatu, mieux connu sous les noms de Jamal et Umaga, Jimmy « Superfly » Snuka, qui a été marié à une cousine des Anoa’i et l’ex-gendre d’Afa, Gary Albright, ont tous lutté à un moment ou à un autre en équipe avec ou contre un Québécois.

The Rock et les Anoa’i, pas la même famille
Trois autres lutteurs sont à tort considérés comme membres de la famille des Anoa’i, soient High Chief Peter Maivia, son gendre Rocky Johnson et le fils de ce dernier, Dwayne Johnson, aussi connu sous le nom de The Rock.

« Peter Maivia et mon grand-père étaient de si bons amis, qu’ils se considéraient comme des frères. Mais ils ne viennent pas de la même famille », explique Samu. Ceci dit, Dwayne appelle le père de Samu, Oncle Afa et les deux familles sont extrêmement proches. Étant donné les rapports très étroits entre les deux familles, notons tout de même quelques liens entre les Maivia et le Québec.

Peter Maivia a remporté dans les années 70 les titres par équipe du territoire de San Francisco avec Pat Patterson. Puis à la WWWF, il a eu une rivalité avec Stan Stasiak. Le Canadien Rocky Johnson a, entre autres, remporté les titres par équipe dans les années 70 du territoire de la Nouvelle-Zélande avec Rick Martel. Et on sait tous que Pat Patterson a eu un grand rôle à jouer dans les débuts de The Rock à la WWF. Parlant de Dwayne, un ancien champion de Lutte Internationale et ami personnel de la famille Maivia et de la famille Anoa’i, King Tonga, a d’ailleurs été le garçon d’honneur au mariage de la vedette hollywoodienne.

Même si plusieurs milliers de kilomètres séparent les deux îles, ne serait-ce que pour avoir accueilli The Great Samu, Tonga Kid, Prince Alofa et Kokina lorsque ceux-ci étaient encore de jeunes lutteurs, la famille Anoa’i aura toujours une place spéciale dans les souvenirs des amateurs de lutte du Québec.

En terminant, voici l’arbre généalogique de la famille. En jaune, ceux qui sont devenus lutteurs :

famille-anoai-fatu

En rafale…
– Une partie de mon travail est d’expliquer ce qui se passe à la WWE. Je peux être d’accord ou pas, mais je dois expliquer les décisions prises. Certains vont même dire, à tort, que je les défends. Mais il arrive que je ne peux expliquer certaines décisions. J’ai vécu un de ces moments mardi dernier. Et je vais vous laisser avec ceci. Jinder Mahal.

-J’ai rarement eu le sentiment qu’une foule était sur le point d’exploser de rage comme je l’ai senti samedi dernier à C*4 à Ottawa lorsque Twiggy a fait une promo dans l’arène. Entre Ottawa et la chaleur qu’il obtient à Battlewar, il est difficile de ne pas considérer Twiggy en haut de la liste des heels de l’année au Québec jusqu’à préssent.

-À l’opposé de Twiggy, Vanessa Kraven est probablement la lutteuse (lutteurs compris) la plus populaire de la promotion. Si jamais C*4 décidait de lui donner le titre, le plafond de la salle éclaterait !

Le Tweet de la semaine
Ce n’est certes pas Max Pacioretty qui a retenu l’attention dans la série Canadiens-Rangers, mais bien le DJ du Centre Bell, Vincent-Guy Aubry (Wordy Word) alors que ce dernier a joué quelques thèmes de lutte bien connus comme ceux de Triple H, Kevin Owens et Kurt Angle. Le GM de Raw a d’ailleurs Tweeté à ce sujet.

Resto-Bar
Cette chronique est une presentation du Resto-Bar Coin du Métro. Le Resto-Bar Coin du Métro, 10 719 Lajeunesse, l’endroit par excellence pour tous les événements sportifs tels que le hockey, le soccer, la boxe, la lutte et le football à Montréal! Vous pouvez aussi consulter leur page Facebook.

Bonne lutte à tous et à toutes!

Si vous avez des questions, des suggestions ou des commentaires, n’hésitez pas à communiquer avec moi au patric_laprade@lutte.quebec, sur ma page Facebook ou sur mon compte Twitter.

**La photo de la page couverture de l’article est une gracieuseté de Linda Boucher

RÉAGISSEZ CI-DESSOUS

commentaire(s)

LIRE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
Le Poing, format billet: Le Québec bien représenté dans la dernière édition du PWI
LIRE L'ARTICLE SUIVANT
Le Poing : Des chiffres et des lettres, KO, IWS, JR, CAC, 492 et 65 millions