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24/10/2015 | Chroniques

Filmomania XXXII – Spécial Halloween #2 – Jim “The Anvil” Neidhart dans “Zombie Beach Party”

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C’est le spécial Halloween de Filmomania qui se poursuit cette semaine, alors que cette fois nous revenons à Toronto pour découvrir un film qui pue l’indépendance, le manque de budget et le Canada, qui se prend pour les États-Unis. Un film de luchadors, de zombies et de… bah en fait c’est pas mal juste ça.

Ma pochette DVD du film.

Ma pochette DVD du film.

Pochette alternative, plus difficile à trouver.

Pochette alternative, plus difficile à trouver.

Zombie Beach Party, alias Enter… Zombie King est un film de 2003 réalisé par Stacey Case, qui tente de rendre hommage aux films de zombies de George Romero et au cinéma de lutteurs mexicains qui nous a donné les films de Santo et de Mil Mascaras… entre AUTRES! Il me faudra une année complète pour passer à travers ce type de cinéma! Une chose à la fois.

Expectations...

Expectations…

...réalité.

…réalité.

Chose dont vous ignoriez à propos de votre humble chroniqueur, c’est que je regarde énormément de cinéma indépendant ou sans budget, en plus d’avoir fait plusieurs courts-métrages pendant près de 10 ans durant ses années de cégep et d’université. De plus, je filme plusieurs fédérations de lutte indépendantes montréalaises depuis plus de 5 ans. Il y a donc tout un aspect de Zombie Beach Party qui me touche plus particulièrement, puisqu’il se trouve à une jonction parfaite entre les deux. C’est le genre de film qui aurait pu naître n’importe où un foisonnement cinéma/lutte existe.

"Ok, va acheter des boites de condoms, des sacs de chips pis sors tes vieilles revues, on va transformer ton sous-sol en dépanneur..."

“Ok, va acheter des boites de condoms, des sacs de chips pis sors des cochonneries pis tes vieilles revues, on va transformer ton sous-sol en dépanneur…”

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Les gens sauront jamais que c'est filmé à Toronto, mets une plaque de la Floride!

Les gens sauront jamais que c’est filmé à Toronto, mets une plaque de la Floride!

...surtout que la température est pareille...

…surtout que la température est pareille…

Pis rajoute des drapeaux américains.

Pis rajoute des drapeaux américains.

...qui va oser dire que c'est pas Américain ça!

…qui va oser dire que c’est pas Américain ça!

Allons-y d’abord pour la ptite histoire. Le film débute sur Ulysses. Ulysses est sensé être cette vedette internationale et incroyablement respectée du monde de la lutte. Il se dirige vers son prochain événement quand un problème survient : Des zombies. Ce n’est pas tant les zombies le problème, car ils sont apparemment communs dans cette réalité, mais que quelqu’un semble avoir développé un hybride de zombie élevé en captivité qui répond aux ordres. Quand une serveuse de bar est tuée par l’un d’eux, la police, dont le shérif Jim Neidhart, se tourne vers l’ami d’Ulysses, aussi lutteur, qui a la gimmick de faire lutter ses zombies dans des combats par équipe (oui oui). Ulysses devra trouver le réel instigateur de ces hybrides et le mener à la justice avant que son collègue ne soit accusé du meurtre. Tout le porte vers un autre lutteur, le Zombie King, avec qui il a déjà eu une réelle rivalité. Il aurait pu prendre un nom plus subtil, ce Zombie King. Comme si la police cherchait un voleur de banque en série et que je me pavanais en me faisant appeler le Bank Burglar guy

Le shérif! Fort comme une enclume!

Le shérif! Fort comme une enclume!

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"YEAH! YEAH BABY! I still got it!" (Dialogue réel)

YEAH! YEAH BABY! I still got it!” (Dialogue réel)

Zombie King, le méchant.

Zombie King, le méchant.

Les Tijuana Bibles qui interprètent le 3/4 des tounes du film. C'est ça le cinéma indépendant. Un des gars devait connaître un gars du groupe et ils font du troc de visibilité.

Les Tijuana Bibles qui interprètent le 3/4 des tounes du film. C’est ça le cinéma indépendant. Un des gars devait connaître un gars du groupe et ils font du troc de visibilité.

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"Beau poster!"

“Beau poster!”

C’est donc un mélange entre le film de luchadors et le film de zombies. C’est très mou, mais sympathique. C’est sensé se passer à Reno, au Nevada, mais ça ressemble au Canada et à la banlieue de Toronto. Pour nous convaincre, on utilise un standard de mensonges, en mettant des drapeaux des États-Unis partout, et un personnage clâme haut et fort « Wow, on est sensé être en plein été à Reno, mais il neige », question de pointer l’éléphant rose de la pièce, qui rappelle les journées froides de novembre de l’Ontario. La température change d’une scène à l’autre, témoignage d’un tournage qui devait se passer sur plusieurs fins de semaines d’une longue saison. Son réalisateur, Stacey Case, de Toronto, ne semble pas très présent dans le milieu de la lutte, mais l’était probablement à l’époque. C’est son seul film à ce jour. Aujourd’hui, il fait du design de merch, de l’impression de t-shirt et de la numérisation d’archives cinématographiques.vlcsnap-2015-10-21-16h51m56s394

(On voit l'autre lutteur avec le masque bleu qui attend à côté alors qu'il eswt sensé être couché en bas)

(On voit l’autre lutteur avec le masque bleu qui attend à côté alors qu’il est sensé être couché en bas)

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Température lors d'une scène...

Température lors d’une scène…

Température  10 secondes plus tard. Ah l'automne de Reno... au Nevada!

Température 10 secondes plus tard. Ah l’automne de Reno… au Nevada!

Il y a aussi ce plan ultra-chambranlant tourné au centre-ville de Toronto, dans le quartier des affaires. Probablement tourné à l'épaule, un dimanche matin sans permis en mode "Ok, vite, faites vos lignes pis on décalisse!!!"

Il y a aussi ce plan ultra-chambranlant tourné au centre-ville de Toronto, dans le quartier des affaires. Probablement filmé à l’épaule, un dimanche matin sans permis en mode “Ok, vite, faites vos lignes pis on décalisse!!!”

Le film n’est pas inintéressant lorsque comparé au cinéma indépendant, surtout en 2003 alors que la démocratisation de la technologie en était à ses premiers balbutiements avec la technologie DV et HDV en particulier, et que le « HD » pour usage privé n’était qu’une utopie pour millionnaires. Il ne faut donc surtout pas comparer Zombie Beach, avec ses non-acteurs, la maison d’un ami pour son tournage et son faux sang de sirop de glucose… avec un film commercial de 2003 comme le dernier Seigneur des Anneaux, car ça ne serait pas juste. Il est possible de regarder Wrestlemania un soir et un spectacle local de la ROH le lendemain. Ici, c’est la même affaire.

Le tag-team des zombies vs les luchadors. Tous des lutteurs entourant le Squared Circle Training, école de lutte de Toronto.

Parlant de ROH, le tag-team des zombies vs les luchadors. Ça serait over là-bas. Tous ces lutteurs entourent le Squared Circle Training, école de lutte de Toronto.

Dans ce monde alternatif, les PAL sont hot!

Dans ce monde alternatif, les PAL sont hot!

Ici, on est sensé écouter le dialogue important... mais je ne me souviens de rien...

Ici, on est sensé écouter le dialogue important… mais je ne me souviens de rien…

YEAH BABY!

YEAH! YEAH BABY!

Il s’agit clairement une bande d’amis fanats de films d’horreur qui se tenaient dans le milieu de la lutte et qui étudiaient en cinéma qui ont décidé de marier les passions. Les acteurs et l’équipe technique ont probablement été incroyablement généreux. Les histoires de figurants maquillés qui attendent leur scène pendant 5 heures ou de parents qui ne peuvent utiliser leur salle à manger pendant une journée doivent foisonner sur ce tournage. Je le sais, c’est toujours comme ça le cinéma indépendant, mais on apprend à faire bien avec rien et mieux avec peu (kino640). De plus, la présence de Jim Neidhart pendant une scène et demie vient témoigner du manque de moyen. Ils l’ont probablement eu pour la journée ou la fin de semaine et en ont profité, sans avoir le temps de lui faire faire du concret. Le générique mentionne aussi la présence d’une certaine Beth Kocianski, alias la belle Beth Phoenix, au milieu d’autres lutteurs de la scène indy de l’Ontario de 2002-2003. Je dois vous avouer que je ne l’ai pas trouvée. Elle serait “Zombie killer #2“… C’est quand même logique car à l’époque, Beth luttait entre autres au Canada pour la FNW (Far North Wrestling). Cependant, mes yeux sont incapables de distinguer ce qui doit être une jeune et minuscule Beth de 22 ans, en admettant que le film ait été tourné la même année qu’il a été distribué, ce qui est rarissime, alors que le tournage et le montage d’un long-métrage peuvent prendre plusieurs années si le financement n’est pas adéquat, avant même de pouvoir trouver un distributeur. De plus, rien n’indique si sa scène est toujours présente ou si elle apparait dans le cadre, de face, et assez longtemps. La magie du cinéma amateur.

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

Beth?

J’ai vu mieux… mais j’ai vu bien PIRE! À 76 minutes à peine, il n’y a rien à perdre. Vous ne trouverez cependant pas le film facilement dans votre club vidéo ou chez Wal-Mart. Il faudra le commander de vendeurs indépendants qui vous le laisseront pour moins de 10$, comme sur Amazon ici. Je le recommande pour ceux qui aiment se taper n’importe quoi, comme les films Troma, qui regardent tout ce qui joue à Fantasia ou qui aiment les courts-métrages en festival.

"Hey j'ai un ami qui ressemble à Carlito, on devrait lui donner un spot!"

“Hey j’ai un ami qui ressemble à Carlito, on devrait lui donner un spot!”

...ok... moi aussi je pourrais ploguer des gros noms juste pour les ploguer.

…ok… moi aussi je pourrais ploguer des gros noms juste pour les ploguer.

J’aimerais remercier pour leur inspiration dans cette chronique Bret Hart, Rob Van Dam, Trish Stratus, Steven Spielberg, Trey Parker, Douglas Fairbanks, Leslie Nielsen, Christopher Lee et Vince McMahon…. ça change rien pentoute!

 

La semaine prochaine, suite du spécial Halloween… peut-être avec un des noms que j’ai nommés en haut…!

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