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24/07/2017 | Chroniques

Filmomania XLVIII – Luke Harper dans “Mohawk” + entrevue exclusive

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J’ai eu la chance m’entretenir avec le lutteur Luke Harper (Jon Huber de son vrai nom) la semaine dernière au Festival Fantasia, quelques heures à peine avant la première mondiale du projet de long-métrage auquel il a participé comme acteur de soutien, Mohawk.

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(crédit photo: Ted Geoghegan tiré de Mohawk)

Mohawk, du réalisateur américain Ted Geoghegan, raconte l’histoire de quelques Amérindiens aux prises avec des soldats américains durant le conflit de 1812, qui a opposé les États-Unis à la Grande-Bretagne (et le Canada par association). Dans l’état de New York, quelques amérindiens tentant de rester neutres se retrouvent au beau milieu d’un massacre, à la mauvaise place, au mauvais moment, et seront pris en chasse par un groupe de soldats américains qui voudront venger leurs camarades. C’est un film dur et brutal sur les horreurs de la guerre, la haine aveugle pour un groupe de personne désigné lorsque l’on est d’un côté ou de l’autre d’un conflit plus grand que soi et sur l’ambiguïté du bien et du mal dans les situations de survie extrêmes. La foret est elle-même un personnage central du film, alors que les éléments sauvages et imprévisibles de Mère Nature vont déterminer qui des américains assoiffés de sang ou des pacifistes amérindiens poussés à l’extrême de leur besoin de sauvegarde survivront.

Le film a été tourné l’an dernier dans les forets denses de l’état de New York. Luke Harper y interprète l’un de ces soldats américains qui eux seront aux prises avec les éléments de la nature. Ils ne connaissent pas les bois comme les amérindiens qu’ils pourchassent. Ils sont peut-être plus nombreux, mieux armés et mieux équipés, mais dans ce continent encore nouvellement exploité, ce sont eux les intrus!

Harper apparaît dès les premières minutes et reste à l’écran jusqu’aux dernières. C’est un gros rôle de soutien qui plaira à n’importe quel de ses fans qu’il a tourné durant sa blessure au genou, après sa chirurgie réparatrice. Luke était à la bonne place au bon moment quand Geoghegan a demandé à la WWE qui était disponible pour tourner dans le film, et qu’ils ont vu que Harper, qui vit dans les environs du Upstate New York, l’était. Il a aussi vu que son look est parfait pour jouer le soldat d’il y a deux siècles. Pour en savoir plus, je vous présente cette entrevue exclusive réalisée avec lui durant la journée de la première:

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Lutte Québec: Quel(s) rôle(s) as-tu joué dans la réalisation de ce projet? Es-tu seulement un acteur?

Luke Harper: Je ne suis pas qu’UN acteur! (rires) Mais sérieusement oui, j’ai un rôle de soutien dans le film, du côté des méchants. Je suis la brute qui possède secrètement un coeur d’or, au milieu des méchants, ce qui est pas mal différent de ce que je fais à la WWE d’habitudes. J’ai trouvé ce défi super intéressant.

LQ: Es-tu un gros fan de cinéma?

LH: Je l’étais. Malheureusement nos horaires font que j’ai dû décrocher petit à petit au fil des ans. L’expérience de Mohawk m’a heureusement raccroché au cinéma, en m’initiant du même coup au cinéma indépendant et à ce côté de l’industrie dont j’ignorais l’existence.

LQ: Comme les films de genre? (note: par films de genre, j’entends films d’horreur, science-fiction, fantastique, aventure, superhéros, post-apocalyptique, etc)

LH: Oui tout ce qui compose l’industrie en dehors de d’Hollywood. Tout avance si vite qu’il m’est impossible de découvrir ces parties plus méconnues du monde du cinéma. Participer à ce film m’a forcé à m’y réintéresser d’avantage et voir ce qui se fait un peu partout, et j’en suis très heureux. Je m’y remets tranquillement.

(crédit photo: King-Wei Chu pour Fantasia)

(crédit photo: King-Wei Chu pour Fantasia)

LQ: Tu as donc vraiment un intérêt marqué pour le cinéma!

LH: Oh oui! Quand j’étais adolescent, jusqu’au début de ma vingtaine, je consommais énormément de films. Je regardais tout. Je me souviens que j’en regardais toujours plusieurs avec mon oncle. Puis, je ne sais pas ce qui est arrivé. La “vraie vie” m’a rattrapé… maudite vie d’adulte. (rires)

LQ: J’ai lu que ton premier personnage s’appelait The Right Stuff (comme le film éponyme L’étoffe des héros) et qu’ensuite tu as été Brodie Lee, en référence au film Mallrats (les Glandeurs) de Kevin Smith.

LH: C’est vrai. Le personnage principal de Mallrats s’appelle Brodie Bruce, et il est joué par l’acteur Jason Lee. J’ai donc pris le prénom de Brodie et le nom de famille de Jason pour faire Brodie Lee. C’était dans un restaurant après un gala de lutte, un des gars m’avait dit que je ressemblais à Jason Lee, et que je devrais m’appeler Brodie. C’est resté. Et maintenant mon fils s’appelle Brodie.

LQ: Et comment as-tu été approché soudainement pour tourner le film?

LH: Ted (Geoghegan, le réalisateur) a approché la WWE, qui eux m’ont approché. Ils nous ont mis en contact. Quand ils ont vu notre intérêt mutuel, ils ont lu le scénario et mis en branle tout le processus.

LQ: …même si le film n’a rien à voir avec la WWE?

LH: Exact. La WWE ont le droit de veto sur tout. Ils doivent protéger l’investissement qu’ils ont envers moi et envers mon personnage. C’est une formalité avant de me laisser faire le projet. Et comme j’étais en congé à cause de ma blessure, ils n’ont vu aucun problème à ce que je le fasse.

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LQ: Comment s’est déroulée la transition entre l’habitude de lutter en direct devant 10-20 milles personnes où tout peut arriver, et tourner avec une toute petite équipe dans le bois où si la prise n’est pas bonne, tant pis on recommence?

LH: Tous les matins nous devions faire une heure de voiture pour nous rendre aux lieux de tournage et marcher dans les bois, se rendre à nos loges mobiles, être costumés et attendre qu’on nous fasse venir au set. Le premier matin, on m’a dit qu’on allait être prêt pour moi dans une heure. Puis, 1h, 2h, 3h… 4, 5 heures se sont passées pour qu’on m’appelle finalement sur le plateau. Et on a même pas tourné, on n’a seulement fait une générale pour mon personnage. Je n’en revenais pas. Dans quoi j’étais embarqué? On m’a expliqué que le cinéma fonctionne de cette façon, c’est un peu plus lent au début, mais rapidement on atteint la vitesse de croisière. Ce qui n’aidait pas c’est que nous filmions avec la lumière naturelle du Soleil et que certaines prises nécessitaient un temps de préparation pour bien les faire. Ted me disait “J’aime bien, mais est-ce qu’on peut la réessayer en intégrant ça? Ou faire ceci à la place?” Pour moi c’était tout un soulagement, car si je suis dans le ring, et que les choses se passent d’une certaine façon, je dois continuer et construire là-dessus, sans avoir une deuxième chance. J’y vois des bons et des mauvais côtés. Je crois qu’il n’y a rien comme le sentiment du moment présent, mais comme le cinéma ne fonctionne pas avec ce principe, c’est normal que ça se passe ainsi.

LQ: Est-ce que ton expérience de lutteur t’a aidé durant le tournage?

LH: Oui! Nous avions quelques scènes plus physiques à tourner. Ça j’ai trouvé ça très facile. Je me rappelle que la personne en charge des cascades venait me demander si j’étais correct, et si je pouvais le refaire ou en ajouter plus, et je lui répondais “Oui, c’est pas mal ce que je fais pour gagner ma vie!” (rires) Mais elle était si gentille, elle savait que mon genou n’était pas à 100% et que je devais faire attention. Je ne voyais pas de problème à faire un rôle plus physique.

LQ: J’imagine donc que tu n’avais pas de double pour tes cascades…

LH: (rires) Non! Ça m’aurait insulté. Et en plus, qui veux-tu de crédible pour me doubler, à part peut-être Bruiser Brody!

LQ: As-tu aimé participer à un tournage?

LH: J’ai adoré ça. Ça allait plus lentement que ce que je croyais et ce que je suis habitué comme rythme à la WWE, mais quand on arrive aux scènes plus consistantes c’est génial. Ma première semaine de tournage, mon personnage était surtout en arrière-plan. Ça m’a permis de regarder les acteurs à l’oeuvre et d’apprendre une partie du métier de cette façon. Ça a bien tombé. Puis, au fil des jours et des semaines, je devenais à l’aise. J’avais plus de trucs à faire à la caméra et c’était génial. Et là de voir tout ce travail se concrétiser; voir le film assemblé, c’est indescriptible.

LQ: Est-ce que les fans de Luke Harper peuvent avoir de hautes attentes en regardant Mohawk?

LH: Absolument! Et j’espère qu’ils en auront. J’ai regardé le film, je l’ai adoré. C’est une histoire originale qui fait réfléchir, avec de superbes images tournées en foret. Mes fans vont d’abord et avant tout voir un très bon film et seulement ensuite se dire que je n’étais pas si mal dedans (rires). Ils vont aussi découvrir que je parle. Il y a assez de Luke Harper dans Mohawk pour justifier qu’un fan veuille le regarder pour me voir dedans, et me voir faire mes dents dans ce nouveau médium.

LQ: Regardez-vous normalement vos films entre vous chez les lutteurs? Quand par exemple The Miz apparaît dans un film, essayez-vous de les regarder?

LH: Je n’ai jamais regardé un film du Miz, et j’aimerais que tu me cites et ça soit très clair dans ton entrevue! (rires)

LQ: As-tu un film qui te vient en tête quand on parle des lutteurs qui ont du succès au cinéma?

LH: J’ai vu et j’ai beaucoup aimé le film de Kane, See No Evil. C’est un bon film d’horreur qui se tient tout seul en dehors de sa participation. Sinon, mon rôle préféré c’est The Rock dans Be Cool (Sois Cool). (note: The Rock y interprète un garde du corps très homosexuel) C’est le premier rôle où il nous a vraiment démontré ses talents d’acteur. Il est sorti de sa zone de confort du dur à cuire qui fait de la lutte. Je me suis rappelé avoir beaucoup aimé le voir jouer ce type de rôle. Mais bon… ensuite on a eu The Tooth Fairy (Fée malgré lui). (rires)

LQ: Aimerais-tu te faire confier ce genre de rôle qui te sortirait de ta zone de confort?

LH: Pour l’instant je ne sais plus où elle se trouve… (rires) Je ne sais pas si je pourrais supporter la pression de me voir confier le rôle principal d’un gros drame épique, mais c’est certain que j’aimerais beaucoup en refaire d’autres. Je vais voir où ça va mener, mais pour l’instant je profite de chaque seconde qui viennent avec cette expérience. C’est mon premier Fantasia, mon premier festival de films et ma première “première mondiale”, alors je suis un enfant dans un magasin de bonbons pour l’instant.

LQ: Mais ce n’est pas ta première fois à Montréal! Avais-tu déjà lutté ici avant ta carrière à la WWE?

LH: Oh oui! Je me souviens d’avoir lutté quelques fois à la IWS. J’ai fait un match de barbelés avec un sapin de Noel quelque part en 2005 ou 2006 contre le Green Phantom! (rires) J’ai aussi fait beaucoup de route avec des lutteurs de Montréal de mon temps à la CHIKARA, avec des gars comme Shayne Hawke et Player Uno. J’aimerais me rappeler du nom de tous ces gars! Je connais la plupart des lutteurs montréalais, et je suis un bon ami de Kevin Owens et Sami Zayn. Les deux auraient aimé être là, mais ils sont sur la route et ont un spectacle Smackdown Live ce soir. J’ai eu cette fin de semaine de congé juste pour présenter le film à Montréal ce soir, avec ma femme, et je retourne sur la route ensuite.

LQ: On peut donc espérer te voir lors du gala non-télévisé de Smackdown le 5 août prochain au Centre Bell?

LH: Absolument!

LQ: Merci beaucoup pour ton temps Luke Harper!

LH: Merci à vous, j’espère que vous aimerez le film!

Harper avec les acteurs principaux du film. (Crédit photo: King-Wei Chu)

Harper avec les acteurs principaux du film. (Crédit photo: King-Wei Chu)

 

Nous en saurons plus bientôt sur comment voir le film Mohawk, soit en salles ou en DVD. Je vous garderai à l’affût.

Merci à Fantasia, surtout Bruno Corbin, pour avoir rendu possible cet entretien, merci à Dany pour l’enregistrement audio et merci au réalisateur Ted Geoghegan pour les informations supplémentaires du film et son soutien durant et après l’entrevue.

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