Dimanche dernier, alors que certains de mes amis regardaient WrestleMania dans un bar, d’autres au cinéma ou dans le confort de leur salon sur la WWE Network, moi, j’étais assis aux côtés de ma femme dans la section 125, rangée 23, siège 15 du Levi’s Stadium à Santa Clara. Oui monsieur (ou madame!), j’ai assisté en personne à WrestleMania 31 et c’était hal-lu-ci-nant!
Si vous n’avez jamais assisté à un Showcase of the Immortals en personne, mettez IMMÉDIATEMENT de l’argent de côté pour allez en voir un, vous ne le regretterez pas, et ce, même si ça signifie d’aller demander un prêt à la banque ou de vendre votre grand-mère sur Kijiji. L’atmosphère de ce spectacle grandiose dépassait de loin mes attentes. Je me sentais comme un enfant dans un magasin de bonbons qui avait été rénové afin d’y rajouter trois étages de plus. C’était complètement dingue.
Pour ma chronique, je vous propose un compte rendu de l’événement, des réactions de la foule et de mes observations vécus de l’intérieur.
THIS IS AWESOME!
Dès notre arrivée au Levi’s Stadium, un stade flambant neuf, à la fine pointe de la technologie (Sans blague, le WiFi fonctionnait mieux à l’intérieur du stade que dans ma maison! For real!), l’ambiance était festive. Des centaines de personnes déguisées en leur lutteur préféré, des «Yes! Yes! Yes!» et des «Woooo!» entendus ici et là, des kiosques à marchandises bondés partout, mais surtout, beaucoup, beaucoup de sourires. Je croyais qu’assister à un gala de lutte en après-midi n’aurait pas eu le même effet qu’en soirée, mais pas du tout. Il y avait une fébrilité dans l’air qui dépasse grandement ce qu’on peut ressentir à un RAW ou même un PPV.
Une fois installés à nos sièges, sous le soleil chaud (voir brûlant par moment! On ne s’était pas apportés de crème solaire et les seules casquettes qui restaient dans les kiosques étaient celles à l’effigie de John Cena. Ma femme et moi, on était catégoriques : on préfère attraper un coup de soleil dans le visage plutôt que de payer 25$ pour une casquette de John Cena.), nous étions prêts à ce que le spectacle commence. Et quel départ canon ce fut!
Intercontinental championship ladder match
Tout d’abord, l’entrée de Daniel Bryan, qui est possiblement le lutteur le plus populaire actuellement, est une expérience hors du commun. Dès les premières notes de Flight of the Valkyries, les 76 976 fans présents ont bondi de leur siège pour accueillir leur héros avec une mer de «Yes! Yes! Yes!». La scène était impressionnante, tout comme le combat à échelle pour le titre intercontinental. Un chaos magnifiquement orchestré par sept des lutteurs les plus affamés de la WWE.
De l’immense suplex au top de l’échelle qu’a livré BNB à Stardust, au violent powerbomb qui a propulsé Dean Ambrose à travers l’escabeau installé à l’extérieur du ring (ouch!), en passant par la série d’headbutts échangée par Bryan et Ziggler lors des derniers instants, le match en a mis plein la vue à la foule, qui a savouré chaque instant. Et bien sûr, Daniel Bryan était le choix parfait et logique pour gagner le combat et le titre. Non seulement rapportera-t-il du prestige à cette ceinture qui en a grandement besoin, mais les hauts dirigeants de la WWE se sont évités une autre rébellion de la part des fans qui aurait pu ressembler à celles des deux derniers Royal Rumble.
Randy Orton vs Seth Rollins
Un super combat, très bien exécuté, qui, malgré un rythme plus lent (classique Randy!) n’a jamais perdu l’intérêt du public. Le finale, mettant en scène possiblement le plus beau RKO de tous les temps, a semé le délire dans le stade. Mes voisins, tout comme moi, étions bouche bée.
Sting vs Triple H
On a eu droit aux premières entrées grandioses de la journée. Celle de Sting, mettant en vedette un groupe de percussionnistes japonais, était superbe. Mais je dois admettre que celle de Triple H, entouré de Terminators, a volé la vedette. Si à la télé, certains moments paraissaient cheesy, en personne, la scène était incroyable. Et ça cadrait très bien avec le personnage méga heel du Cerebral Assassin. Le ton était donc donné. Le match qui suit sera épique. Et je dois admettre que j’ai été agréablement surpris de la qualité du combat. Sting, du haut de ses 56 ans, avait l’air au sommet de sa forme et Triple H s’est assuré de bien le faire paraître. Malgré tout, le fait saillant du combat était certainement les interruptions surprises de DX et de la NWO. PARDON? La foule ne s’est jamais rassise après leur apparition. Les deux plus grandes factions de la lutte s’affrontaient pour la première fois de leur histoire. C’était surréaliste. Ma femme, qui était plus mon accompagnatrice qu’une admiratrice, ne semblait pas trop comprendre ce qui se passait, mais en voyant ma réaction et celle des fans autour de nous, elle savait qu’on assistait à quelque chose de spécial. Et comme si ce n’était pas assez, HBK s’est aussi mêlé de la partie en assénant un superkick au Icon. Pour la troisième fois en trois matchs, la foule s’est mise à crier «This is awesome!» On était témoin d’un véritable Wrestlemania moment. La finale, que j’avoue ne pas avoir vu venir, m’a laissé perplexe au début. La foule était aussi sous le choc de constater que Sting avait perdu possiblement son seul match à la WWE. Mais au bout du compte, la décision était logique étant donné qu’on risque de voir Triple H et Stephanie McMahon affronter The Rock et Ronda Rousey l’an prochain. The Game doit paraître fort pour ce combat. En résumé, le match était plus un spectacle qu’une leçon de lutte, mais c’était exactement ce que ça devait être, et même plus.
Paige et AJ Lee vs The Bella Twins
Bien que le combat n’a pas mis le feu dans la place, les quatre lutteuses ont prouvé qu’elles étaient capables de nous offrir un très bon combat et qu’elles méritaient d’être traitées avec respect. Ça faisait également du bien de voir la foule intéressée à un combat de femmes. Je crois que si nous n’étions pas en train de reprendre notre souffle après la folie du combat précédent, nous aurions été plus bruyants pour celui-ci. La NXT nous a prouvé qu’elles peuvent être autant sinon plus impressionnantes que les hommes et si ce match n’était qu’un début des choses à venir, la division est sur la bonne voie. (p.s. Suis-je le seul à adorer les violents coups de pied de Paige? DAMN!)
John Cena vs Rusev : US title
Même si on sait tous que la lutte est un spectacle, c’était étonnant de voir à quel point certains spectateurs détestent viscéralement Rusev. Une bagarre a même éclaté dans la foule au début du combat, mais je crois que la boisson avait plus à voir dans l’histoire que l’enjeu politique. Ceci étant dit, l’entrée de Rusev qui brandissait le drapeau russe sur un tank était tellement over the top que c’en était génial. L’hymne national russe a généré beaucoup de huées dans la foule. Si la petite vidéo patriotique avant l’entrée de John Cena m’a laissé de glace, elle a fait plaisir à la foule américaine, qui n’a pas tardé à crier «USA! USA! USA!». Quant au match, bien qu’il y avait des détracteurs de Cena dans le stade, la foule était majoritairement en faveur de poster boy de la WWE. Quelque chose que je n’ai pratiquement jamais été témoins en personne.
The Rock et… RONDA ROUSEY?!?!
Possiblement LE WrestleMania moment de la soirée, The Rock qui interrompt Triple H et Stephanie McMahon a, une fois de plus au cours de la journée, semé le délire dans le stade. Plusieurs spectateurs qui étaient partis s’acheter de l’alcool sont revenus en courant afin de ne pas rater une seconde de plus de ce qui se passait. Ils ont bien fait, car, si l’apparition du Great One était un moment inoubliable, celle de Ronda Rousey, championne incontestée de la UFC, était la cerise sur le sundae. Honnêtement, je crois qu’elle a eu la réaction la plus forte de la journée. La foule n’en croyait pas ses yeux. En plus d’avoir signé Brock Lesnar pour trois autres années, mettant ainsi fin à sa carrière dans la MMA, on aurait cru que la WWE venait de jouer un autre tour à la UFC en ayant sa plus grande vedette dans son ring. Le segment était parfait. Ronda déborde de charisme et n’a pas seulement l’air d’une bad ass, elle l’est. Son escarmouche (merci Pierre Houde!) avec Triple H et Stephanie était, disons-le, débile! Si Vince McMahon veut remplir le AT&T stadium, qui comprend plus de 100 000 sièges, à WrestleMania 32, un combat impliquant Ronda Rousey assurera sa mission. Mais que ça se produise ou non, ils ont déjà créé ici un moment qui restera dans les annales.
The Undertaker vs Bray Wyatt
Voilà un moment qui en a excité plus d’un. The Undertaker faisait son retour tant attendu pour la première fois depuis la raclée qu’il a subie aux mains de Brock Lesnar à WrestleMania l’an dernier. Dès le premier gong, tout le monde s’est levé de son siège. Bien sûr, étant donné qu’il faisait encore soleil, l’entrée du Phenom avait un peu moins d’impact que dans un stade fermé. Mais peu importe, elle demeure un spectacle impressionnant pour les yeux. L’entrée de Bray Wyatt, quant à elle, avec une parade d’épouvantails, avait l’air d’une scène sortie tout droit d’un épisode de Walking Dead. Un bijou. Mais la grande question que plusieurs spectateurs autour de moi se posaient, était est-ce que The Undertaker serait assez en forme pour livrer un combat intéressant. Eh bien, la réponse était oui. Évidemment, celui-ci n’allait pas être aussi captivant que ses séries de matchs contre HBK et HHH, mais je crois qu’ils ont offert un match respectable, que la foule a apprécié. Ce n’était pas un classique, mais pour une fois dans un match de l’Undertaker à WrestleMania, la foule croyait réellement qu’il pouvait perdre et passer la torche au nouveau visage de la peur. Au final, c’est le Deadman qui est sorti grand vainqueur du combat, ce qui n’a pas du tout déplu les partisans.
Brock Lesnar vs Roman Reigns: WWE World Heavyweight Championship
Oh la, la que Roman Reigns n’a pas reçu beaucoup d’amour lors de son premier main event à WrestleMania. La foule ne voulait rien savoir du nouveau golden boy de Vince McMahon, point à la ligne. Je dois même admettre qu’il a été un des lutteurs qui a généré le moins de réaction lors de son entrée, non pas parce que les gens se foutaient de lui (au contraire, ses supporteurs tout comme ses détracteurs se font normalement très entendre!), mais plutôt parce que personne ne savait où il se trouvait jusqu’à temps qu’il saute par dessus la barrière entourant le ring. La production aurait pu offrir quelque chose de plus clair, afin qu’on sache exactement dans quelle rangée il descendait les escaliers. Par contre, si la foule n’était pas très bruyante durant son entrée, c’était tout le contraire durant le match. En effet, l’ambiance qui régnait à Suplex City était palpable. The Beast Incarnate malmenait son adversaire comme une poupée et chaque fois qu’il faisait une suplex ou un F5, la foule en redemandait. Les membres du Roman Empire, qui se faisaient plutôt discrets, se sont enfin réveillés lorsque leur héros a effectué son comeback vers la fin du match. Par contre, leurs cris ont rapidement été enterrés lorsque Seth Rollins est sorti à toute vitesse afin de déposer ENFIN son Money in the Bank. La foule était hystérique. Quand il a finalement couvert Roman Reigns pour le compte de 1, 2, 3, c’était la folie totale. Si la compagnie espérait renvoyer les gens à la maison heureux, ils ne pouvaient offrir une meilleure conclusion. Brock Lesnar continue d’avoir l’air d’un monstre puisqu’il n’est pas celui qui a perdu le match, Roman Reigns a prouvé qu’il avait du cœur et les reins assez solides pour main eventer un WrestleMania et Seth Rollins a joué les opportunistes, tout en écrivant une page d’histoire en devenant le premier lutteur à utiliser sa valise à WrestleMania. Normalement, je n’aurais pas été fan d’une telle conclusion, mais ça marche très bien pour un personnage comme Seth Rollins. Ce n’était pas le happy ending typique comme l’an dernier avec Daniel Bryan, mais parfois, ça fait du bien d’avoir une finale différente. Et les gens ont quitté le stade la même façon qu’ils y sont arrivés : avec le sourire aux lèvres.
(Note : Quelques secondes avant l’arrivée de Rollins durant le main event, l’arbitre Charles Robinson est apparu pour faire signe à l’arbitre du combat de passer rapidement à la conclusion. Il y a des rumeurs selon lesquelles le combat aurait duré moins longtemps que prévu étant donné que le gala avait dépassé dans le temps. Ceci semble le confirmer.)
En conclusion, assister en personne à un WrestleMania était une expérience d’une vie. Ça aide également quand l’événement est excellent et rempli de moments mémorables. (J’ai pitié pour les gens qui ont assisté à WrestleMania XI.). Tous les matchs étaient bons ou excellents. Aucun filler, rien d’inutile. Au départ, j’étais déçu que le André the Giant Battle Royal soit déplacé dans le pre-show, mais finalement, c’était la bonne décision. Les combats ont tous eu assez de temps pour raconter une histoire. Je me prépare déjà pour mon prochain WrestleMania. Il y a des rumeurs que le 33e serait à Philadelphie. Si ça se concrétise, je crois que je vais me tapper un petit road trip dans la ville de l’amour fraternel en 2017. Bye!




Copyright © 2026