Suivez-nous sur Facebook
22/11/2020 | Chroniques

En attendant dimanche prochain: Du passé au présent

LIRE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
En attendant dimanche prochain: La lutte, c'est cool!
LIRE L'ARTICLE SUIVANT
En attendant dimanche prochain: Une histoire de vilains

Graffitis sur le mur du côté de la rue Charlebois 614-644 rue Saint-Philippe, Montréal Condos, construit en 2009

Mathieu Bouchard Lapointe

Mathieu Bouchard Lapointe

Les années 50 à 80

Durant les années 50 jusqu’à la fin des années 80, la lutte professionnelle a connu une grande et longue ascension. Les lutteurs voyageaient partout dans le monde et les gens se ruaient dans les stades et les arénas avec un désir acharné de voir de la lutte. Les spectacles bondés d’amateurs laissaient littéralement place à une forme de délire mutuel. Au Québec par exemple, le 14 juillet 1973, au stade du Parc Jarry à Montréal, 29 127 fans étaient présents pour l’événement. Un moment marquant pour l’histoire de la lutte au Québec. Il va sans dire qu’à cette époque, la lutte avait un aspect mythique très développé. Le public était aspiré par toutes les histoires et les rumeurs que l’on racontait à propos de leurs athlètes favoris.

Enjôler le public en entretenant des mythes invraisemblables. Là était le principal travail des lutteurs de l’époque. Il était primordial de conserver le secret derrière l’art de la lutte. Les lutteurs ne sortaient jamais de leurs personnages, ainsi, il était facile de faire croire aux gens que Maurice Mad Dog Vachon était un vrai chien enragé, que Jos et Paul Leduc étaient de vrais bûcherons et qu’André the Giant était un géant.

Au début des années 90, la lutte s’est vue boudée par de nombreuses personnes. Mais que s’est-il passé? Une des raisons est l’arrivée d’Internet. À cette époque, il venait de plus en plus difficile de garder le secret de la lutte bien ancré dans notre imaginaire. Désormais, on pouvait voir une photo de deux lutteurs qui se détestent, marcher côte à côte dans la rue, circuler et faire rapidement le tour du monde et ce, en seulement quelques heures. Cela dit, les promoteurs essayaient tant bien que mal de conserver le secret, mais les amateurs de lutte, se faisant marteler de mensonges, se sentaient floués. La lutte surfait sur la ligne du vrai et du faux. 

L’ère Attitude

Ahh l’ère de l’attitude! Lorsqu’on parle à un fan qui a connu cette époque, on peut voir ses yeux briller et son sourire fendu jusqu’aux oreilles. Une époque folle! La fin des années 90 et le début des années 2000 ont laissé des souvenirs mémorables pour les fans de la WWE et de la WCW. Cette ère colle parfaitement à la société de la fin des années 90. Que ce soit dans l’ambiance, dans les échanges verbaux sur le ring, ou même dans les musiques d’entrées des lutteurs, tout représentait très bien la culture américaine de l’époque. Les histoires étaient géniales et à la fois décousues. Il y avait du bon et du mauvais, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Qui ne se souvient pas des factions comme NWO, D-Generation X et Nation of Domination, pour ne nommer que celles-là. Des clans dominants derrière des histoires bien réfléchies. L’intensité était au rendez-vous. Quand on pense à Stone Cold Steve Austin, The Rock, Triple H, Shawn Michaels, etc., on ne peut qu’avoir une panoplie de souvenirs cocasses refaire surface dans nos têtes. Des personnages tous différents les uns que les autres, mais tous aussi intéressants pour ceux qui regardaient. Souvenez-vous, plus tôt, j’ai noté que cette ère venait avec son lot d’histoires décousues… Eh bien, nous avons pu voir le lutteur Val Venis se faire couper les bijoux de famille par un samouraï, en direct à la télévision! Ce n’est peut-être pas la meilleure idée, mais on s’en souvient encore aujourd’hui. Parmi tous les segments inappropriés, l’Attitude Era restera gravée dans les mémoires à jamais. 

La lutte féminine

Au fil des années, la lutte a retrouvé ses lettres de noblesse. Cela a laissé une place à une évolution plus que nécessaire du milieu, notamment au niveau de la lutte féminine. Maintenant, il est normal d’avoir plusieurs combats féminins sur un spectacle. Qu’on s’entende bien, quand je parle de combat féminin, je ne parle pas des combats de type «bikinis dans la boue» qui était bien en vogue dans le début des années 2000. Je parle ici d’une performance prestigieuse où deux athlètes s’exécutent dans le ring et se livrent un combat de lutte dans le respect des règles de l’art. Aujourd’hui, même lors des gros événements de la WWE, comme Wrestlemania, les femmes ont leur place à un point tel, elles vont être le combat principal de la soirée. On sait d’emblée que la lutte est un spectacle présenté sous forme de théâtre extrême. 

Une évolution complète

Tout cela n’est qu’une infirme partie de l’évolution qu’a connue la lutte. À travers les années, le côté athlétique a été de plus en plus mis de l’avant. Les personnages fictifs de moins en moins présents sur les spectacles. Il n’est plus nécessaire de peser 300 livres et de faire 6 pieds et 7 pouces de grandeur pour pouvoir monter sur un ring. La lutte ouvre ses portes à tout le monde qui souhaite devenir lutteur professionnel. Les spectacles de lutte quant à eux, ont monté de deux et même trois coches au niveau de la qualité. Les lumières s’entrecroisent d’un bout à l’autre de la salle, les vibrations sonores des musiques d’entrées font trembler la bâtisse, la pyrotechnie éblouie les gens dans la salle et la projection visuelle des combats capte toute notre attention. Nous avons l’impression de participer à une véritable fête foraine. Gardons en tête que ce qui chapeaute la lutte professionnelle, c’est le divertissement après tout. Ici, toutes les couleurs et les saveurs se mêlent, tout est réuni pour que vous passiez un moment agréable. Les rires et les frissons sont des garanties. Ça donne le goût d’aller voir un show de lutte hein?

Je vous invite à lire mes chroniques «En attendant dimanche prochain» chaque dimanche matin à 9h25.

Ne manquez pas La Prise De l’Ours les mercredis à 19h00 sur les ondes de CKAJ 92,5 FM ou au Ckaj.org

Crédit Photo:  Roxane Photographie

Graffitis sur le mur du côté de la rue Charlebois 614-644 rue Saint-Philippe, Montréal

RÉAGISSEZ CI-DESSOUS

commentaire(s)

LIRE L'ARTICLE PRÉCÉDENT
En attendant dimanche prochain: La lutte, c'est cool!
LIRE L'ARTICLE SUIVANT
En attendant dimanche prochain: Une histoire de vilains