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31/05/2015 | Chroniques

Comment sont-ils?

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À qui revient le mérite?

Les Titans avec Rick Martel.

Cette semaine je vais répondre une bonne fois pour toute à une question qui me revient souvent : “As-tu déjà lutté contre des vedettes et comment sont-ils?”. Ça intéresse toujours les gens qui me parlent de lutte et c’est probablement la 2e question qui m’est posée après la fameuse question à propos de comment fonctionne la lutte. Je crois que c’est une façon de voir, de valider, si ces vedettes ont méritées l’admiration qu’on a pour eux.

Je tiens à te préciser qu’ici, sur lutte.quebec, c’est un endroit sérieux et respectable, ce n’est pas TMZ ou n’importe laquelle des revues à potins que l’on retrouve près des caisses à l’épicerie, alors je vais ne parler que du positif. J’ai choisi les gens dont je veux parler en fonction de ça, je ne donne pas dans les potins ni la crasse croustillante. Je vais essayer d’y aller en ordre chronologique des rencontres que j’ai eu.

Terry Funk, légende de la lutte.

Terry Funk, légende de la lutte.

Terry Funk : C’était mon premier de nombreux galas à Toronto, pour la AWF de Ron Hutchison. La finale opposait Terry Funk à Abdullah the Butcher. Le gala avait comme nom, “Scar Wars”. Très intelligent jeu de mot. Bref, nous y sommes très tôt, des membres de la NCW étaient avec nous pour voir le gala et ces 2 vedettes. Quand Funk arrive, le promoteur le salue, lui fait faire le tour, lui montre le vestiaire de Abdullah. Funk lui demande : “Où sont les boys?”, Ron lui montre alors notre petit vestiaire et lui dit : “Maintenant je vais te montrer ton vestiaire”. Funk le regarde et lui lance avec un accent Texan : “F#ck that! I’m staying with the boys!”. Il entre ses valises et se dirige vers la seule place encore libre, celle juste à côté de moi. Je n’y croyais pas, une légende de la lutte juste là! Ça faisait à peine 2 ans que je luttais (plus ou moins), c’était spécial. À ce moment, je me foutais presque de mon match. J’ai pu jaser une bonne partie de la journée avec lui, il nous racontait des anecdotes de tournée, le nombre de “miles” qu’il parcourait en voiture dans le temps qu’il était Champion du monde de la NWA, etc. Vraiment sympathique et drôle. Un personnage dans la vie aussi.

 

Pierre-Carl Ouellet à droite alors dans le duo "The Quebecers".

Pierre-Carl Ouellet à droite alors dans le duo “The Quebecers“.

Pierre-Carl Oullet (PCO, Quebecer Pierre, Jean-Pierre Lafitte) : Quand je me suis intéressé à la lutte pour de bon, c’est grâce à lui. Il faisait ses débuts à la WWF en équipe avec Jacques Rougeau JR et formait le duo “The Quebecers”. J’ai toujours été en admiration devant son travail. Un jour, la NCW préparait ChallengeMania 8, notre premier à Montréal. Ouellet venait de finir son contrat à la WWF et il n’a pas été renouvelé. Ouellet voulait rester actif alors il nous a approché pour participer à CM8 et faire un gros coup de pub. À ce moment, je trouvais que ça s’en venait vraiment gros, même un peu trop. Pour bâtir CM8, Carl allait participer à quelques galas avec nous et dès lors, j’ai eu à partager le ring avec lui. À Québec dans un 4 vs 4 ou 5 vs 5, honnêtement, juste de partager le ring avec lui, ça faisait ma journée, voir mon année. Ce fut une démonstration d’habilités professionnelles, j’ai pu prendre note de ce que ça prend pour lutter au niveau le plus élevé. L’intensité qu’il faut dégager. Je ne sais pas si je l’ai atteint, mais au moins, je l’ai côtoyé. Puis dans les mois suivants, j’ai pu le côtoyer un peu dans la vie de tous les jours dû à nos fréquentations. C’est encore spécial pour moi de travailler avec PCO. J’ai pu partager le ring avec lui quelques fois, pas assez à mon goût et j’ai eu la chance qu’il décrive mes combats lors des 4 émissions de la TOW à RDS-2.

Franky TM, Chase Ironside et moi en compagnie de Anne-Marie Withenshaw et The Rock à Musique Plus.

Franky TM, Chase Ironside et moi en compagnie de Anne-Marie Withenshaw et The Rock à Musique Plus.

The Rock / Jeff Jarrett : J’en ai parlé de ça dans une chronique précédente. C’était à Musique Plus. Le Rock et Jarrett n’avait probablement pas vraiment dormi de la nuit, ils étaient à Toronto la veille je crois et là, il est 10h le matin et ils sont là. J’ai pu jaser avec Jarrett et The Rock dans la loge. Surtout Rock car on a parlé de football de la CFL. Il était mort de fatigue, mais quand sa musique s’est mise à jouer, il était The Rock! Ça m’a toujours impressionné et servi d’exemple. C’est vrai qu’aucun fan ne veut voir Dwayne Johnson fatigué à la télé, ils veulent THE ROCK à 100% et il leur donne, toujours peu importe la situation. Rendu là, je me disais : “Si Terry Funk et The Rock sont si sympathiques, personne n’a le droit d’être prétentieux.

Les Titans avec Rick Martel.

Les Titans avec Rick Martel.

Rick Martel : Lui, j’aurais dû le garder pour la fin, mais j’ai dit que j’y allais en ordre chronologique, alors pas le choix. Je l’ai rencontré dans un gala à Québec, il était invité d’honneur. Martel fut ma première idole à la lutte, j’écoutais Lutte Internationale à la télé, bien avant que je sache que la WWF et Hulk Hogan existaient. C’était le meilleur, maintenant que je connais les rouages de la lutte et les techniques, je crois encore plus que c’était le meilleur. Habituellement, les vedettes présentes sur un gala indépendant ne regardent pas les combats, ils en ont déjà vu assez dans leur vie. Alors rien de sert de vouloir les impressionner. Je luttais avec Franky The Mobster et on était assez fiers de notre match. On se demandait ce que Martel en dirait s’il l’avait regardé. On n’a pas eu à attendre longtemps, il est venu nous voir à nos places pour nous féliciter et dire qu’il avait été surpris par la fin, qu’il n’avait pas vu venir certains “spots” et nous décrivait notre match avec enthousiasme. On a fini par jaser avec lui toute la soirée. Surtout de Lutte Internationale, de Steve Strong, son plus coriace rival du temps.
Le meilleur, c’est que quelques années plus tard, encore lors d’un gala, je le croise de nouveau. Je vais le saluer et du coup il me dit “On ne s’était pas déjà vu il y a 3 ou 4 ans à Québec sur le gala de mon neveu?”. WOW! Que moi je m’en souvienne, c’est normal, mais que Martel s’en souvienne et m’en reparle, ça dit quel genre d’homme c’est. Je crois que le plus agréable de tout ça, c’est de voir qu’il mérite l’admiration que j’ai. Ensuite, lors d’un gala de la TOW, j’ai pu partager le ring avec lui. Lors d’une cérémonie, moi et mon coéquipier allions le déranger et le tabasser, pour que plus tard en soirée, il vienne prendre sa revanche. Magique tu dis? Jamais il n’a joué la vedette avec nous, il aurait pu dire qu’il est un des meilleurs de tous les temps et qu’il déciderait de tout, mais non. Il a écouté nos idées et il a travaillé en équipe avec nous à la préparation d’égal à égal et tout faire pour que ça passionne les fans le plus possible.

Juste avant qu'on attaque Rick Martel

Juste avant qu’on attaque Rick Martel

Le coup de poing le plus agréable que j'ai reçu.

Le coup de poing le plus agréable que j’ai reçu.

Jim "The Anvil" Neidhart

Jim “The Anvil” Neidhart

Jim “The Anvil” Neidhart : C’était un gala à Ville St-Laurent, Abdullah the Butcher était l’attraction principale. J’avais un combat en Chakal et ensuite je devais enfiler le costume de Max Moon. Un personnage mythique par sa nullité de la WWF dans le temps du “New Era”. D’abord incarné par le luchador Konan qui a abandonné voyant que ça menait nul part, puis ensuite par Paul Diamond. Anvil était un de mes préférés dans le temps, quand il était en équipe avec Bret Hart, la Hart Foundation. Il y avait plusieurs rumeurs sur la tenue de Anvil lors des galas de lutte indépendante, véridiques ou juste des rumeur? Je ne sais pas, peut-être un peu des 2. Le temps de planifier le combat, Anvil vient me voir et me dit : “Que veux-tu faire kid?”. Je lui ai alors répondu : “On se fout complètement ce que je veux, ils ont payé pour te voir, toi!”. Alors je commence à lui demander s’il fait encore telle ou telle prise. Il me dit que j’ai l’air de bien connaitre son matériel et je lui explique être un fan. Je place ses “spots” avant toute chose. Il finit par me dire : “Tu sais quoi, prépare ça comme tu veux et on fera ça. Tu me diras quoi faire.” En langage de lutte, habituellement, ce n’est vraiment pas bon signe. Ça veut dire en générale : “Je m’en fous complètement, planifie ce que tu veux, je ferai bien à ma tête une fois dans le ring. Alors j’en parle à l’arbitre et lui donne les infos et trucs à suivre. Il me demande combien de temps je prévois pour le combat. Je lui dit que franchement, je ne sais pas, que je crois qu’on a du matériel pour 15 minutes, mais que ça pourrait bien ne durer que 2 minutes. Anvil était pas mal amoché en plus. Je sors au ring en premier. La musique de la Hart Foundation se met à jouer, la foule se lève d’un bond et Anvil sort du rideau : Un vrai pro. Il avait l’air à 100%, le temps ne semblait aucunement l’avoir affecté. Il était celui que je voyais à la télé dans ma jeunesse. Intense, fou, brutal (en apparence), en contrôle. Nous avons finalement fait 17 ou 18 minutes. Il m’a donné beaucoup de place, il m’a laissé placer mes choses pour préparer ses moments forts. Un bon combat.

Paul Diamond en Max Moon à la WWF

Paul Diamond en Max Moon à la WWF

Moi en Max Moon à Ville St-Laurent

Moi en Max Moon à Ville St-Laurent

La fois où je dis au plus grand champion intercontinental de tous les temps, que je veux lui botter le derrière.

La fois où je dis au plus grand champion intercontinental de tous les temps, que je veux lui botter le derrière.

Honky Tonk Man / Bushwacker Luke : Je devais affronter le Honky Tonk Man, mais quelques jours avant le gala, il s’est fait une vilaine et profonde coupure à la main. Mais il serait tout de même présent pour faire une promo avec moi dans le ring et me présenter son remplaçant, Bushwacker Luke. Honky Tonk Man était vraiment très drôle, après quelques bières il nous racontait des histoires de coulisses de la WWF de son temps et aussi de son retour durant le “Attitude Era” en tant que gérant. Quelques blagues grivoises au passage. Pas très différent de son personnage et j’ai vraiment aimé la confrontation verbale devant les fans. Ensuite Luke, un vrai bon gars de ce que j’ai pu voir. Il était très généreux et vraiment heureux d’être là et de faire un match. Il voulait vraiment en faire beaucoup. Seul problème, son accent Néo-Zélandais, je ne comprenais rien, mais rien du tout. L’arbitre du combat vient me voir et me demande : “Alors, vous ferez quoi?”. Je lui répondit que j’en avait aucune idée, que j’avais absolument rien compris et que pour pas vexer personne, j’avais fait semblant.  Mais Luke est un vrai vétéran et il est facile à suivre dans un ring, le gars a lutté toute sa vie, il sait ce qu’il fait et ça va super bien dans ces cas-là. Puis après le gala, encore d’autres histoires du Honky Tonk Man. Avec quelques autres bières, il nous dit à quel point il a été stupide pour en arriver à se taillader la main ainsi dans un bête accident. Un très bon raconteur d’anecdotes, ça n’en finissait plus, mais c’était toujours de plus en plus drôle.

Bushwacker Luke vs Chakal.

Bushwacker Luke vs Chakal.

Alors, tu vois, certaines fois, voir ses idoles ça peut être bénéfique. Trop souvent on reste déçu dans ces situations, on se rend compte que les gens ne sont pas ce qu’on pense qu’ils sont et que finalement, ils ne méritent pas notre admiration. Mais ça arrive, qu’au contraire, que ça confirme que ces gens sont dignes qu’on les idolâtre un peu. Je voulais juste faire contrepoids à ce qu’on peut lire ici et là. Si tu es, ou as été un fan des gens nommés dans cette chronique, je t’assure que tu peux continuer a être un de leurs fans.

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